France : Mohamed Gnabaly, maire d’Île-Saint-Denis d’origine sénégalaise, menacé de mort

Son portail tagué à la peinture rouge… C’est ce qu’a découvert ce mardi au petit matin le maire de l’Ile-Saint-Denis, Mohamed Gnabaly, sénégalais d’origine . Il dénonce une « escalade de la violence » et pointe un climat délétère.

Deux croix gammées et “à mort” ont été tagués mardi sur le portail du maire de L’Île-Saint-Denis,  Mohamed Gnabaly. La municipalité a indiqué qu’elle apportait tout son soutien et “se dressait avec force et détermination face à ces actes inqualifiables, déshonorants et lâches”.

 

Ce sont des voisins qui l’ont appelé ce mardi matin : « Vous avez vu ce qui est écrit sur la porte de chez vous ? » Mohamed Gnabaly, maire (sans étiquette) de L’Ile-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) a alors découvert les inscriptions, à grands traits de peinture rouge sur le portail de sa maison : « A mort », ainsi que plusieurs croix gammées.

« C’est assez violent, confie l’élu, d’autant que c’était à 8 heures, l’heure à laquelle les enfants partent à l’école. Ma fille aînée est au CP, on a réussi à lui cacher le texte, mais elle a quand même vu qu’il y avait des inscriptions… »

« Escalade de la violence » contre les élus

Ce mardi après-midi, Mohamed Gnabaly se préparait à aller déposer plainte, après avoir reçu la visite des enquêteurs de police. Le parquet de Bobigny confirme l’ouverture d’une enquête. Aucune interpellation n’a eu lieu pour le moment.

« C’est la première fois qu’on s’en prend à ma propriété personnelle », note l’élu de 35 ans, qui pointe toutefois une « escalade de la violence à l’Ile-Saint-Denis », en direction des représentants de son équipe.

« La voiture d’une de mes collaboratrices a brûlé il y a peu sur le parking de l’hôtel de ville. La campagne des municipales a été délétère », estime celui dont la réélection a été annulée début octobre par le tribunal administratif de Montreuil — il a depuis décidé de faire appel devant le Conseil d’Etat.

Un « contexte départemental et national »

« Et puis il y a le contexte départemental et national, poursuit Mohamed Gnabaly. On parle de séparatisme, de racisme… Je ne veux pas tirer de conclusions hâtives, mais on se permet désormais de menacer des maires qui ne font rien d’autre que leur travail. Regardez ce qu’il s’est passé à Stains ou à Villetaneuse… »

En septembre, le maire PCF de Stains Azzedine Taïbi a porté plainte après une série de messages à caractère raciste doublés de menaces de mort. Dans la foulée, le nouveau maire (divers gauche) de Villetaneuse, Dieunor Excellent, témoignait lui aussi des attaques racistes dont il a fait l’objet.

Parmi les premiers élus à réagir, le député PCF de Saint-Denis, Stéphane Peu, condamne par voie de communiqué un « acte ignoble » : « Le climat délétère dans notre pays libère des forces obscures et légitime des passages à l’acte. Il est temps de retrouver la décence et nos valeurs de fraternité. »

Le président PS du département Stéphane Troussel espère, dans un tweet, que « la justice identifiera et condamnera fermement les auteurs de ces menaces haineuses qui, au travers des élu.e.s, s’en prennent à notre République. »


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