Gabon : Ali Bongo fait arrêter son ex-tout-puissant directeur de cabinet, Brice Laccruche Alihanga

A handout picture released by the Gabonese presidency on February 25, 2019, shows President Ali Bongo (C) meeting with his Secretary-General Jean-Yves Teale (L) and his Chief of Staff Brice Laccruche Alihanga in the capital Libreville. - Bongo, whose stroke last October plunged Gabon into uncertainty, held a string of meetings ahead of the first gathering of the cabinet, according to the government. (Photo by - / GABONESE PRESIDENCY / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO / HO / GABONESE PRESIDENCY" - NO MARKETING - NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS

Le Franco-Gabonais, Brice Laccruche Alihanga, a été interpellé dans le cadre d’une vaste opération anti-corruption, de même que les ministres de l’énergie et du pétrole, considérés comme ses proches.

La vaste opération anticorruption lancée récemment au Gabon contre l’entourage du Franco-Gabonais Brice Laccruche Alihanga a rattrapé l’ancien tout-puissant directeur de cabinet du président Ali Bongo Ondimba, interpellé mardi 3 décembre.

Celui qui, il y a encore quelques semaines, avait considérablement irrité une bonne partie des caciques du pouvoir en menant, en l’absence de M. Bongo, convalescent après un accident vasculaire cérébral (AVC), une tonitruante « tournée républicaine » dans tout le pays, avait été écarté de la présidence début novembre, après une manifeste amélioration de la santé et une reprise en main du pouvoir par le chef de l’Etat ou son entourage proche, selon les analystes.

Invisible depuis, à la tête d’un ministère sans réel pouvoir et après qu’une bonne dizaine de personnalités proches de lui ont été arrêtées, longuement interrogées par les enquêteurs puis, pour treize d’entre elles, incarcérées, M. Laccruche Alihanga « a été interpellé ce matin à son domicile », de même que deux ministres considérés comme ses proches et, comme lui, limogés du gouvernement lundi soir, a déclaré à l’AFP, mardi, le procureur André Patrick Roponat. Il s’agit de Tony Ondo Mba, ex-ministre de l’énergie, et Noël Mboumba, ex-ministre du pétrole.

« Les trois hommes ont été abondamment cités par des personnes actuellement en détention dans des faits de détournements de deniers publics, de concussion et de blanchiment de capitaux », a ajouté le magistrat. C’est « une plainte de l’agence judiciaire, qui est une agence de l’Etat, qui a conduit à ces interpellations », a tenu à préciser le procureur.

Son frère « est toujours en garde à vue »

Directeur de cabinet depuis plus de deux ans, M. Laccruche Alihanga, 39 ans, était devenu l’homme fort du pouvoir depuis que M. Bongo, chef de l’Etat depuis dix ans, avait été affaibli par un AVC en octobre 2018, avant d’être longtemps en convalescence à l’étranger, puis au Gabon.

M. Laccruche Alihanga avait été limogé à la surprise générale début novembre de son poste de directeur de cabinet du président, avant d’être nommé dans la foulée à la tête d’un mystérieux ministère « chargé du suivi de la stratégie des investissements humains et des objectifs de développement durable ». Il a perdu son portefeuille dans un remaniement, lundi soir, qui a remis en selle des ministres eux-mêmes limogés lors des incessantes refontes du gouvernement survenues lorsque M. Laccruche Alihanga dirigeait le cabinet d’Ali Bongo.

De nombreuses personnalités proches de M. Laccruche Alihanga ont été la cible, ces dernières semaines, d’une vaste opération anticorruption qui a déjà conduit une dizaine d’entre elles en détention préventive. M. Laccruche Alihanga « est actuellement entendu » par les enquêteurs, a précisé le procureur.

