Iran : Les conservateurs en tête selon les premiers résultats des législatives

Les conservateurs en Iran sont en tête, selon les premiers résultats des élections législatives publiés samedi, une avance favorisée par une probable faible participation consécutive à la disqualification de milliers de candidats.

Les élections ont eu lieu vendredi dans un contexte de violente récession économique, due en partie aux sanctions américaines, et de tensions exacerbées entre Téhéran et Washington, ennemis jurés.

Avant le vote, près de la moitié des 16.000 candidatures avaient été invalidées, dont celles de milliers de réformateurs et modérés, ce qui a pratiquement réduit le scrutin à un affrontement entre conservateurs et ultraconservateurs.

Les observateurs ont prédit une forte abstention, la population ayant perdu ses illusions à la suite de promesses non tenues des hommes politiques et tentant de faire face aux difficiles conditions de vie.

Le Comité national des élections a indiqué que les votes avaient été comptés dans 162 circonscriptions sur 208 à l’échelle nationale.

L’alliance formée par les conservateurs et les ultraconservateurs semblait avoir un avantage confortable à Téhéran selon les premiers résultats, a déclaré le porte-parole du comité Esmaïl Moussavi à la télévision d’Etat.

Selon M. Moussavi, la plupart des votes sont allés aux trois premiers noms sur cette liste menée par Mohammad Baqer Qalibaf, trois fois candidat malheureux à la présidentielle, ex-chef de la police, membre des Gardiens de la révolution –l’armée idéologique de l’Iran– et maire de Téhéran de 2005 à 2017.

Les modérés et les réformateurs étaient très rares parmi les 40 candidats au total à Téhéran, a ajouté le porte-parole. Avec ses 30 sièges, la capitale iranienne représente un enjeu électoral de premier plan.

“Une sélection” 

Les résultats définitifs pour Téhéran et d’autres provinces seront révélés dimanche matin au plus tard, a ajouté M. Moussavi.

Les autorités ont annoncé la fermeture des écoles dans des dizaines de grandes villes pour permettre les opérations de dépouillement.

Si ces premiers résultats sont confirmés, cela constituerait un coup dur pour le président modéré Hassan Rohani, dont la marge de manoeuvre sera limitée jusqu’à la fin de son mandat en 2021.

Selon des chiffres non officiels publiés par l’agence Fars, la coalition conservatrice a remporté 191 des 290 sièges au nouveau Parlement. Les réformateurs en ont gagné 16 et les indépendants 34.


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