FRANCE : Des lutteurs en bronze du sénégalais Ousmane Sow inauguré hier à Paris

Ousmane Sow exposait il y a 20 ans, 75 sculptures géantes sur le pont des Arts à Paris. Les Parisiens déconcertés ont admiré pendant trois mois ces objets d’art. Un triomphe, avec trois millions de visiteurs. Vingt ans plus tard, la Mairie de Paris a choisi le 20 mars 2019, Journée mondiale de la Francophonie, pour inaugurer une œuvre pérenne de l’artiste de Dakar, entre le musée du Louvre et le ministère de la Culture.

LE 20 mars 1999, Ousmane Sow inaugurait une rétrospective en accès libre, sur le pont des Arts à Paris, qui allait avoir un immense succès et qui allait le faire connaître du grand public. Le sculpteur y avait installé ses séries africaines et aussi celle inspirée par la bataille de Little Big Horn, qu’il venait de créer à l’époque. L’exposition avait attiré trois millions de visiteurs.

Hier, la Ville de Paris installe place de Valois (Ier arrondissement), à quelques pas du pont des Arts, une copie en bronze d’un « Couple de lutteurs corps à corps » (série Nouba), dont l’original appartient aux Abattoirs de Toulouse et n’était pas sur le pont des Arts en 1999. La sculpture a été acquise dans le cadre d’un projet choisi par les Parisiens, « les œuvres d’art investissent la rue », dans le cadre du budget participatif.

Révélé à 50 ans

Né à Dakar en 1935, Ousmane Sow a commencé à sculpter quand il était petit mais il a gagné sa vie comme kinésithérapeute en France pendant des années, pratiquant son art en amateur. Il avait plus de 50 ans quand une première exposition au Centre culturel français de Dakar l’a révélé et l’a décidé à s’y consacrer complètement. Il a commencé alors à exposer dans le monde entier. Il était retourné vivre au Sénégal en 1980.

Il a sculpté, dans un mélange de sa fabrication dont il gardait secrète la formule, des personnages impressionnants car légèrement plus grands que nature. Il est célèbre pour ses séries sur les peuples d’Afrique, Masaï, Zoulous, Peuls, puis sur les Amérindiens avec « La Bataille de Little Big Horn ». Il s’est intéressé aussi aux grands hommes, le général de Gaulle, Toussaint Louverture, Nelson Mandela, Victor Hugo, Mohamed Ali, Gandhi…

Ousmane Sow avait été le premier Africain à entrer à l’Académie des beaux-arts, en 2013, trois ans avant son décès le 1er décembre 2016.

Représentant le combat de l’homme au quotidien, l’œuvre a été choisie à l’issue d’un vote des Parisiens : « 200 000 euros, c’est le prix de l’œuvre, avec son installation ». Pionnier de l’art contemporain africain, Ousmane Sowa été le premier artiste noir à avoir intégré l’Académie des beaux-arts de Paris dont Laurent Petitgirard est le secrétaire perpétuel. « C’est quelqu’un qui a tracé une trajectoire avec une constance dans les sujets, dans la rigueur. Il était plus que normal de l’honorer. »

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