Le Gabon « des Bongo » sombre vers une monarchie !

La chute du puissant Brice Laccruche Alihanga de son poste de directeur de cabinet du chef de l’État, indique que désormais le fils d’Ali Bongo, Nourredine Édouard Bongo, fait figure de successeur désigné

Après la révocation du puissant directeur de cabinet de la Présidence, Brice Laccruche Alihanga, lors du conseil des ministres du jeudi 7 novembre 2019, Nourredine Edouard Bongo, le fils aîné d’Ali Bongo Ondimba, est sur l’autoroute devant le mener à la succession de son père. Mondafrique l’avait déjà annoncé il y a un an (voir le papier ci dessous).

La monarchisation de facto du Gabon est ainsi en marche. Le Roi Mohamed VI, ami de la famille Bongo et hôte du convalescent chef de l’État, a ses habitudes au Gabon aussi aura-t-il pu probablement apporté ses conseils pour cette stratégie.

Le grand ménage

La placardisation de Brice Laccruche Alihanga, nommé ministre chargé du suivi des investissements et des objectifs du développement durable, suit donc le limogeage de l’ancien tout puissant patron des renseignements et de la sécurité, Frédéric Bongo, demi- frère d’Ali Bongo Ondimba, muté, le 15 octobre 2019, en Afrique du sud, comme attaché militaire.du directeur de cabinet

Âgé de 27 ans, Nourredine Édouard Bongo a déjà été adoubé par les chefs traditionnels du Haut-Ogoué et par les caciques du régime. En revanche, il sera difficile aux partisans du « marseillais » Brice Fargeon Laccruche Alihanga et évidemment à ceux de Jean Ping d’accepter aussi facilement cette stratégie. Étant donné le contexte institutionnel et le climat inflammable du pays,  la montée en puissance du « Dauphin » risque de faire connaître au Gabon une période pleines d’incertitudes. 
Olam étend son emprise

La France en retrait

Pour remplacer Brice Laccruche Alihanga, le choix s’est porté sur Théophile Ogandaga. Ce technocrate scientifique, formé à l’Université Sophia Antipolis de Nice s’est d’abord mis au service de Shell Petroleum et ensuite et surtout, depuis 2010, de l’entreprise singapourienne Olam. En 2018, il avait succédé à Nourredine Édouard Bongo au poste de Directeur général adjoint.

 Le groupe multinational Olam, attaché à la Cité-État de Singapour est le symbole de la mondialisation triomphante et de la décadence des entreprises françaises comme Bolloré, Véolia, Rougier, CFAO…dans ce qui fut le pré carré. Au  Gabon, Olam s’est rapidement construit un empire industriel et commercial. Son emprise est tentaculaire dans l’agroalimentaire, la forêt,  les transports, la santé, le commerce, l’industrie pétrolière et les services. Plus grand pourvoyeur d’emploi du Gabon, Olam en partenariat avec l’État a mis en place une zone économique spéciale à Nkok, dans la proche banlieue de Libreville. Cette zone bénéficie déjà d’un nouveau port à Owendo, que gère Olam, et aura bientôt un nouvel aéroport probablement géré également par Olam. Nul doute que Théophile Ogandaga et Nourredine Édouard Bongo ne freineront pas le frénétique appétit de leur ancienne entreprise dont ils ont accéléré le développement. Quant à la France, Elle a une base militaire à Libreville… 

La « monarchisation » du Gabon intéresse aussi d’autres Etats de la Cemac. Déjà en Guinée Equatoriale, Teodorin Obiang Mangue est le vice-président désigné comme l’héritier de Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (76 ans et 40 ans de pouvoir). Cette idée est aussi à l’esprit de Paul Biya au Cameron, de Denis Sassou Nguesso au Congo et de Idriss Deby Itno au Tchad.  

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