Leicester-Liverpool (0-4) : Voici les notes du match

Liverpool a surclassé son dauphin Leicester durant toute la rencontre et s’est imposé sur le score sans appel de 4-0 sur la pelouse de son adversaire. Une véritable démonstration de force.

Le Boxing Day nous réservait un programme de choix pour l’affiche de la soirée, avec un Leicester-Liverpool rendu alléchant par le classement, à savoir le deuxième contre le leader de la Premier League. Avec un enjeu simple pour les Foxes, grignoter un peu de son retard au classement pour maintenir le suspense dans un championnat archi-dominé par les Reds. Avec dix points d’avance sur leur adversaire du soir, battu à Manchester City lors de la précédente journée, Liverpool peut voir venir, ce qui ne l’empêche pas de vouloir rester invaincu (16 victoires, 1 nul, 0 défaite). En pleine confiance, les hommes de Jürgen Klopp entamaient la rencontre tambour battant et s’offraient deux bonnes situations dès la première minute de jeu, avec une frappe d’Alexander-Arnold captée en deux temps et un loupé de Mané sur un très bon centre de Salah. Le ton était donné et Leicester, qui venait d’enchaîner 2 nuls et 1 défaite toutes compétitions confondues, était prévenu.

En difficulté face au pressing adverse, les joueurs de Brendan Rodgers multipliaient les erreurs de relance, à l’image de Jonny Evans. Et Liverpool savait aussi se montrer menaçant sur des contres. Bien lancé par Keïta, Salah dribblait Schmeichel, sorti à sa rencontre, mais, excentré, il privilégiait le tir au lieu du centre et ne trouvait pas le cadre (11e). Liverpool avait clairement mis la main sur la rencontre, avec une autorité impressionnante. Henderson tirait de loin (15e), Firmino se baladait entre les lignes, et Naby Keïta se régalait dans l’entrejeu. Après une séquence de possession interminable, les Reds trouvaient la faille. Alexander-Arnold, côté gauche pour une fois, enroulait son centre et trouvait la tête de Firmino, qui dominait Chilwell et trompait Schmeichel (1-0, 31e). C’était d’une logique implacable, tant Liverpool étouffait des Foxes édentés. Mané était tout proche, dans la foulée, de doubler la mise mais Schmeichel s’interposait (34e). Malgré un aller-retour express au Qatar pour la Coupe du Monde des clubs, c’est bien Liverpool qui paraissait le plus frais, et de loin !

7 minutes de folie

Au retour des vestiaires, Leicester mettait enfin un peu de pression sur les buts adverses mais cela ne durait pas bien longtemps. Très vite, les Reds reprenaient les choses en main et enchaînaient des séquences de possession impressionnantes, qui débouchaient sur plusieurs centres dangereux de, au choix, Robertson, Alexander-Arnold ou Henderson. Incapable de sortir le ballon proprement et totalement coupé de Vardy, Leicester ne pouvait que subir, complètement étouffé. Mais au tableau, il n’y avait qu’un but d’écart. Rodgers décidait de lancer assez vite Albrighton, à la 57e minute, à la place d’un Barnes inexistant. Il y avait du mieux, l’équipe montait d’un cran sur le terrain. Ricardo Pereira gagnait enfin un duel offensif et tentait le centre. C’était contré mais Praet pouvait récupérer à l’entrée de la surface et déclenchait une frappe. La révolte des Foxes allait vite se fracasser sur le talent des Reds, incarné particulièrement ce soir par le duo Alexander-Arnold Firmino.

L’arbitre de la rencontre donnait, d’abord, un penalty à Livcerpool pour une main de Soyüncü sur un corner. Milner, à peine entré en jeu, le transformait sans trembler (2-0, 71e). Allaient suivre 7 minutes de folie, avec un deuxième but de Firmino sur un amour de centre tendu d’Alexander-Arnold (3-0, 74e). Puis, bien décalé par Mané, le latéral droit croisait sa frapppe et trompait Schmeichel (4-0, 78e). C’était une véritable leçon de football que donnait l’équipe de Jürgen Klopp, qui continuait de dominer de la tête et des épaules et acculait les Foxes dans leur moitié de terrain. L’escapade qatarienne n’a donc pas altéré les qualités des Reds, qui ont surclassé leur dauphin au classement. Un dauphin désormais relégué à 13 points, et avec, qui plus est, un match en retard !

L’homme du match : Trent Alexander-Arnold (9) : c’est une machine à centres. On ne le présente plus depuis son éclosion en 2017 et pourtant il émerveille toujours autant, par la multiplicité de ses courses et la qualité de ses ballons longs. Et ce jeudi soir, il a offert une masterclass tout au long de la rencontre. Il a commencé par distiller une superbe passe décisive, depuis le côté gauche, à Firmino après une longue séquence de possession des siens. Puis il en a ajouté une deuxième, tout aussi belle, du côté droit cette fois, d’un centre fuyant à ras-de-terre. Et pour clore son festival, il a mis son but en reprenant en première intention un décalage de Mané. Impeccable défensivement et impressionnant offensivement.

