France : Une publicité osée de la marque NANA fait l’objet de milliers de plaintes

Diffusée depuis quelques jours à la télévision française, la publicité de la marque de produits d’hygiène féminins Nana a fait l’objet de milliers de plaintes au CSA. Il y a peu de chance que l’autorité donne suite. 

Viva la vulve. C’est le nom du dernier spot de la marque de serviettes hygiéniques Nana. Diffusée depuis quelques jours à la télévision française, cette publicité célèbre le sexe féminin avec des images explicites comme des fruits de mer, des origamis, des peluches ou encore des pâtisseries. On peut aussi y voir une serviette hygiénique maculée de sang rouge et non plus bleu, comme auparavant dans ces publicités.

La marque explique sur son site vouloir décomplexer les femmes sur leur anatomie. « Les vulves et les vagins sont au cœur de ce que nous faisons, et Nana souhaite profiter de sa position pour être plus direct et ouvert sur le sujet, explique la marque sur son site. Après tout, la honte et la gêne vis-à-vis de cette petite (mais incroyable) partie de notre corps peuvent avoir un impact très négatif sur la confiance en soi. »

— Dura lex, sed lex 👮🇨🇵🇪🇺🏳️‍🌈 (@femmedemoblo) October 11, 2019

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel reconnaît d’ailleurs avoir été saisi. Selon nos informations, ce sont pour l’heure plus d’un millier de demandes qui lui sont parvenues via le formulaire sur son site, les appels téléphoniques et les courriers. Un chiffre toutefois à relativiser au regard des millions de téléspectateurs qui ont déjà vu la publicité. Cinq millions de téléspectateurs étaient selon Médiamétrie devant TF1 le 23 septembre dernier à 21h  lorsqu’a été diffusé le spot. Des séquences comme certains sketchs de Cyril Hanouna ont par exemple été bien plus signalées (plus de 20.000 saisines pour un sketch jugé homophobe en 2017).

S’il faut relativiser les plaintes au CSA pour cette publicité, que va faire l’autorité? Comme il l’explique sur Twitter, le CSA n’a pas un pouvoir de « censure » a priori d’un contenu diffusé à la télévision. Et pour les publicités, c’est l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) qui peut exiger le retrait d’un spot qui contrevient à la loi.

Le CSA n’a pas le pouvoir de faire cesser la diffusion d’un programme, ni même d’un spot de pub. Il peut en revanche indiquer aux éditeurs qui le diffusent par une mise en garde ou une mise en demeure que la diffusion de la publicité est jugée illégale. C’est ce que le Conseil a fait en décembre 2018 pour une publicité pour le service de test ADN MyHeritage, un service interdit en France, qui avait été diffusée sur les chaînes BFMTV, CNews et LCI.

En revanche, saisi par de nombreux spectateurs au sujet de la diffusion jugée trop fréquente des publicités pour les régimes Comme j’aime, le CSA a estimé cet été qu' »aucune disposition ne s’oppose à ce qu’une publicité soit diffusée de manière intensive sur les antennes ».

En ce qui concerne le spot de Nana, il n’y a a priori rien d’illégal dans ce qui est montré ou suggéré.

 

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