Grèce : l’île de Lesbos, hébergeant 12 000 migrants, en feu !

Le camp de migrants de Moria, sur l’île grecque de Lesbos, a été partiellement évacué après que plusieurs feux se sont déclenchés mercredi au petit matin. La quasi-totalité du camp, qui héberge actuellement près de 12 700 demandeurs d’asile, quatre fois sa capacité d’accueil, serait détruit.

Le feu aurait été déclenché par des demandeurs d’asile mécontents d’être placés en isolement après avoir été testés positifs au Covid-19, selon l’agence de presse grecque ANA.

“L’île de Lesbos est déclarée en état d’urgence” a annoncé mercredi 9 septembre le porte-parole du gouvernement grec, Stelios Petsas, sur la chaîne de télévision publique ERT. Une opération de sauvetage d’envergure est en cours dans l’emblématique et surpeuplé camp de migrants de Moria, où plusieurs feux se sont déclenchés mercredi au petit matin, selon les pompiers grecs. “Des feux épars dans la prairie autour du camp, mais aussi à l’intérieur de la structure”, mobilisent 25 pompiers et 10 véhicules pour évacuer le camp qui héberge près de 12 700 demandeurs d’asile, quatre fois sa capacité d’accueil. Une réunion gouvernementale doit se tenir dans la matinée “pour examiner la situation à Moria et les mesures qui vont être prises”, annonce le gouvernement.

Les pompiers précisent que pour l’instant “il n’y a pas de victimes, mais quelques blessés légers avec des problèmes respiratoires dus à la fumée”. Selon un photographe sur place, “la quasi-totalité du camp est en feu, aussi bien à l’intérieur que les tentes qui se trouvent à l’extérieur dans l’oliveraie”“Des demandeurs d’asile fuient le camp à pied en direction du port de Mytilène mais sont bloqués par les véhicules des forces de l’ordre”, ajoute-t-il.

 

D’après l’agence de presse grecque ANA, les feux auraient été déclenchés après la révolte de certains demandeurs d’asile qui devaient être placés en isolement, ayant été testés positifs au coronavirus ou proches d’une personne ayant été détectée positive.

Les autorités confrontées à des tensions

Selon le site d’information locale Lesvospost, plus de 3 000 tentes, des milliers de conteneurs, des bureaux de l’administration et une clinique au sein du camp ont été brûlés. Stand by Me Lesvos, une association regroupant locaux et réfugiés, s’alarme sur Twitter : “Tout brûle, les gens fuient”.

“Certains témoignages rapportent que des locaux bloquent le passage (des réfugiés) dans le village voisin”, ajoute aussi l’association. Les pompiers rapportent également avoir “été empêchés d’entrer dans le camp pour intervenir” par certains groupes de réfugiés à leur arrivée dans le camp. “Depuis plusieurs heures, des grands feux entourent le centre de réception. Les foyers se multiplient (…) et avec la force du vent, le feu s’étend rapidement”, commente sur sa page Facebook l’association des habitants de Moria et des autres villages environnants. “La zone paie le prix de l’indifférence et de l’abandon”, poursuit l’association des habitants qui appelle les autorités à agir rapidement pour trouver une solution pour les demandeurs d’asile qui seront sans abri après l’incendie.

Face à la “catastrophe humanitaire”, le ministre allemand des Affaires étrangères a réclamé mercredi des pays de l’Union européenne qu’ils prennent en charge des migrants. “Nous devons au plus vite déterminer comment nous pouvons soutenir la Grèce”, a déclaré sur Twitter Heiko Maas. Parmi ces aides, “figure une répartition entre pays de l’UE prêts à accueillir (des migrants)”, soutient le ministre, dont le pays assure la présidence semestrielle de l’UE.


PARTAGER

FAIRE UN COMMENTAIRE

SVP faire un commentaire !
SVP entrer ici votre nom