« En tout, et sans compter les interpellations de ce matin, il y a bien eu treize personnes placées sous mandat de dépôt » depuis le début de l’opération anticorruption, a ajouté le magistrat. « Deux sont en liberté provisoire, six ont été mises hors de cause » et le propre frère de l’ex-directeur de cabinet, Grégory Laccruche, maire d’Akanda, une commune limitrophe de Libreville, « est toujours en garde à vue », selon M. Roponat.

Des proches placés à des postes clés

Depuis quelques semaines, alors que M. Bongo, après sa longue absence de la scène politique, multipliait les apparitions, certaines voix au sein de la majorité présidentielle, longtemps restées muettes, avaient commencé à critiquer l’ascension fulgurante de M. Laccruche Alihanga, ainsi que le placement de ses proches à des postes clés. Lundi soir, le premier ministre Julien Nkoghe Bekale a souligné au nom du chef de l’Etat, en annonçant son nouveau gouvernement, l’importance de s’entourer d’« hommes et de femmes alliant compétence, expérience, intégrité et loyauté ».

Selon le journal pro-gouvernemental L’Union, le ministre déchu de l’énergie, Tony Ondo Mba, avait été employé par la Dupont Consulting Company, une entreprise privée administrée par Gregory Laccruche et visée par l’opération anticorruption lancée mi-novembre. Cette vaste enquête a conduit à l’incarcération notamment de Patrichi Tanasa, administrateur-directeur général de l’entreprise publique Gabon Oil Company (GOC), également proche de M. Laccruche. Selon L’Union, en deux ans, 85 milliards de francs CFA (129 millions d’euros) se sont « volatilisés ».

Ike Ngouoni, porte-parole de la présidence et considéré comme le bras droit de M. Laccruche, a été placé en détention provisoire depuis vendredi pour des accusations sans rapport avec l’affaire liant GOC à Dupont Consulting Company, affirme son avocate, Carole Moussavou. Plusieurs responsables des renseignements et de l’appareil sécuritaire, proches de M. Laccruche, ont également été remplacés ces dernières semaines. Des avocats des mis en cause ont dénoncé une « vendetta politique », le premier ministre rétorquant qu’il ne s’agissait « ni d’une chasse aux sorcières, ni d’un règlement de comptes ».

 

Le choix de son voyage en Egypte s’explique d’abord par son appartenance à la famille de Mame Abdoulaye Niasse, grand érudit au Sénégal, et ensuite par son désir ardent de découvrir les sciences islamiques enseignées à l’université Al-Azhar du Caire. Sidy Lamine optera pour des études de Droit et de jurisprudence islamique, sans doute pour mieux défendre les opprimés. Son diplôme obtenu, il retourne au Sénégal au début des années 80 pour engager le combat pour la reconnaissance des intellectuels arabisants au même titre que leurs homologues francophones.

C’est sans doute dans cette logique que Sidy Lamine Niass mettra sur pied un journal dont l’intitulé est même en langue arabe : Walfadjri (ou l’aurore). Bimensuel dès sa création en janvier 1984, le journal va devenir hebdomadaire en 1987, semi-quotidien en 1991, et quotidien depuis 1993. Cette construction progressive d’une entreprise de presse performante va non seulement profiter à l’Etat dans sa politique de libéralisation de ‘espace médiatique mais aussi le peuple dans sa globalité.

Après la presse écrite, Sidy Lamine se lancera dans l’audiovisuel pour mieux se faire la voix des sans voix. C’est en 1997 que la bande Fm s’offre à lui avec sa radio Walf Fm et plus tard en 2006 il met en place la télévision. Ainsi obtiendra-t-il le premier groupe de presse de l’Afrique de l’ouest avec tous les supports de communication : presse écrite, radio, télévision et site internet. La ligne éditoriale de ce groupe de presse est souvent aux antipodes des intérêts des différents gouvernements qui prennent le PDG pour leur ennemi. Mais Sidy n’en aura cure ; Walfadjri est devenu de facto le mur de lamentations du peuple.

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