Le Brexit c’est fait ! Le royaume sort officiellement de l’Union Européenne !

Initiée en 2013 lorsque David Cameron annonça que s’il était réélu deux ans plus tard il convoquerait un référendum, la procédure du Brexit arrive ce 1er février à un tournant. Le Royaume-Uni quitte l’Union européenne, après 47 ans de mariage. Mais la saga, elle, continue avec une nouvelle négociation sur la future relation. Le plus dur, en fait, commence…

Ce 31 janvier est au Brexit ce que l’expérience du chat de Schrödinger est à la science. Les Britanniques sont à la fois dans et en dehors de l’Union européenne, un paradoxe dont l’ironie vient (presque) parachever trois années de feuilleton sans fin et qui auront eu raison de deux premiers ministres.

“Presque” parce que ce 31 janvier, quand bien même les plus eurosceptiques d’outre-Manche fêteront leur “brexodus” à minuit heure de Londres, la saga du Brexit n’est pas terminée.

Dans les faits, dès ce vendredi soir, le Royaume-Uni sort de l’Union européenne, et le processus déclenché par l’article 50 de la Constitution européenne devient irréversible. Pour faire partie à nouveau du bloc, Londres devra recommencer tout le processus d’adhésion. À ce titre, les Britanniques cessent donc d’être des citoyens européens.

La conséquence la plus directe de cette date clef concerne sans aucun doute les 73 eurodéputés britanniques élus au printemps dernier, qui tirent définitivement un trait sur leurs fonctions, 45 ans après l’entrée dans la Communauté économique européenne. Mercredi, non sans émotion, ils ont participé au vote approuvant l’accord de retrait. Les eurodéputés du Labour y ont brandi avec fierté des écharpes rouges et bleues, aux couleurs des drapeaux européen et britannique: “Unis dans la diversité”, alors que l’europhobe Nigel Farage n’a pas vraiment boudé son plaisir. ”“Cela fait vingt ans que j’essaie de perdre mon boulot, ça arrive enfin!”, a-t-il déclaré.

Mais la politique de la chaise vide n’aura qu’un temps. 27 sièges seront ainsi répartis entre différents pays, dont la France qui gagne au passage cinq eurodéputés, comme l’Espagne et l’Italie.

Les Pays-Bas en récupèrent deux, et l’Irlande deux. Enfin, un siège reviendra respectivement à la Suède, l’Autriche, le Danemark, la Finlande, la Slovaquie, la Croatie, l’Estonie, la Pologne et la Roumanie. Tous prendront place le 1er février. Les 47 autres resteront vides dans le cas où l’Union européenne procéderait à un nouvel élargissement.

Un pied dedans, un pied dehors

C’est donc une nouvelle phase du Brexit qui s’ouvre et dont les contours se dessineront surtout autour de réunions de négociations qui débuteront dès le 25 février.

Pendant les dix mois suivants, Bruxelles et Londres vont déterminer les règles de leur future relation, en matière de commerce essentiellement. Objectif, trouver un accord qui convienne aux deux parties sur un ensemble de règles, de normes, de marché, d’environnement… La liste est longue et le délai imparti particulièrement court puisque c’est au 1er janvier 2021 que tout changera avec l’application des nouveaux accords.

D’ici là, les règles européennes continuent de s’appliquer au Royaume-Uni, sans pour autant qu’il ne puisse avoir son mot à dire dans l’élaboration des politiques publiques à Strasbourg ou Bruxelles. À cet égard, les citoyens britanniques pourront continuer de circuler librement dans l’espace Schengen, et inversement concernant les citoyens européens qui souhaiteraient se rendre outre-Manche.

Les Européens établis au Royaume-Uni ont jusqu’au 30 juin 2021 pour faire une demande de “Settlement scheme”. Ce dernier qui nécessite d’avoir résidé dans le pays pendant au moins cinq ans d’affilée accorde un droit de résidence illimité. Pour les citoyens britanniques, c’est une autre paire de manches qui s’annonce puisque la liberté de mouvement figurera dans les négociations. 

Bien avant le 31 décembre 2020, l’année sera toutefois marquée par un autre jalon au début de l’été. Si la période de transition d’un an devait avoir besoin d’une extension, il faudrait que celle-ci soit approuvée avant le 1er juillet 2020. Une option à laquelle se refuse expressément Boris Johnson, ce qui ne manque pas d’inquiéter les observateurs. Et pour cause; sans période de transition, et si les négociations n’aboutissent pas avant le 31 décembre 2020, alors un Brexit dur reste possible.

Dans le cas où Royaume-Uni et Union européenne devaient s’entendre sur des accords commerciaux avant le 1er janvier 2021, cela mettrait de fait un terme à la période de transition. 


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