La perte de l’odorat annoncerait la mort imminente (Etude)

Les liens entre baisse de l’olfaction et risque de décès ont déjà été avérés. Une étude va plus loin et cherche à en établir les causes précises.

Perdre le sens de l’odorat n’est pas seulement dommageable devant de bons petits plats: la diminution de l’olfaction annoncerait aussi… la mort. Une équipe de chercheurs américains de l’Université du Michigan a suivi un groupe de 2300 personnes âgées de 71 à 82 ans, durant treize années après qu’elles ont réalisé un test d’olfaction.

Dans un article publié le 29 Avril dans la revue Annals of Internal Medicine , les scientifiques expliquent que la baisse d’olfaction des personnes âgées est associée à une plus forte mortalité, principalement due aux maladies neurodégénératives et cardiovasculaires.

«Un faible sens de l’odorat devient de plus en plus commun alors que les personnes vieillissent et il existe un risque de décès plus élevé», explique dans un communiqué le Dr Honglei Chen, épidémiologiste à l’université du Michigan. Dans son étude, les participants souffrant d’un mauvais flair présentaient au bout de dix ans de suivi un risque de mortalité supérieur de 46% au groupe avec une bonne olfaction, et de 30% après treize ans. Cette hausse de mortalité a été observée toutes causes de décès confondues, mais certaines pathologies semblent plus présentes que d’autres.

Une olfaction basse a principalement été associée aux maladies neurodégénératives (comme Parkinson et Alzheimer) et à une perte de poids (au total, 28% des décès liés à un mauvais odorat à dix ans d’observation et 34% à treize ans). Le lien peut s’expliquer: les deux pathologies neurodégénératives prendraient naissance dans la zone du cerveau liée à l’odorat, le bulbe olfactif, situé juste au-dessus des fosses nasales; quant aux pertes de poids non intentionnelles, également observées durant les années précédant le diagnostic de la maladie d’Alzheimer, elles sont directement liées au comportement alimentaire, dans lesquels l’olfaction joue un rôle important.

L’importance de l’olfaction est d’autant plus significative que l’analyse porte sur des personnes en bonne santé: leur mort n’est normalement pas due à une condition pathologique préexistante. L’étude ayant été menée sur des personnes âgées de 71 à 82 ans, en relativement bonne santé, les résultats ne peuvent cependant pas être généralisés aux personnes plus jeunes ou dont l’état de santé est détérioré. L’étude n’a par ailleurs pas établi les autres causes de mortalité liées à l’olfaction, si ce n’est des liens modérés entre la diminution de l’odorat et l’apparition de troubles cardiovasculaires.

Dans un éditorial accompagnant l’article, Vidyulata Kamath, docteur en psychologie médicale à l’université Johns Hopkins (Baltimore), alerte cependant sur la fiabilité d’un tel outil pour diagnostiquer et prévenir les maladies neurodégénératives: «La majorité des personnes âgées ne se rend pas compte du déclin et l’olfaction n’est que rarement testée lors d’examens cliniques.» Fort de ses résultats, le chercheur Honglei Chen recommande d’ailleurs «d’inclure un test de l’odorat durant les examens médicaux.»

PARTAGER

FAIRE UN COMMENTAIRE

SVP faire un commentaire !
SVP entrer ici votre nom