Leicester

- Schmeichel (4) : une frappe d’Alexander-Arnold d’entrée de match pour se chauffer les gants (1e). Le Danois se fait peur en sortant de sa surface devant Salah, sans conséquence (11e). Le dernier rempart peut mieux anticiper et sortir sur l’ouverture du score de Firmino qui n’a plus qu’à conclure à la retombée du centre d’Alexander-Arnold (1-0, 31e). Il sauve les siens devant Firmino avant que ce ne soit son poteau qui le sauve sur une tentative de Salah (57e). Il n’a fait que retarder l’échéance puisqu’il encaisse un penalty transformé par Milner (2-0, 71e). Totalement abandonné par sa défense en fin de match, il ne peut rien sur les buts de Firmino (3-0, 74e) et Alexander-Arnold (4-0, 80e).

- Pereira (3) : l’international portugais a laissé énormément d’espaces dans son dos mais il a surtout tenté des percées en solitaire qui n’ont souvent pas abouties. Positionné très haut sur le terrain en première mi-temps, Mané et Robertson se sont régalés avec les espaces laissés. Le latéral droit a multiplié les mauvais choix, mais n’a pas été aidé par le manque de solutions proposées par Barnes. Il oublie encore Firmino dans son dos dans la surface qui a juste à placer sa frappe pour s’offrir un doublé (3-0, 74e). Une roulette dans la surface adverse à mettre à son crédit et c’est à peu près tout.

- Evans (2,5) : des sorties et des relances manquées qui n’ont pas vraiment rassuré sa défense. L’ancien Mancunien s’est montré fébrile et a souvent été trop lent. Il a vraiment souffert face à la vitesse des joueurs de Jürgen Klopp. Censé être le patron de la défense des Foxes, il a pris l’eau ce soir à l’image de ses coéquipiers.

- Söyüncü (4,5) : plutôt solide et rassurant en début de match, il est trop court pour reprendre le centre d’Alexander-Arnold qui profite à Firmino pour ouvrir le score (1-0, 31e). Bien repris par la suite avec des interventions autoritaires (41e) devant Keita et Mané (44e, 79e). Si c’était le seul défenseur à ressortir ce soir, il est coupable d’une main qui coûte un penalty transformé par Milner (71e). Prestation mitigée au final.

- Chilwell (2) : opposé à Salah et Alexander-Arnold, le latéral gauche a eu du travail ce soir. Parfois très haut, il a eu du mal à gérer l’espace derrière lui ce qui a laissé des boulevards aux joueurs de Liverpool. Il s’est un peu plus projeté par la suite et a réussi à combiner avec Maddison. Mais c’est trop peu. Physiquement, il n’a pas tenu la route et a explosé en fin de match, car les deux derniers buts des Reds viennent de son côté (74e, 80e).

- Ndidi (3,5) : bien entré dans son match, le milieu défensif se fait tout de même une sacrée frayeur avec une perte de balle devant sa surface (15e). Impuissant face à la détermination du milieu adverse, il a sombré au fur et à mesure du match, au point de s’éteindre complètement.

- Barnes (3,5) : actif sur le côté droit notamment, l’attaquant s’est régulièrement projeté pour apporter le surnombre, mais cela n’a pas été suivi de résultat. Quelques uns de ses centres auraient mérités d’être coupés, car il s’est parfois montré dangereux dans ses initiatives. Mais il a surtout manqué de justesse et a parfois semblé se précipiter alors qu’il pouvait mieux jouer certaines séquences. Remplacé par Albrighton (58e) qui ne s’est pas montré bien plus dangereux.

- Praet (3) : aligné dans le onze de départ par Brendan Rodgers, le milieu de terrain a semblé parfois dépassé par l’intensité mise par ses adversaires. Il faut dire que Henderson et Keita ne l’ont pas laissé respirer. Même défensivement, il a parfois pris le feu comme sur cette action de Robertson qui le met complètement dans le vent avant de centrer (55e). Remplacé par Pérez (72e).

- Tielemans (3) : très discret, l’ancien Monégasque n’a pas vraiment pesé sur les débats. Hors sujet, il s’est fait manger dans l’impact par le milieu des Reds. Le milieu de terrain s’est réveillé en début de seconde période avec une frappe aux 25 mètres sans réel danger (49e). Et c’est tout. Une soirée à oublier.

- Maddison (2) : des projections quelconques et une tenue de balle quasi nulle. Il a perdu beaucoup trop de ballons au moment où son équipe aurait pu en tirer profit. Il a essayé de compenser défensivement mais son pressing a souvent manqué d’intensité et a donc été déficient. Décevant, notamment dans l’utilisation du ballon. Remplacé par Choudhury (76e).

