L’Algérie reçoit un don de 200.000 doses de vaccin de la Chine au moment où le Sénégal dit avoir déboursé 2 Milliards FCFA !

L’Algérie a reçu, mercredi, 200 000 doses de vaccin Sinopharm contre le coronavirus, un don de la Chine, partenaire de longue date d’Alger, a indiqué, jeudi 25 février, l’agence de presse officielle APS. Lors de la réunion du Conseil des ministres du mercredi 10 février, le président Macky Sall avait demandé « aux ministres de la Santé et des Finances ainsi qu’à tous les autres ministres concernés de prendre toutes les dispositions sanitaires, logistiques, financières et de mobilisation sociale nécessaire au lancement sur l’ensemble du territoire national, des campagnes de vaccination à la fin du mois de février 2020 au plus tard ». Deux semaines après l’acquisition des doses de vaccin, la polémique enfle sur les modalités d’acuqisition.

Alliés idéologiques après l’indépendance de l’Algérie en 1962, Pékin et Alger entretiennent d’étroites relations économiques et commerciales depuis les années 1990. Au début de la pandémie, la Chine y avait dépêché une équipe de virologues et envoyé des respirateurs et du matériel de protection et de dépistage.

Cette livraison est le plus important lot reçu par Alger, qui a réceptionné depuis fin janvier deux cargaisons de 50 000 doses du vaccin russe Spoutnik V et un autre lot de 50 000 doses du géant britannico-suédois AstraZeneca. L’Algérie doit recevoir d’ici à fin février un lot de 700 000 à 800 000 doses dans le cadre du dispositif onusien Covax, selon le ministre de la santé, Abderahmane Benbouzid.

Selon Wahiba Hadjoudja, directrice de la pharmacie au ministère de la santé, le pays le plus peuplé du Maghreb (44 millions d’habitants) attend également l’arrivée fin avril de 9 millions de doses de l’Institut africain pour la prévention des épidémies, relevant de l’Union africaine. En outre, des négociations sont en cours avec Gamaleya, le laboratoire russe qui produit le Spoutnik V, pour la fabrication en Algérie de ce vaccin, selon les autorités algériennes. Alger a lancé sa campagne de vaccination le 30 janvier.

Polémique autour des conditions d’acquisition des 200.000 doses chinoises au Sénégal

Face à une seconde vague plus virulente, le Sénégal veut aller rapidement vers la vaccination contre la Covid-19. Lors de la réunion du Conseil des ministres du mercredi 10 février, le président Macky Sall avait demandé « aux ministres de la Santé et des Finances ainsi qu’à tous les autres ministres concernés de prendre toutes les dispositions sanitaires, logistiques, financières et de mobilisation sociale nécessaire au lancement sur l’ensemble du territoire national, des campagnes de vaccination à la fin du mois de février 2020 au plus tard ». 

Deux semaines après, le vaccin chinois est réceptionné par Macky Sall lui-même à l’Aéroport international Blaise Diagne de Diass. Il s’agit de 200 000 doses du candidat du laboratoire Sinopharm. Cette première acquisition sera administrée aux personnels de santé, aux plus de 60 ans et aux personnes présentant des comorbidités. Ce, en attendant 6,7 millions de doses des autres développeurs de vaccins anti-covid-19 pour la vaccination de masse.

Mais la réception du vaccin chinois qui constitue un ouf de soulagement pour d’aucuns, n’a pas pour autant étouffé une polémique naissante sur ses conditions d’acquisition. À l’origine d’une pétition qui, jusqu’à la rédaction de ces lignes, a enregistré 242 signatures pour un objectif de 500, l’activiste Jaly Badiane veut y voir plus clair. Elle interpelle à cet effet aussi bien les autorités sénégalaises que leurs homologues chinoises. S’agit-il d’un don ou d’un achat ?

