France : L’ancien patron de l’IAAF, Lamine Diack condamné à 4 ans de prison

C’est fait ! Le verdict vient de tomber sur l’affaire Lamine Diack à l’IAAF. L’ancien chef de l’instance dirigeante de l’athlétisme mondial, a été condamné mercredi en France pour corruption dans un scandale de dopage russe.

Le sénégalais de 87 ans, ancien responsable de l’Association internationale des fédérations d’athlétisme est accusé de “donner et de recevoir des pots de vin”, “d’abus de confiance” et de “blanchiment d’argent organisé”.

Il aurait reçu 1 million et demi de dollars de fonds russes en échange de la branche antidopage de l’IAAF, qui a couvert ou retardé les infractions de 23 russes et pour leur permettre de participer aux jeux olympiques de Londres 2012 et aux Championnats du monde d’athlétisme de Moscou en 2013.

Les procureurs ont demandé que M. Diack purge une peine de quatre ans de prison et soit condamné à une amende pouvant atteindre 500 000 euros (560 000 dollars).

Diack a déclaré au tribunal que c’était sa décision de retarder les interdictions après que les athlètes aient échoué aux tests en 2011, mais il a nié savoir que des responsables de l’organisme avaient directement ou indirectement demandé à ces athlètes des centaines de milliers d’euros pour étouffer leur affaire.

Il a déclaré qu’il agissait pour préserver “la santé financière de l’IAAF” car la fédération négociait à l’époque des contrats de sponsoring importants avec la banque russe VTB et un diffuseur russe.

Diack, qui a été décoré au Kremlin fin 2011, a nié avoir pris des fonds russes pour financer la campagne réussie de Macky Sall pour la présidence du Sénégal.

Son fils Papa Massata Diack, qui a travaillé comme consultant en marketing pour l’IAAF, reste au Sénégal, qui refuse de l’extrader. Il a été jugé par contumace, notamment pour corruption et blanchiment d’argent.

Lors d’une conférence de presse tenue lundi à Dakar, la capitale sénégalaise, Papa Massata, qui a 55 ans, s’est déclaré “innocent” et a fait valoir que le tribunal français n’était pas compétent.

Il a déclaré qu’il n’était pas résident français et que ses sociétés étaient enregistrées dans son pays natal, le Sénégal.

Les autorités sénégalaises mènent leur propre enquête et il fait face à des accusations similaires à celles déposées en France.

Papa Massata a accusé les autorités britanniques d’être à l’origine des accusations – qu’il a qualifié de “plus gros mensonge de l’histoire du sport mondial” – dans le but d’assurer la présidence de l’IAAF.

Sebastian Coe, qui a succédé à Lamine Diack, est britannique et double médaillé d’or olympique au 1 500 mètres.

Le tribunal a appris que World Athletics réclamait 41,2 millions d’euros de compensation aux Diacks pour la perte de leur parrainage.

Les procureurs réclament également des peines de prison pour l’ancien responsable de la lutte contre le dopage à l’IAAF, Gabriel Dolle, l’avocat Habib Cisse qui était le conseiller de Lamine Diack, ainsi que deux officiels russes jugés en leur absence, l’ancien président de la fédération nationale d’athlétisme Valentin Balakhnichev et l’ancien entraîneur Alexei Melnikov.

Lamine Diack a donné des témoignages souvent inaudibles et confus. L’un de ses avocats, William Bourdon, a demandé que les juges “ne prennent pas une décision qui l’empêche de mourir dignement, entouré de ses proches, sur sa terre natale”.

L’accusation a demandé au tribunal de sanctionner un “énorme manquement à la probité qui a causé des dommages dans le monde entier”, même si Diack est “au soir de sa vie”.

Le verdict ne marque pas la fin des rapports des Diack avec la justice française. Le père, ancien membre du Comité international olympique, et le fils font l’objet d’une seconde enquête sur des soupçons de corruption dans l’attribution des Jeux olympiques de 2016 à Rio et des Jeux de 2020 reportés à Tokyo.


PARTAGER

FAIRE UN COMMENTAIRE

SVP faire un commentaire !
SVP entrer ici votre nom