- Vardy (5) : très mobile, l’attaquant a constamment cherché la profondeur pour déséquilibrer la défense des Reds. Pas toujours trouvé, l’Anglais n’a pas renoncé, au contraire. Il tente sa chance dans un angle fermé, entouré de trois défenseurs (35e). Il est tout de même en partie responsable sur le premier but des Reds car il ne presse pas Alexander-Arnold qui a tout le loisir d’ajuster son centre au deuxième poteau (1-0, 31e). Il a souvent cherché la solution avec des rushs solitaires mais se faisait logiquement reprendre par la patrouille Van Dijk (64e). Une belle débauche d’énergie qui n’aura pas servi à grand-chose. Impuissant, à l’image de cette frappe dans le petit filet en fin de match (84e).

Liverpool :

Alisson (5) : soirée chômage technique pour le gardien brésilien, désigné meilleur portier de l’année. Les Foxes n’ont pas tiré une seule fois au but en première période. Il y en a eu trois en 2e, mais aucun cadré… Peu de choses à se mettre sous la dent donc pour le dernier rempart des Reds.

Gomez (6) : pas le plus coté des défenseurs de Liverpool mais on parle quand même là d’un international anglais de 22 ans. Il n’a pas de quoi être jaloux, en témoigne une pointe de vitesse intéressante, qui a sauvé quelques rares coups pour l’arrière-garde des Reds. Sobre mais présent, il a livré une bonne copie. Il pourrait encore gommer de son jeu quelques fautes inutiles.

Van Dijk (6) : le patron de la défense a encore régné sur son territoire, avec un flegme toujours remarquable. Il ne s’affole jamais, et donne parfois l’impression de savoir exactement ce que va tenter son adversaire. Et bien sûr, sa présence menaçante dans la surface adverse bénéficie à ses partenaires sur les coups de pieds arrêtés.

Robertson (7) : mais où trouve-t-il toute cette énergie ? Rien qu’à le regarder courir, on est déjà épuisé, tellement l’Ecossais accumule les sprints. Sa débauche d’énergie phénoménale est un trésor dont Liverpool se sert notamment sur les replis défensifs. À plusieurs reprises, il est venu compenser certaines absences, contribuant à étouffer les Foxes. Et à chaque fois qu’un ballon est destiné à son adversaire direct, il fond sur lui tel un prédateur sur sa proie.

Henderson (6,5) : le capitaine des Reds a été égal à lui-même : impliqué, directif et costaud. Il a dominé tous ses adversaires dans l’entrejeu, avec un engagement physique toujours supérieur, mais sans fioritures. Si son jeu long a connu un peu de déchet, il a été la plaque tournante de son équipe, et une sécurité appréciable pour ses deux défenseurs centraux, qu’il protège par sa présence rassurante dans les séquences de possession.

Keïta (7) : il s’est amusé, clairement. Il a fait ce qu’il voulait de Tielemans et Praet, et a proposé plusieurs actions de classe. Sa première période a notamment été remarquable, avec un bon timing dans ses passes, des dribbles bien sentis et un pressing constant sur l’adversaire. Il a légèrement baissé de pied après la pause et a été remplacé par Milner à la 70e minute. Une minute plus tard, il tirait le penalty du 2-0 pour son premier ballon ! Et il est également impliqué sur le 3e but de son équipe.

Wijnaldum (5,5) : moins en vue que ses partenaires de l’entrejeu mais pas moins utile. Le Néerlandais a joué son rôle dans le travail de harcèlement. Il s’est montré par contre beaucoup plus neutre que Keïta dans l’utilisation du ballon, avec beaucoup de passes latérales. Peu de prises de risque donc mais ce soir, Liverpool n’en avait même pas besoin.

Salah (4) : le bémol de la soirée côté Liverpool. Le côté individualiste de l’Egyptien s’est bien trop remarqué ce jeudi soir. On pense notamment à son action de la 11e minute, où il aurait pu servir l’un de ses coéquipiers plutôt que de tenter la frappe. Cette action a symbolisé sa rencontre, où il a accumulé les mauvais choix et a finalement rarement passé son adversaire direct, le plus souvent Soyüncü. Sorti à la 70e et remplacé par Origi, qui ne s’est pas distingué.

Firmino (8) : quel régal de le voir jouer. Il a régalé ses partenaires durant la première mi-temps, avec son style habituel, tout en décrochage, en déviations et orientations géniales. Et il a ajouté à sa palette habituel deux buts. Lui qui n’en avait marqué que deux durant deux mois et demi s’est remis sur pied avec la Coupe du Monde des clubs, où il a été décisif. Il s’est donc offert un doublé, avec un but de la tête, et un du pied droit à la réception d’un centre parfait d’Alexander-Arnold.

Mané (6,5) : il s’est montré dangereux en première période, et plus collectif que Salah. Beaucoup de courses, d’appels, de replacement, comme à son habitude. Il a beaucoup tenté mais a été malheureux dans le dernier geste. Toujours est-il qu’il a été souvent dans les bons coups et a pu terminer sa rencontre avec une passe décisive pour Alexander-Arnold.


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