Horreur au Mali : Une attaque fait 17 morts à Ségou

Dix-neuf militaires maliens ont été tués et cinq blessés tôt ce dimanche matin. Les faits se sont produits lors d’une attaque de grande ampleur de présumés djihadistes contre un camp de gendarmes dans le centre du pays, a indiqué l’armée malienne. Le bilan est provisoire.

Peu avant, une source militaire malienne a affirmé que le « nouveau bilan provisoire » de l’attaque contre le camp de Sokolo, proche de la frontière mauritanienne, était « d’au moins 18 gendarmes tués ».

Sokolo est situé dans le cercle de Niono, dans la région de Ségou (centre), où sévissent des groupes djihadistes liés à la nébuleuse terroriste Al-Qaïda. Il s’agit de la dernière localité avant la frontière avec la Mauritanie.

Ils « sont partis avec tous les véhicules et les armes »

Des responsables maliens ont attribué ce coup de force à des « terroristes », terme avec lequel ils désignent les groupes djihadistes qui sévissent au Mali depuis huit ans, malgré des interventions militaires françaises, de l’ONU (Organisation des Nations unies) et africaines.

« Les assaillants étaient plus d’une centaine, a déclaré à l’AFP un habitant de Sokolo, Baba Gakou. Ils sont arrivés à 5 heures (NDLR : 6 heures à Paris). Ils ont coupé la retraite des gendarmes. Les coups de feu ont cessé à 7 heures », a-t-il ajouté. Selon cet habitant, les assaillants « sont partis avec tous les véhicules des militaires et les armes ». Des renforts ont été dépêchés sur place de Diabaly, à une dizaine de kilomètres, selon une source militaire malienne.

« Les militaires tués sont tous des gendarmes », a aussi déclaré un élu de cette localité. « Les terroristes sont arrivés à moto. Ils étaient très armés », a-t-il ajouté.

Renforts français

« C’est vraiment un chaos », a pour sa part témoigné une source humanitaire locale ayant pu pénétrer dans le camp après le départ des présumés djihadistes. « Tout le matériel militaire a été emporté. On a le sentiment que les assaillants savaient où ils mettaient les pieds », a déclaré cette personne.

Le centre du Mali, ainsi que le Burkina et le Niger voisins, ont connu ces derniers mois une succession d’attaques djihadistes meurtrières contre les soldats et les civils, sans que les forces nationales et étrangères présentes dans la région parviennent à les enrayer. Le nombre de victimes des violences a été multiplié par cinq depuis 2016 au Mali, Burkina et Niger pour atteindre environ 4000 morts en 2019, selon l’ONU. Le conflit au Sahel a fait des centaines de milliers de déplacés.

L’état-major français a indiqué jeudi que la force antidjihadiste au Sahel, Barkhane, a mis « hors de combat » plus d’une trentaine de djihadistes dans le centre du Mali ces deux dernières semaines. Cinq autres ont été tués le 19 janvier dans une frappe de drone non loin de la frontière nigérienne. Depuis décembre, Barkhane a annoncé la « neutralisation » de dizaines de djihadistes.

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