« J’ai menti au régulateur » : la phrase du pilote d’essai du 737 MAX qui provoque un tollé

La crise du 737 MAX s’est aggravée vendredi 18 octobre, le régulateur de l’aérien américain accusant Boeing de lui avoir caché des documents importants, notamment un échange entre employés révélant que le système automatique, le MCAS, qui devait empêcher l’avion de partir en piqué, le rendait difficile à piloter en simulateur.

Y a-t-il eu négligence ou volonté frauduleuse de la part de Boeing dans la certification de ses avions 737 MAX, dont deux se sont écrasés – en Indonésie en octobre 2018 et en Ethiopie en mars 2019 –, faisant au total 346 morts ? Le doute est permis depuis la publication, vendredi 18 octobre, d’échanges entre le pilote d’essais en chef du constructeur, Mark Forkner, et l’un de ses collègues, Patrick Gustavsson, lors de la procédure de certification de l’appareil, en 2016.

Il y est question d’essais dans un simulateur et du système antidécrochage, le MCAS, qui s’est depuis révélé déficient et serait responsable des deux accidents. Il « déraille dans le simulateur », s’inquiète ce jour-là M. Forkner, qui ajoute : « Bon, je suis nul en pilotage, mais ça, c’était flagrant. » M. Gustavsson fait alors remarquer qu’il va falloir actualiser les instructions dans le manuel de vol. « En gros, ça veut dire que j’ai menti aux régulateurs sans le savoir », répond M. Forkner. Son collègue poursuit : « Ce n’était pas un mensonge. Personne ne nous avait dit que c’était comme ça. »

De fait, huit mois plus tôt, Mark Forkner avait demandé à l’Agence fédérale américaine de l’aviation (FAA) de ne pas faire mention du MCAS dans le manuel de vol. Convaincue que le dispositif informatique n’était pas dangereux et qu’il ne devait pas être utilisé fréquemment, la FAA avait donné son assentiment. Cet échange nécessitera une exégèse approfondie pour savoir s’il a été suivi de mesures correctives et si l’actualisation du manuel évoqué par M. Forkner et M. Gustavsson aurait permis d’éviter les accidents.

Le MCAS a depuis été mis en cause dans l’accident d’un 737 MAX d’Ethiopian Airlines, qui s’est écrasé le 10 mars au sud-est d’Addis Abeba quelques minutes après le décollage, provoquant la mort des 157 personnes à bord.

Il est également montré du doigt dans le crash, le 29 octobre 2018, d’un 737 MAX de Lion Air ayant fait 189 morts.

Le 737 MAX, qui avait été homologué et autorisé à voler en mai 2017 par la FAA, a depuis été cloué au sol à travers le monde et des incertitudes entourent son retour en service.

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