Internationalisation : le pari gagnant des entreprises françaises qui investissent à l’étranger

Même si les risques se sont multipliés à l’international (Brexit, retour du protectionnisme, Iran, etc.), les entreprises françaises maintiennent leurs stratégies d’internationalisation mises en place au cours de la période récente. Avec un succès qui résulte de leur capacité à s’adapter aux contextes locaux.

Telle est la principale conclusion d’une étude réalisée par IPSOS sur un thème peu abordé jusqu’ici : l’état d’esprit des dirigeants des entreprises qui se sont internationalisées dans les cinq dernières années. 100 dirigeants d’entreprises de 10 à 4 999 salariés ont été interrogés, principalement des PME mais également des ETI.

Première constatation : les entreprises françaises ne partagent pas le climat de morosité ambiante et ont une vision plutôt positive de l’avenir. En effet, 90% des dirigeants interrogés sont optimistes sur les capacités de leur entreprise à se développer dans les 12 prochains mois.

L’internationalisation ne s’explique pas par un quelconque rejet de la France, bien au contraire, et la volonté d’aller « voir ailleurs ». 35% des dirigeants estiment que l’attractivité de la France s’est améliorée et 61% pensent que l’avenir de leur entreprise est autant en France qu’à l’étranger. Les entreprises ont mis en place des stratégies de développement équilibrées entre la France et l’étranger ; c’est parce que la France est redevenue plus attractive pour les entreprises que les entreprises souhaitent continuer à se développer à l’international.  Il n’y a pas d’opposition entre marché domestique et internationalisation.

L’investissement à l’étranger : une réussite

C’est bien la volonté d’augmenter les ventes et d’identifier de nouveaux débouchés additionnels qui explique l’investissement à l’étranger dans 73% des cas. 59% des dirigeants précisent que cette démarche a été accomplie « pour se rapprocher des clients ou des prospects ».

Le coût de production n’est mentionné que dans 18% des réponses et la législation du travail dans 3%. La délocalisation en vue de rechercher des coûts  salariaux plus faibles n’est pas la principale motivation de l’investissement étranger, de même que la législation du travail. Il est clair que l’internationalisation n’est pas motivée par une volonté massive de transférer des capacités de production à l’étranger.

Autre démenti : l’étude remet en cause l’importance des rachats d’entreprises à l’étranger, souvent présentés comme un « engouement » spécifique des chefs d’entreprises français et une différence fondamentale par rapport à leurs collègues allemands. Une acquisition ou une fusion avec une entreprise à l’étranger n’expliquent que 15% des investissements.

Au total, le bilan est positif puisque 76% des personnes interrogées estiment que leur implantation à l’étranger est plutôt une réussite : 24% affirment même que c’est une « réussite totale ». 4% seulement font état d’un échec.

L’importance de l’environnement des affaires

Investir dans un pays qui n’est pas le sien n’est pas chose aisée. La force des entreprises françaises réside dans leur capacité méconnue à surmonter les freins liés aux particularités de l’environnement des affaires dans les pays concernés.

Les difficultés administratives et juridiques sont considérées dans 54% des cas comme étant les principaux freins à l’implantation d’une entreprise française à l’étranger. Les autres obstacles cités sont les suivants : l’acquisition et/ou la formation de salariés ayant les compétences pour gérer le projet (29%), la langue et les différences culturelles (24%), l’ouverture d’un compte bancaire (18%), l’adaptation du modèle économique de l’entreprise au pays d’implantation (16%), la préparation en amont du projet d’implantation (16%), la recherche de financement (11%) et le manque de personnel compétent et/ou motivé (10%).

Presque une entreprise sur deux (46%) a bénéficié d’un accompagnement externe. Il s’agit principalement d’un cabinet de conseil spécialisé (27%). On trouve ensuite les organismes  publics de l’écosystème du commerce extérieur français (Bpifrance : 11% ; Business France : 10% ; les chambres de commerce et d’industrie : 10%), les banques (7%) et des dirigeants d’entreprises récemment implantées à l’étranger (3%).

La conclusion est sans appel : 95% des dirigeants reconduiraient l’expérience de l’internationalisation, de la même façon ou de manière différente.

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