L’Afrique ne doit pas faillir à ses responsabilités sur le Cameroun

Alors que le Cameroun s’enfonce dans une spirale de violences, l'Union africaine (UA) et les membres africains du Conseil de sécurité des Nations unies - la Côte d’Ivoire, l'Afrique du Sud et la Guinée équatoriale - doivent avoir le courage et la conviction de faire face aux crises urgentes sur le continent.

Après l’avoir ignorée pendant plus de deux ans, le Conseil de sécurité des Nations unies prête enfin une certaine attention à la dégradation de la situation des droits humains au Cameroun. Les trois pays africains membres de cette instance internationale, à savoir la Côte d’Ivoire, l’Afrique du Sud et la Guinée équatoriale, ne devraient pas rater l’occasion d’inscrire à l’ordre du jour du Conseil la crise toujours plus grave sévissant au Cameroun.

Depuis trois ans, le pays est enlisé dans un cycle de contestations civiles, suivies d’une répression de la part du gouvernement, et de violences qui menacent de dégénérer en une catastrophe pour les droits humains. Une extension du conflit pourrait déstabiliser une région déjà fragile : le Cameroun, qui mène une guerre contre les insurgés de Boko Haram dans la région de l’Extrême-Nord, possède des frontières communes avec la République centrafricaine, la République du Congo, le Tchad, le Nigeria, le Gabon et la Guinée équatoriale.

Tueries, enlèvements et actes de torture

La crise séparatiste au Cameroun a débuté en octobre 2016, quand des étudiants, des enseignants et des avocats des régions anglophones minoritaires sont descendus dans les rues pour exiger une meilleure reconnaissance de leurs droits culturels et politiques. La réponse brutale des forces de sécurité, qui ont tué et arbitrairement arrêté des manifestants pacifiques, ainsi que celle du gouvernement, qui a interdit des organisations de la société civile et suspendu internet, ont exacerbé la crise.

Depuis lors, de nombreux groupes séparatistes sont apparus et ont pris les armes, réclamant l’indépendance des régions anglophones, qu’ils appellent « l’Ambazonie ». Ces groupes ont tué, enlevé et torturé des détracteurs supposés, tout en imposant un boycott de l’éducation, ce qui, depuis plus de deux ans, a empêché les enfants et leurs enseignants d’aller à l’école dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Le gouvernement a répondu par la violence, incendiant des centaines d’habitations, tuant des civils, détenant et torturant des séparatistes présumés dans une prison gérée par la gendarmerie à Yaoundé, la capitale. La crise a entraîné le déplacement d’un demi-million de Camerounais, dont beaucoup ont désespérément besoin de protection et d’assistance humanitaire.

Inaction de l’Union africaine et du Conseil de sécurité 

Alors que le Cameroun s’enfonçait dans une spirale de violences, l’Union africaine (UA), l’organisation continentale qui aspire à promouvoir « des solutions africaines aux problèmes africains », a jusqu’ici refusé de s’emparer ou même de reconnaître l’existence du problème.

Le Conseil de sécurité de l’ONU n’a pas fait beaucoup mieux, s’abstenant de la moindre déclaration sur les graves violations des droits humains commises aussi bien par les forces gouvernementales camerounaises que par les séparatistes armés, ou de mettre en garde les deux camps contre les conséquences potentielles de leurs actes.

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