FRANCE : L’élève franco-sénégalais Oumar, 15 ans, battu à mort pour un retard de 10 minutes !

Il a eu beau dire à son beau-père sénégalais qu’il se trompait, rien n’a arrêté la pluie de coups ce vendredi-là. Oumar est mort le 27 janvier 2017 parce qu’il était arrivé dix minutes en retard à son cours de français. Et non pas parce qu’il avait été absent, comme l’avait indiqué un message automatique transmis par son lycée.

C’est ce qui a été relaté lundi au premier jour du procès d’Assane A., qui encourt 15 ans de prison pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».

« La seule chose qui posait problème, c’est Oumar qui n’allait pas à l’école », a expliqué dans le box cet homme de 41 ans devenu fin 2014 le beau-père d’Oumar et de ses deux petites sœurs après s’être installé au domicile familial à Vitry. Il pleure à plusieurs reprises en évoquant cette fratrie avec laquelle il s’est « comporté » comme avec ses « propres enfants ».

« Ce jour-là, ça faisait des mois que je lui donnais des conseils. Oumar n’arrivait pas à m’écouter », relate l’accusé d’un ton particulièrement calme. Et de préciser que ce qui l’a « poussé à taper Oumar », c’était « qu’il se comporte bien en société ». Lui-même raconte avoir été frappé par son père lorsqu’il était enfant au Sénégal avec des « branches d’arbre », des « chaînes de scooter ». Des « lanières », comme celles qu’il explique avoir « utilisées » le 27 janvier.

Plus de 80 coups portés

Des sévices évoqués auprès de sa compagne mais qu’elle ne l’avait, assure-t-elle, jamais vu reproduire sur ses enfants. « Le jour où j’ai reçu le message du lycée j’étais abasourdie, relate la mère d’Oumar à la barre d’une voix haletante. On était assis côte à côte avec Assane. Il m’a dit Ne t’inquiète pas, je vais parler avec lui. S’il faut lui faire peur je le ferai ».

Quelques heures plus tard alors qu’Assane A. se trouve dans la chambre d’Oumar pour « discuter », elle entend des « bruits de cravache et de fouet ». « Pour moi il lui faisait peur, explique-t-elle au tribunal. Je pensais que ça claquait par terre, pas sur mon fils. Pour moi il ne frappait pas Oumar, puisqu’il ne l’avait jamais fait ».

Le jeune homme succombe à ses blessures quelques heures plus tard. Lanières et ceinture en cuir, câbles électriques, « plus d’une trentaine » de coups lui sont donnés, d’après un policier venu témoigner à la barre. En fait plus de 80, d’après le médecin légiste qui l’a examiné. Le verdict est attendu mercredi.

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