Tweet supprimé du ministre de la Santé

Si Jaly Badiane est préoccupée par les circonstances dans lesquelles le Sénégal s’est procuré ces doses contre la maladie à coronavirus, c’est parce que le ministère de la Santé a fait un rétropédalage assez intrigant sur les réseaux sociaux. Le 12 janvier dernier, le compte d’Abdoulaye Diouf Sarr sur twitter annonce que la Chine a fait don de 200 000 doses du vaccin Sinopharm au Sénégal. Quelques secondes plus tard, le tweet est supprimé sans disparaître de la toile. Contacté par Dakaractu, le service de communication du ministère avait argué une erreur de communication. 

Après cet incident, les autorités sanitaires ont réajusté leur discours en parlant de « pourparlers avec la Chine » pour s’offrir 200 000 doses. Quelques jours plus tard, on apprend par nos confrères d’Emedia que le Sénégal a casqué 2,2 milliards de francs CFA pour la denrée rare. « Cette coïncidence douteuse renforcée par l’affaire de l’arène nationale nous pousse à poser la question de savoir si réellement nos autorités ont reçu un don ou pas, car la bonne gouvernance commence par une bonne gestion de nos deniers publics », interpelle la pétition lancée par Jaly Badiane.  

Pourtant, à l’occasion de la cérémonie de réception des vaccins, le président Macky Sall a confirmé qu’il s’agissait bien d’un achat « avec notre propre budget ». Mais ça ne fait pas transiger l’activiste qui réclame des détails sur la transaction. « Si on a réellement acheté ces vaccins, que la Chine nous dise à combien et qui a payé », demande l’activiste dans un entretien avec nos confrères de Dakaractu.  

Pour l’heure, les réactions des autorités chinoises à travers le compte de leur ambassade au Sénégal se limitent à rappeler que « En tant qu’ami, partenaire et frère, la Chine continuera à épauler le Sénégal dans ses efforts de lutte contre la pandémie et de préservation du bien être du peuple ». Des propos vagues qui n’aident pas à y voir plus clair. Le site deSinopharm  n’est pas plus bavard, se limitant juste à reprendre l’article de l’ambassade consacré à l’accueil faste des vaccins.

Le Sénégal achète la même quantité offerte à d’autres pays

Des voix comme celles de Jaly Badiane se sont élevées pour demander des comptes, parce qu’en dehors de cette cacophonie notée dans la communication du ministère de la santé, il a été constaté qu’au moment où le Sénégal achetait des doses de Sinopharm, des pays qui ne lui envient pas son émergence ont, eux reçu en don la même quantité de…la Chine. 

L’exemple le plus récent est le Zimbabwé dont l’ambition est de vacciner 10 millions de personnes, soit 2/3 de la population pour atteindre l’immunité collective. Avant ce pays d’Afrique australe, la Chine avait offert 100 000 doses à la Guinée équatoriale. En Asie, le Pakistan ainsi que le Cambodge ont respectivement reçu des lots de 500 000 et 600 000 doses de Sinopharm. Le Sénégal a-t-il préféré l’achat au don ? Le ministère de la Santé reste pour l’heure aphone sur le sujet même si la position du gouvernement sénégalais privilégie la première option, c’est à dire l’achat. 

À en croire Emedia, la dose est revenue à 20 dollars (11000 FCFA) au Sénégal. En août 2020, Liu Jingzhen, le président du groupe pharmaceutique public chinois annonçait que la double dose du produit coûterait moins de 1000 yuans avant que le South China Morning Post de Hong Kong ne révèle que le prix des deux vaccins inactivés du China National Pharmaceutical Group ne dépasserait pas 600 yuans (50336 CFA). Ce qui semble montrer que .si vraiment transaction il y a, le Sénégal a eu droit à une réduction

Afin l’Algérie, qui a plus de moyens que tous ces pays cités plus haut, viens de faire part du don de 200.000 doses de Sinopharm. Or, c’est presque le même montant que la Chine a offert à tous les autres pays d’Afrique. 

Mais toujours est-il que le meilleur moyen de faire taire la polémique, comme le rappelle Jaly Badiane, reste la publication du contrat avec la firme pharmaceutique chinoise.


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