G 20 à BUENOS AIRES : Un sommet bousculé par Trump et la présence de «MBS»

Le tête-à-tête sino-américain, Trump et Xi Jinping, et la présence du prince héritier saoudien « MBS » risquent d’occulter les enjeux multilatéraux sur le commerce et le climat au sommet des vingt premières puissances mondiales.

C’est dans une capitale argentine en état de siège que les chefs d’État et de gouvernement des vingt pays les plus puissants de la planète atterrissent au compte-gouttes depuis mercredi soir. Le sommet du G20 s’annonce comme le plus conflictuel depuis la création de ce forum des grands de ce monde, il y a dix ans, en pleine crise financière.

«Le risque est celui d’un tête-à-tête entre la Chine et les États-Unis et d’une guerre commerciale destructrice pour tous», a averti sans détour Emmanuel Macron dans une interview au quotidien argentin La Nacion publiée jeudi. Les séances de travail consacrées à «un avenir équitable et durable» prévues vendredi et samedi risquent d’être en effet largement occultées par plusieurs trouble-fête: Donald Trump d’abord, mais aussi Vladimir Poutine et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane.

Donald Trump est sans conteste le chef d’État qui perturbe le plus l’agenda fixé par la présidence argentine. Le président américain, qui, pas plus tard que cette semaine a réfuté un rapport de son administration sur l’impact du réchauffement climatique sur les États-Unis, empêche le consensus sur ce sujet planétaire. L’Élysée a indiqué que «ne pas mentionner l’accord de Paris de 2015 sur le climat dans le communiqué final ne serait pas un bon signe».

Mais c’est davantage encore sur le commerce qu’est attendu le président américain. Lui qui méprise le multilatéralisme, encore défendu jeudi après-midi en conférence de presse commune par «Macri et Macron», doit rencontrer samedi le président chinois Xi Jinping. Ce tête à tête peut déboucher sur une trêve dans la guerre commerciale qui oppose depuis le printemps les deux premières puissances mondiales, ou au contraire une escalade.

Poutine et Mohammed ben Salmane en trouble-fête

Le président russe Vladimir Poutine participe au G20 alors que la tension est montée d’un cran cette semaine à la suite de l’arraisonnement de navires ukrainiens en mer d’Azov. Angela Merkel a déclaré jeudi qu’elle aborderait à Buenos Aires la situation en mer d’Azov, en justifiant les sanctions européennes au nom du «droit international» et des pays voisins de la Russie «à se développer en toute autonomie».

Enfin, Mohammed ben Salmane. Comme un défi lancé à la communauté internationale, malgré les accusations portées par la Turquie sur sa responsabilité dans l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi à Istanbul, le fils du roi et homme fort du régime est venu en personne représenter son pays à Buenos Aires. Son arrivée mercredi, a d’ailleurs suscité une polémique dans les médias argentins. Parvenue à l’ambassade d’Arabie saoudite, son escorte n’a pas pu entièrement entrer dans la cour et le prince est sorti de sa voiture avant l’entrée, ce qui a suscité des interrogations sur l’efficacité des services de sécurité argentins.

Sa présence autour de la table du G20, aux côtés du président turc Recep Tayyip Erdogan ou des dirigeants européens qui ont pris des sanctions contre 18 personnes de son entourage provoque un malaise. Emmanuel Macron a indiqué jeudi que l’affaire Khashoggi mais aussi la guerre au Yémen seraient évoquées lors d’une «réunion de coordination» entre chefs d’État européens, savoir Angela Merkel, Giuseppe Conte, Theresa May ainsi que les présidents du Conseil et de la Commission, Donald Tusk et Jean-Claude Juncker. «J’aurai l’occasion de l’évoquer avec le prince» a assuré Emmanuel Macron à propos du meurtre de Jamal Khashoggi sur laquelle «je souhaite que toute la vérité soit faite». Le président français souhaite une association «de la communauté internationale sur cette affaire qui a touché le monde entier».

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