La légalisation du cannabis serait une catastrophe au Sénégal (Dr Falilou Samb)

La criminalisation des drogues à travers la Loi Latif Guèye, « une loi très dissuasive », a permis d’amoindrir les dégâts médicaux et sociaux de l’utilisation de ces substances, selon le Dr Falilou Samb. Pour lui, la légalisation du cannabis serait une catastrophe sanitaire et sociale.

Alors qu’on n’a pas encore fini de panser les plaies de la société sénégalaise gangrenée par ses lots de vols et de viols, de kidnappings et de meurtres, voilà qu’on nous demande d’ouvrir une autre plaie plus béante. et comme arguments brandis par les partisans de la légalisation de la consommation du cannabis, on nous dit qu’« un contrôle va être légalement exercé sur la qualité du produit, en particulier sa teneur en THC, la répression serait plus efficace et il y aurait des vertus thérapeutiques dans le cannabis ». Par rapport à ce dernier point relatif à la présence de vertus thérapeutiques dans le cannabis, le Dr Falilou samba se veut clair.

A l’heure actuelle, dit-il, le cannabis ne répond pas à la définition d’un médicament qui reste « une molécule possédant des propriétés préventives ou curatives à l’égard des maladies humaines et animales, susceptibles de restaurer, corriger ou modifier leurs fonctions organiques ». « Donc de la découverte de la molécule à l’Autorisation de Mise sur le Marché (Amm), un médicament doit franchir avec succès différentes phases qui peuvent s’étaler sur environ 10 ans. Il y a la phase recherche et développement, l’étude de toxicologie, la recherche clinique avec une étude de tolérance, d’efficacité, de comparatif et une étude administrative.

La mise au point d’une nouvelle spécialité coûte environ 800 millions d’euros. Et pour que le médicament obtienne une autorisation de mise sur le marché, il doit présenter un bon rapport bénéfices/risques », explique longuement, et comme dans un cours, le Dr Falilou Samb. le médecin recense environ 75 types de cannabinoïdes qui seraient identifiés dans la plante parmi lesquels « le térahydrocannabinol (thc) et le cannabidiol « Cbd) ». Or, à ce jour, selon le praticien, « aucun de ces composés d’origine végétale n’a fait l’objet d’un protocole d’étude en vue d’une autorisation, et donc aucun d’entre eux ne peut être qualifié de médicament.

De plus, jusqu’à présent, et étant donné l’insolubilité du Thc, traiter des patients en leur faisant fumer soit la plante elle-même, soit sa résine, reste une méthode peu contrôlable, tant le passage des principes à l’organisme est aléatoire. Comme on le voit, seule une substance issue du cannabis et ayant obtenu une autorisation pourrait être qualifiée de médicament » estime Dr Falilou Dr samb.

Selon lui, cette argumentation n’entrave en rien une poursuite des recherches pour mieux connaitre les « mécanismes d’action » du cannabis. En attendant, soutient-il, personne ne devrait en conscience utiliser l’argument du médicament pour justifier la légalisation du cannabis plus connu sous le nom de « yamba » dans notre pays. sur ce, il demande aux pouvoirs publics d’appliquer réellement notre arsenal répressif, mais aussi de mettre en place un plan de prévention destiné à informer nos jeunes élèves des écoles primaires sur les dangers de cette drogue. « L’expérience vécue par les pays qui ont légalisé le cannabis doit nous inciter à refuser cette éventualité. La logique financière et économique ne doit plus primer sur la santé de notre société. Introduire la légalisation du cannabis serait une catastrophe sanitaire dont nos pouvoirs publics porteraient une lourde responsabilité devant l’histoire et nos générations futures », soutient avec force Dr Falilou Samb. Cette idée du droit-de-l’hommiste Seydi Gassama, qui fait fi des conséquences de cette substance prohibée — aussi bien du point de vue de la religion que de la loi — , et qui peut faire perdre à la personne sa raison, ne reviendrait-elle donc pas à faire basculer dans le gouffre une société qui titube déjà ?

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