HISTORIQUE ! Renault a enregistré une perte de 8 milliards d’euros !

Le groupe au losange a annoncé vendredi une perte nette de 8 milliards d’euros l’an dernier, sur fond de chute des ventes liée à la pandémie de Covid-19 et des difficultés de Nissan. Il a toutefois connu un net rebond au second semestre, de bon augure pour la nouvelle stratégie du groupe.

Une perte historique. Après être tombés dans le rouge l’an dernier pour la première fois depuis 2009, les résultats de Renault ont viré à l’écarlate en 2020 : le groupe au losange a annoncé un déficit net de 8 milliards d’euros l’an dernier. Déjà touché par une crise structurelle, liée notamment à des surcapacités de production et à son insuccès sur le segment des voitures familiales les plus rentables, Renault a en outre été frappé de plein fouet l’an dernier par la crise du coronavirus qui a entraîné la fermeture des usines automobiles pendant plusieurs semaines.

Le constructeur tricolore a ainsi vu ses volumes plonger de 21,3 % l’an dernier, à 2,95 millions de véhicules vendus. Une contreperformance qui a entraîné une chute de son chiffre d’affaires de 21,7 %, à 43,5 milliards d’euros, et de la marge opérationnelle de ses activités automobiles, qui a plongé dans le rouge à -1,4 milliard d’euros. A cela se sont ajoutées les difficultés de Nissan, qui a plombé son actionnaire français (à 43 %) de 5 milliards d’euros.

 

Coup de volant stratégique

Le Losange voit toutefois une lueur au bout du tunnel. Le second semestre a été nettement meilleur, avec un chiffre d’affaires en recul de « seulement » 8,9 %, une marge opérationnelle de l’automobile positive, à 3,5 % des revenus, et une perte nette réduite à 660 millions d’euros. « La résurrection du groupe a démarré », a déclaré le nouveau directeur général Luca de Meo, en commentant ces résultats. Le dirigeant italien, qui a pris ses fonctions en juillet dernier, a présenté son plan stratégique le 14 janvier , tournant résolument le dos à la course au volume engagée sous la houlette de son prédécesseur, Carlos Ghosn.

Les premiers résultats de ce coup de volant de retour vers la valeur se sont déjà fait sentir sur la deuxième moitié de l’année. « Nous avons amélioré les prix de vente des voitures de 5,5 points au troisième trimestre et de 6,2 points au quatrième », a affirmé Luca de Meo. Le Losange a décidé de se recentrer sur les modèles et les pays les plus rentables, et de cesser de « pousser » les ventes à tout prix. « Nous avons par exemple délibérément amputé nos parts de marché de deux points au Brésil », a indiqué le dirigeant.

Economies accélérées

Le second semestre a aussi été marqué par un avancement du plan d’économies plus rapide que prévu. Lancé dès février dernier avant même la crise sanitaire, ce programme, qui portait sur 2 milliards d’euros sur trois ans, a déjà été réalisé à hauteur de 60 %, soit 1,2 milliard, en 2020 – ce qui a aussi eu pour conséquence d’accroître les frais de restructuration, à 1 milliard d’euros. Renault avait annoncé dès janvier dernier qu’il comptait l’amplifier, à 2,5 milliards d’ici à 2023 et à 3 milliards d’ici à 2025.

« C’est l’ingénierie qui a le plus contribué à la baisse des coûts, ayant atteint les deux tiers de son objectif, a précisé Luca de Meo. Ce qui est en train de se passer, c’est du jamais-vu chez Renault ! ». Sous la houlette de Gilles Le Borgne, son directeur de l’ingénierie venu de la maison d’en face PSA, le Losange a notamment réduit la diversité des projets en développement de 25 % ou accru les pièces en commun entre les différents modèles.

« Nous avons aussi arrêté certaines activités développées par Nissan, pour mieux tirer profit de l’Alliance », a indiqué Gilles Le Borgne, qui explique avoir également fait des économies, en ayant notamment davantage recours aux centres de R&D situés dans les pays à bas coûts.


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