JOUR J ! Carlos Ghosn va enfin donner des noms et des preuves réelles aujourd’hui !

Carlos Ghosn donnera mercredi à Beyrouth une conférence de presse très attendue, première apparition publique du magnat déchu de l’automobile qui pourrait éclaircir les circonstances rocambolesques de sa fuite du Japon, où il est accusé de malversations financières.

L’ancien PDG de Renault-Nissan, qui distille savamment ses déclarations depuis son arrivée le 30 décembre au Liban, son pays d’origine, a déclaré à une chaîne de télévision américaine qu’il avait des “preuves réelles” montrant qu’on voulait le faire tomber au Japon et qu’il allait donner des noms lors de cette conférence.

L’évènement se tient à 15H00 locales (13H00 GMT) au Syndicat de la Presse dans la capitale libanaise. Son équipe de communication a méticuleusement organisé le processus d’accréditation des journalistes autorisés à y participer.

Les annonces de l’homme d’affaires de 65 ans sont très attendues par les médias, qui ont multiplié ces derniers jours les récits d’une exfiltration aux allures de film hollywoodien.

Le Japon a dénoncé une évasion “injustifiable”, tandis que le groupe automobile Nissan l’a qualifiée d'”extrêmement regrettable”. L’affaire a pris une ampleur internationale et des enquêtes sont en cours au Japon et en Turquie, où M. Ghosn a fait escale.

“Je n’ai pas fui la justice, je me suis libéré de l’injustice et de la persécution politique. Je peux enfin communiquer librement avec les médias”, avait-il assuré dans un communiqué au lendemain de son arrivée au Liban.

Carole Ghosn : «Mon mari va faire éclater la vérité»

Son mari va capter toute la lumière. Une fois de plus. Attirer à lui, tel un aimant, tous les micros et toutes les caméras. Carlos Ghosn, l’ex-grand patron franco-libanais, tient ce mercredi à Beyrouth un point presse mondialement attendu, neuf jours après sa rocambolesque fuite du Japon où il était assigné à résidence dans l’attente de son procès.

Mais ne vous y trompez pas. Depuis son arrestation de le 19 novembre 2018, le rôle de Carole Ghosn, son épouse, a été décisif. Dans l’ombre, elle s’est activée sans relâche. « She has guts » ( NDLR : elle a du cran, des tripes), résume l’une de ses proches, dans ce libanais parlé qui mélange allègrement arabe, français et anglais. C’est un fait : Carole a remué ciel et terre pour venir en aide à son mari. Elle a frappé à toutes les portes, plaidant sa cause auprès de l’ONG Human Rights Watch, des Nations Unies et même du président américain Donald Trump. En France, elle avait lancé un appel à l’aide au président Emmanuel Macron, dénonçant, l’automne dernier, le silence « assourdissant » de l’Elysée.

À la veille de cette conférence de presse, nous la rencontrons dans un hôtel cossu d’Achrafieh, un quartier de l’est de Beyrouth. Elle se présente avec quelques minutes de retard au rendez-vous fixé. La faute à la circulation, exécrable, et plus chaotique encore lorsqu’il pleut des cordes, comme ce mardi. Élégante, un brin méfiante, sa parole se libère au fil de l’entretien. Elle se détend, mais il reste dans son visage quelque chose de fragile, de soucieux et comme un voile dans son regard.

«Une vengeance des procureurs japonais»

48 heures après être arrivé au Liban, Carlos Ghosn avait pris soin de la dédouaner, assurant qu’il avait organisé « seul » son exfiltration. Mais ce mardi, la justice japonaise a émis un mandat d’arrêt à l’encontre de Carole Ghosn, soupçonnée de faux témoignage. « Il s’agit d’une vengeance des procureurs japonais, s’agace-t-elle. Ils l’ont annoncé juste avant la conférence, espérant mettre la pression sur mon mari et me punir une fois de plus. Je trouve ça petit de la part d’une prétendue grande démocratie. J’ai déjà été humiliée au Japon, où j’ai été accusée de fuir la justice alors que c’est absolument faux! J’y suis pourtant retournée de moi-même, en avril dernier, j’ai été entendue 4 heures et je suis sortie libre de toute charge. »

Carlos? Carole « l’aime », ils « ne se lâchent plus la main depuis qu’ils se sont retrouvés! » Le thème de l’amour revient sans cesse, dans les mots de leurs proches, lorsqu’il s’agit d’évoquer leur relation. Comme un écran de fumée pour tenter de faire oublier que son cher et tendre s’est soustrait à la justice d’un pays démocratique? Pas question d’être naïf : l a communication de l’ex-magnat de l’automobile et de ses proches est millimétrée, chaque mouvement est savamment calculé. Mais la sincérité des sentiments de Carole Ghosn n’est pas feinte.

«La cellule de Carlos côtoyait celle de criminels, de terroristes»

Libanaise, résidente américaine, Carole Nahas est devenue la seconde épouse de Carlos Ghosn au printemps 2016. Elle-même avait déjà été mariée. Elle est mère de trois enfants. Ex-créatrice de vêtements, elle a ouvert au patron-star les portes d’un univers qu’il ignorait. Réputé couche-tôt, levé aux aurores, Carlos Ghosn se laisse étourdir, aux côtés de son épouse, par un tourbillon de sorties culturelles. Jusqu’à ce coup de tonnerre : l’arrestation surprise du puissant PDG de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi à Tokyo, à sa descente de l’avion.

Carole n’était pas préparée à l’expérience… des visites en prison. « Ce n’est pas ma vie ! » – la phrase lui échappe presque, comme un gémissement. « La cellule de Carlos côtoyait celle de criminels, de terroristes, d’assassins de masse. Je croisais les Yakuza (NDLR : les membres de la mafia japonaise), terrifiants avec leurs tatouages. »


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