Fort-B Hann Maristes : 60 familles menacées d’expulsion, imbroglio autour d’un site qui attise l’appétit foncier (Documents)

Construites dans le périmètre de sécurité de la prison du Fort-B à Hann, certaines maisons ont plus de 40 ans. Leurs occupants ont été sommés de quitter les lieux qu’ils occupent « sans droit ni titre ». Au risque d’en être déguerpis manu militari.

C’est un lopin de terre prise entre l’autoroute Seydina Limamoulaye et les Maristes. Sur l’épine dorsale du chic quartier, les maisons sont perchées dans le périmètre de sécurité de la prison du Fort-B à Hann. Ces « vieux » logements de fonction sont pris en étau entre la Maison d’arrêt et de correction pour mineurs et les nouvelles habitations.

Seuls les bruits des moteurs de voitures, roulant sur l’axe Hann-Patte d’Oie, viennent troubler la quiétude de la trentaine d’habitations installées à un jet de pierre de l’Ancien fort. Ce lieu, connu pour ses murs, une soixantaine de familles de matons retraités devraient pourtant prochainement le quitter.

« Les logements doivent être démolis »

« L’Administration pénitentiaire nous a dit que les logements doivent être démolis », a dit Moussa Ba, membre du collectif des jeunes de Fort-B. La raison en est simple. Pour vivre ici, les occupants – la plupart en logement de fonction – ont joui jusqu’à présent d’une autorisation temporaire de l’État. Or, en septembre dernier, l’autorité avait fait part de la volonté de récupérer « son terrain » pour le rendre à qui de droit, dans le cadre d’un aménagement global.

L’information a créé la surprise chez les descendants des matons à la retraite, qui s’apprêtent à être déguerpis. « Les logements de fonction ne sont, certes, pas la propriété de l’occupant, mais y être délogé de force s’avère délicat », a expliqué Abdoulaye Massaly, un autre membre du collectif des jeunes de Fort-B, qui parle de « promesses non-tenues ».

Il a été demandé aux agents retraités ou affectés, voire hors des rangs de l’Administration pénitentiaire, de vider les lieux. Ce qui a d’ailleurs inquiété leurs familles qui ont vigoureusement dénoncé ladite décision. Vent debout contre ce qu’ils considèrent comme un oukase, certains matons retraités et leurs enfants ont attaqué la « note verbale » de sommation qui leur a été adressée.

220 logements occupés de manière irrégulière par des agents pénitentiaires à la retraite

Puisque, déploraient-ils, « aucune mesure d’accompagnement ne serait prévue alors qu’ils sont à la retraite ». « On nous a notifié un ordre de libérer l’emprise sous le timbre du ministre de la Justice. Le 22 décembre dernier, la Direction de l’Administration pénitentiaire a déployé des agents aux fins d’intimidations et de tortures morales pour nous demander de libérer l’emprise au plus tard le 31 décembre 2019 », a fait savoir Moussa Ba.

Le collectif des agents pénitentiaires résidents du cantonnement de la Maison d’arrêt et de correction de Hann (Fort-B) avaient saisi le ministère de la Justice pour solliciter la régularisation des logements qu’ils occupent. Et une lettre a été adressée, dans la foulée, au chef de service des Domaines de Ngor Almadies et Grand Dakar.

Dans sa parution du 8 juin 2016, le journal « Le Témoin » avait révélé que plus de 220 logements de fonction sont occupés de manière irrégulière par des agents pénitentiaires à la retraite. Et 175 villas de ce patrimoine de l’Etat sont occupées par des retraités dont certains cherchent les voies et moyens pour se les approprier.

Sont surtout concernés les logements situés dans le périmètre de sécurité des prisons du Cap-manuel à Dakar, du Fort-B à Hann et du Camp pénal à Liberté 6.  

PARTAGER

FAIRE UN COMMENTAIRE

SVP faire un commentaire !
SVP entrer ici votre nom