La dépouille mortuaire d’Étienne Tshisekedi est arrivée à Kinshasa : polémique sur le coup des obsèques

L’avion privé en provenance de Bruxelles ramenant la dépouille mortuaire d’Étienne Tshisekedi en République démocratique du Congo a atterri à Kinshasa ce jeudi soir à 19h22 heure locale.

L’avion transportant la dépouille d’Étienne Tshisekedi, figure de l’Histoire du Congo décédé à Bruxelles le 1er février 2017, s’est posé sur l’aéroport de N’djili à Kinshasa à 19h22 heure locale.

Son fils et actuel président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, menait la délégation présente sur le tarmac, avant une journée d’hommage vendredi et l’inhumation prévue samedi. Le corps sera exposé vendredi au stade des Martyrs puis inhumé le lendemain à la Nsele.

Toute la classe politique, toutes tendances confondues, a accompagné le chef de l’État pour accueillir la dépouille de son père. L’arrivée du cercueil a suscité beaucoup d’émotion dans une ambiance de grand recueillement. Le cercueil blanc recouvert d’un drapeau congolais et posé sur un drap noir a été tiré par une remorque sur la piste de l’aéroport au son d’une fanfare, qui a notamment joué l’air « Ce n’est qu’un au revoir », jusqu’à un corbillard. Le corps de l’ex-opposant a reçu les honneurs militaires et l’hommage des corps constitués.

Quelques milliers de personnes attendaient en dehors de l’aéroport alors que la nuit était déjà tombée sur la capitale congolaise. La foule était cependant moins dense et plus éparse qu’elle n’aurait pu l’être si l’avion était arrivé comme prévu au petit matin. La circulation était exceptionnellement fluide, ce jeudi ayant été décrété « chômé et payé » à Kinshasa par les autorités pour lancer les trois jours de funérailles.

Polémique sur le coût des obsèques

Sans se prononcer clairement sur le montant global, Lenga Moss, porte-parole du comité d’organisation des obsèques, estime que ce coût est dans la même fourchette que pour des personnalités telles que Laurent Désiré Kabila.

A ses yeux, compte-tenu de l’apport d’Etienne Tshisekedi, notamment au combat pour la démocratie dans le pays, ce n’est pas indécent. « Le plus gros du budget pour cette inhumation, s’inscrit dans la fourchette qui a été utilisée par le Trésor public pour le financement des obsèques de personnalités, comme Laurent Désiré Kabila ou d’autres personnalités qui ont servi l’État », nous explique-t-il.

« Une fourchette qui va de 2 millions à 6 millions, à peu près, me semble-t-il. Mais ce que je veux surtout dire, c’est qu’une personnalité comme Etienne Tshisekedi est un grand commis de l’État. On a souvent tendance à l’oublier. Mais c’est lui qui a été le premier recteur de l’Ecole nationale de Droit et d’Administration de ce pays, il a été Premier ministre. Et il est prévu dans des textes qu’un grand serviteur de l’État puisse être inhumé avec tous les honneurs dus à son rang.

Je peux comprendre que la situation du peuple soit une situation catastrophique, mais les deux choses pour moi ne sont pas comparables. Ce n’est une question de coût, c’est avant tout une question de personnalité.

L’œuvre, les sacrifices d’Etienne Tshisekedi pour que la démocratie puisse advenir, sont d’une telle ampleur qu’il serait indécent de l’enterrer à moindre coût ».

De trop lourdes dépenses pour « La Lucha »

Mardi, un document a fuité sur les réseaux sociaux, indiquant que la retransmission des obsèques à la télévision nationale pourrait coûter, à elle seule, 52.000 dollars.

Selon le mouvement citoyen « La Lucha », ces lourdes dépenses n’honorent pas la mémoire de l’ancien chef de file de l’UDPS. « Nous, « La Lucha », nous ne nous opposons pas à honorer la mémoire d’Etienne Tshisekedi. Nous nous opposons sur le montant exorbitant qu’on utilise…

Le pays traverse une situation qui n’est pas bonne financièrement. Et Tshisekedi disait toujours : « Le peuple d’abord ».

« La bonne façon de l’honorer c’est de faire connaître au peuple congolais qui était Tshisekedi, quelles étaient ses valeurs. Et s’ils peuvent même construire des écoles qu’on va appeler « Tshisekedi », des routes, qu’on va appeler « Tshisekedi » et des ronds-points qui vont porter le nom de Tshisekedi, ça va être une bonne façon de l’honorer et il sera gravé dans la mémoire des Congolais ». 

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