Légalisation de l’homosexualité au Sénégal : Macky Sall va-t- il céder à la pression de l’ONU ?

L’ONU dans son dernier rapport sur les droits de l’homme au Sénégal avaient émis un certains nombre de recommandations au Sénégal sur plusieurs sujets sur lesquels elle a été interpellé. Entre autres points traités, le dossier Karim Wade, les enfants talibés mais également des recommandations sous-entendus comme la « dé-criminalisation des relations entre personnes de même sexe ». Une forme de pression pour que le Sénégal légalise l’homosexualité.

Ainsi, au point 15, il demande tout simplement à l’État du Sénégal de légaliser l’homosexualité, en ces termes : « L’État partie devrait prendre des mesures concrètes et urgentes pour s’attaquer à la campagne actuelle d’appel à la haine contre les personnes du fait de leur orientation sexuelle et des personnes qui défendent leurs droits y compris les organisations partenaires engagées dans la lutte contre le Vih-Sida« .

Selon toujours le rapport, l’État partie (le Sénégal) doit aussi « abroger l’article 319.3 du code pénal qui criminalise les actes sexuels entre personnes adultes consentantes de même sexe, en vue de réduire la stigmatisation des personnes concernées ».

Avortement

Par ailleurs, les experts des Nations-unies demandent, au point 23 du rapport, d' »envisager de supprimer les sanctions pénales contre les femmes qui recourent à l’avortement et aux prestataires de soins médicaux qui leur apportent une assistance, car de telles mesures poussent les femmes à recourir à un avortement non médicalisé qui peut porter atteinte à leur vie ou à leur santé ».

Des recommandations du Comité qui renseignent sur la voie que ces experts veulent faire suivre à notre pays, au nom de leur « vision » d’un monde qui évolue.

À signaler toutefois que notre pays a rejeté ce diktat d’experts qui, d’après des magistrats sénégalais, pensent que le monde doit évoluer en permanence vers moins de vertus et plus de vices et de libertinage. « Le Sénégal fait partie des pays les plus avancés en matière de promotion et de protection des droits de l’homme.

Macky Sall très ferme sur ses positions 

Le 27 Juin 2013, lors de la visite du président Obama, la conférence de presse donnée conjointement, par le président américain et son homologue sénégalais Macky Sall, avait commencé par un instant de vérité sur l’homosexualité. 

A la question posée par une journaliste américaine qui avait porté sur la décision rendue la veille par la Cour suprême américaine favorable au mariage homosexuel, Obama avait salué « une victoire pour la démocratie américaine. Je crois, avait-t-il ajouté, qu’à la racine de ce que nous sommes en tant que peuple, en tant qu’Américains, il y a le précepte de base que nous sommes tous égaux devant la loi ».

Cependant, il avait rappelé que des pays différents, des religions différentes pouvaient avoir des « visions différentes », mais que le devoir des Etats était de « traiter chacun également ».

Devant le parterre de journalistes américains, Macky Sall a été ferme: « Le Sénégal est un pays tolérant qui ne fait pas de discrimination en termes de traitement sur les droits (…). Mais on n’est pas prêts à dépénaliser l’homosexualité. C’est l’option du Sénégal pour le moment. Cela ne veut pas dire que nous sommes homophobes. Mais il faut que la société absorbe, prenne le temps de traiter ces questions sans qu’il y ait pression. »

Mais le président sénégalais ne s’est pas contenté de cette riposte prudente. « C’est comme la peine de mort, a-t-il taclé, une question que chaque pays traite à sa façon. Nous l’avons abolie depuis longtemps. Dans d’autres pays, elle s’impose parce que la situation l’exige. Nous respectons le choix de chaque Etat. » Le Sénégal a aboli le châtiment suprême depuis 2004. Seuls dix-huit des cinquante Etats des Etats-Unis en ont fait autant. Choc des cultures, choc des mots et des éloquences.

Ainsi le Sénégal continuera à adapter sa législation en fonction des besoins et aspirations de sa population et tenant compte de ses valeurs.

Il appartiendra donc aux gouvernants de faire face fermement mais diplomatiquement, comme à son habitude, en attendant le prochain passage du Sénégal devant le Comité, au cours de l’année 2020″, suggère un diplomate très proche du dossier.

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