LARA FABIAN : “Le succès peut vous happer ou vous faucher”

Elle défend “Papillon”, son nouvel album, depuis 19 jours, sans relâche. Et, même si elle souffre d’être séparée des siens, qui l’attendent au Québec où elle a posé ses valises, Lara Fabian respire le bonheur. “Ce serait très inélégant de se plaindre de vivre de ce qu’on aime”, nous glisse-t-elle.

“Papillon” est votre 14e album. Après 30 ans de carrière, plus de 12 millions d’albums vendus, on compte encore ce genre de choses?

Non, je ne le savais même pas (sourire). Vous me l’apprenez! Pour moi, les chiffres n’ont pas d’importance…

Pourtant, il y en a un, de chiffre, dans le nom de votre tournée, intitulée le “50 World Tour”…

Ce sera une tournée de célébration où je revisiterai les chansons qui me définissent, qui me caractérisent et qui ont séduit le public qui me soutient depuis toutes ces années. 50, parce qu’il y aura 50 dates,  dans 50 villes et parce que j’ai 50 ans.

Pas encore tout à fait! Vous ne passerez le cap qu’en 2020…

Quand j’ai fêté mon 49e anniversaire en janvier, j’ai entamé ma cinquantième année. J’ai donc déjà franchi le cap avec gratitude et légèreté, c’est le début d’une belle histoire. Je pense qu’on commence à accorder de l’importance à son âge quand nos corps se mettent à souffrir. Je n’en suis pas encore là. Je touche ma tête…

Votre grand-mère vous surnommait “Papillon”. Pourquoi?

Parce que ma Nonna était une femme très sage. J’étais une enfant qui s’inquiétait peut-être un peu trop, qui se projetait dans le futur, qui pensait au lendemain. Un jour, elle m’a demandé: “Si, comme le papillon, tu n’avais que très peu de temps à vivre, vivrais-tu dans l’appréhension de ce qui pourrait se passer ou essayerais-tu de goûter à la magie, au pouvoir de l’instant présent?” A huit ans, on ne comprend pas tout à fait ce genre de choses… Mais, ses mots sont restés gravés au plus profond de moi. On est tous habités par des craintes. Quand on est maman, quand on fait carrière, … Mais, j’essaie d’être davantage dans l’action quotidienne. J’y arrive doucement. Le papillon est devenu mon totem. D’ailleurs, si vous regardez les clips vidéos de “J’y crois encore” ou “Tu es mon autre”, vous verrez qu’il a toujours été très présent…

Et si, à l’instar d’un papillon, vous ne pouviez vivre qu’une seule journée, que feriez-vous ?

Je réunirais mes parents, mon mari, ma fille et deux autres personnes que je ne préfère pas nommer dans un endroit que j’aime, probablement la Sicile. On mangerait des pâtes aux oursins et on boirait les meilleurs vins. On chanterait aussi.

Aujourd’hui, vous vivez à Montréal. Dans quelques années, vous aimeriez vous installer en Italie ?

Je ne sais pas. Je ne le saurai jamais vraiment. J’ai appris à ne pas choisir mais à me laisser vivre. Je suis nomade. Pour le moment, je suis bien où je suis. Je me suis installée au Québec quand on m’a proposé d’être coach dans “La Voix”, la version canadienne de “The Voice”. On m’avait soumis le job en France aussi, lors de la première saison, mais j’étais en tournée dans les pays de l’Est. Et j’avais déjà accepté le poste à Montréal quand “The Voice Belgique” m’a approchée. En tout cas, je ne déménagerai pas tant que ma fille est en humanités, c’est ma responsabilité de maman.

Votre fille, Lou, a 11 ans. Vous donne-t-elle son avis sur votre musique ?

Elle s’en fout complètement. Son truc, c’est la pâtisserie. Elle veut devenir pâtissière, pas musicienne. Un jour, elle est quand même rentrée de l’école en me disant que j’étais numéro 1 dans les charts canadiens, juste devant Ariana Grande. Lou est une petite fille magique, solaire, qui se réveille en chantant et qui se couche en disant ses bénédictions.

Ce n’est donc pas pour l’y inscrire que vous rêvez d’ouvrir votre école de musique…

Non. Grâce à “La Voix”, j’ai réalisé à quel point j’aimais transmettre des choses à d’autres artistes. Je rêve d’ouvrir une école où l’on n’apprendrait pas uniquement à bien chanter mais où l’on se préparerait aussi émotionnellement à ce qu’implique ce métier très complexe. Le succès peut vous happer ou vous faucher. Grâce à Dieu, quand j’ai débuté ma carrière, j’ai pu compter sur ma famille car je n’étais pas préparée psychologiquement. Moi, je ne voulais rien, je n’attendais rien. Je suis une artiste, je vibre musique. Le succès, la carrière, ce sont juste des conséquences.

“Je n’ai pas toujours assumé mes choix. Je me suis vautrée, j’ai trébuché.”

Vous avez des regrets ?

Uniquement des remords. Nous sommes les artisans et les créateurs de notre existence. Il faut en prendre conscience, avoir le courage d’assumer ses choix, ce que je n’ai pas toujours réussi à faire. J’ai parfois dit “oui” quand il aurait fallu dire “non”. Je me suis vautrée et j’ai trébuché suffisamment que pour entendre la leçon. Pour moi, il n’y a pas d’échecs mais que des expériences, des épreuves.

Sur ce disque, vous dédiez la chanson “Alcyon” à votre amie Maurane…

Je l’avais écrite avant qu’elle ne nous quitte. C’est l’histoire d’un oiseau mythologique, capable de fabriquer son nid sur la mer, parce qu’il a des difficultés à trouver son espace sur la Terre. Je crois que ça la définit bien.

Parviendrez-vous encore à chanter “Tu es mon autre” ?

Je dois. Il le faut (silence). Je vais avoir du mal à m’étaler là-dessus…

À quoi aspirez-vous aujourd’hui ?

J’ai envie de retrouver mon mari et ma fille. Je suis très “famille”. Nos liens sont très forts. J’ai besoin d’être un peu à la maison.

Source : 7sur7

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