L’Afrique du Sud face aux violences xénophobes et antipauvres

A woman stands at the Tsolo Community Hall in Johannesburg's Katlehong township, on September 9, 2019, where around 250 people, mostly Zimbabwean and Malawian nationals, are hosted after being displaced due to a new wave of anti-foreigner violence that hit South Africa's financial capital. The South African president on September 9 condemned weekend violence in Johannesburg that claimed two lives after security forces clashed with looters involved in fresh xenophobic attacks. At least ten people have been killed since the start of the month in a surge in attacks targeting foreign-owned businesses in and around South Africa's largest city. / AFP / Michele Spatari

Elle serre les pans de son petit manteau en fourrure blanche synthétique, terni par les nuits passées par terre, et s’accroche fermement à sa chaise en plastique.

Une denrée rare dans la grande salle du centre communautaire de Katlehong, à une trentaine de kilomètres au sud-est de Johannesburg. Comme des centaines d’autres personnes, Tinotenda Tamagi s’est réfugiée dans ce vaste bâtiment depuis que, mercredi 4 septembre, des hommes « avec des machettes, des gourdins et tirant des coups de feu » ont enfoncé la porte de son mukuku (logement précaire), l’ont insultée, poussée dehors, s’emparant de toutes ses possessions, à part les habits qu’elle a enfilés à la hâte, dont son précieux manteau.

Tinotenda Tamagi a fui vers le centre communautaire, où la salle centrale conçue pour les spectacles, avec des gradins en dur et une scène nue, allait désormais faire office de refuge pour des dizaines de familles. Depuis, elle n’en est plus ressortie. Tinotenda Tamagi est zimbabwéenne. Elle est venue en Afrique du Sud « à la recherche de prairies plus vertes », un euphémisme pour dire qu’elle a fui un pays dont l’économie ne permet plus de survivre. Cette quête, à présent, semble se heurter à un nouveau mur, celui de la violence.

Comme Oscar, son voisin mozambicain, elle a abouti à Mandela, un bidonville où vivent les plus pauvres des pauvres de Katlehong, dans l’un des townships les plus déshérités du pays. Pendant les jours où la vague de violence s’est abattue sur Mandela, les « étrangers » étaient visés : Zimbabwéens, Malawites, Mozambicains. Derrière, ils disent que tout a brûlé.

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