FRANCE : Sept ans ferme requis contre Patrick Balkany, 4 ans contre son épouse (Vidéo)

Dans son réquisitoire, le parquet national financier a estimé que le maire de Levallois-Perret avait commis "la plus grave des atteintes à la probité publique"

Après quatre semaines de débats, les juges du parquet national financier (PNF) ont requis 7 ans de prison avec incarcération immédiate contre Patrick Balkany, jeudi 13 juin. Le maire de Levallois-Perret était jugé pour blanchiment habituel de fraude fiscale et corruption, “la plus grave des atteintes à la probité publique” selon les juges.

Le parquet a demandé une condamnation “à la hauteur de la gravité” de la corruption entachant l’achat d’un luxueux riad à Marrakech : les procureurs Serges Roques et Arnaud de Laguiche affirment que Patrick Balkany s’est fait offrir cette villa par unmilliardaire saoudien en échange de délais dans un énorme contrat immobilier à Levallois.

Mais c’est bien le couple qui est soupçonné d’avoir dissimulé des avoirs estimés à 13 M€ au fisc par le biais d’un véritable jeu de piste disséminé derrière de multiples sociétés écrans à l’étranger (du Panama au Liechtenstein en passant par Singapour et la Suisse). « C’est un blanchiment ancien et systématisé depuis plusieurs décennies », remarque le substitut du procureur.
Mais Patrick Balkany, 70 ans, doit affronter seul un procès public en l’absence de son épouse, 71 ans, toujours convalescente depuis une tentative de suicide le 1er mai. Des jours et des jours d’audience où a été passé au crible ce fameux patrimoine occulte : du moulin de Giverny à la très dérangeante villa de Marrakech en passant par les deux villas à Saint-Martin. Si les époux ont pris soin de ne jamais déclarer ces deux villas luxueuses construites aux Antilles (Pamplemousse et Serena), ils ont fini par avouer en être les véritables propriétaires au cours de l’instruction, tout en faisant valoir « une fraude passive ».

En revanche, le maire et la première adjointe de Levallois ont toujours fermement nié être les véritables acquéreurs du riad dans la palmeraie de Marrakech, qu’ils occupaient pourtant régulièrement mais qui était loué par leur propre fils, Alexandre Balkany. Pour lui, le procureur a demandé « l’indulgence car il a été entraîné dans cette affaire par ses parents » et requis 100 000 € d’amende pour blanchiment de fraude fiscale en ayant signé des baux de location fictifs.

Mais contrairement aux villas antillaises, pour lesquelles les enquêteurs ont pu remonter jusqu’aux Balkany sans trop de difficulté en démêlant la « cascade de sociétés écrans », l’acquisition de la villa marocaine en 2010 reste toujours très floue. Et son financement par le versement d’une commission de 5 M$ par un magnat belgo-congolais et par des fonds du promoteur saoudien Al-Jaber dérange particulièrement. Un montage très élaboré a donc été opéré par le bras droit du maire de Levallois, Jean-Pierre Aubry, et l’avocat de la ville, Me Claude. Comme le maire, les deux hommes maintiennent que la villa appartenait à Al-Jaber qui devait construire des tours jumelles à Levallois. Ce que ce dernier a totalement nié. Ces trois derniers prévenus risquent chacun deux ans de prison pour corruption. « C’est une villa fantôme, elle n’est à personne. Serait-ce qu’un aveu de propriété conclurait à un pacte corruptif ? », questionne le procureur.

Dès lundi prochain, la défense des six prévenus aura trois jours pour minimiser au maximum ces réquisitions.


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