Les Comores ont voté ce dimanche pour le premier tour de l’élection présidentielle

Plus de 300 000 électeurs de l’archipel des Comores sont appelés aux urnes ce dimanche 24 mars pour le premier tour de la présidentielle. Ils doivent choisir parmi 13 candidats, dont le chef de l’Etat sortant, Azali Assoumani. Plusieurs incidents ont été signalés sur l’île d’Anjouan. Alors que l’opposition dénonce un « coup d’Etat ».

La situation politique est en train de se tendre. L’opposition accuse le pouvoir de tenter un « coup d’Etat » et demande à l’Union africaine d’intervenir. Les 12 candidats sont actuellement réunis dans l’un de leurs QG de campagne et une petite unité de la gendarmerie vient de se déployer devant le bâtiment.

Les opposants ont déjà appelé leurs militants à boycotter le scrutin. L’un d’eux, maître Saïd Larifou, explique qu’il y a une fraude « massive et bien organisée qui est en cours ». Il dénonce des bourrages d’urne, surtout à Anjouan, des manipulations grâce aux procurations, des représentants de candidats ou des assesseurs empêchés d’accéder au bureau par les forces de l’ordre.

Ce midi, le ministre de l’Intérieur a réagi à ces accusations. Il parle de « pur mensonge » et nie tout bourrage d’urne. Mohamed Daoudou estime que certains cherchent à créer des tensions, il nie tout dysfonctionnement, tout en reconnaissant des incidents dans une dizaine de bureaux d’Anjouan, avec notamment certaines personnes impatientes ayant cassé des urnes. « Le matériel a été remplacé et la situation est sous contrôle », a ajouté le ministre.

Dans la région du Nioumakélé par exemple, des urnes ont été vues, déjà remplies, dès 4h du matin. Constatant cela, des électeurs ont saccagé des bureaux. Les forces de l’ordre sont intervenues pour disperser la foule. Il y aurait au moins deux blessés. Selon une bonne source, 10% des bureaux de vote d’Anjouan ont dû fermer.

Méfiance

Sur Grande Comore, la situation est calme mais les gens votent avec une certaine méfiance. Plusieurs personnes rencontrées s’inquiètent du risque de fraude, notamment après la journée d’aujourd’hui. Soit durant le décompte effectué par la Commission électorale, ou au niveau de la Cour suprême qui proclame les résultats finaux.

Certains Comoriens sont allés voter, mais sans y croire. « Cette journée ne sert à rien car on sait qu’il y aura des magouilles », estimait un électeur ce matin. Un jeune homme de 34 ans confiait pour sa part qu’il n’irait pas voter aujourd’hui, visiblement désabusé. « Les politiciens, du pouvoir ou de l’opposition, sont tous des menteurs. Donc je préfère aller aux champs ou me reposer ».

Soucis logistiques

A Moroni, certains bureaux de vote ont ouvert avec du retard en raison de soucis logistiques ce matin. Au centre socioculturel de Mtsangani dans le centre-ville par exemple, le matériel a été livré par la commission électorale juste après l’heure d’ouverture. L’un des assesseurs n’a pas pu prendre ses fonctions à cause d’une erreur de nom. Et il n’y a pas d’isoloir.

« Même l’équipe nationale de football est meilleure », commentait un électeur. Samedi soir, les joueurs comoriens ont perdu 3-0 face au Cameroun et ne pourront pas se qualifier pour la CAN.

L’ambiance n’était en tout cas pas à la fièvre électorale ce matin. Si quelques électeurs ont attendu l’ouverture des bureaux, il n’y avait pas de longue file d’attente et certains sont même partis, préférant revenir plus tard en raison du retard.

Un retard qui doit être pris en compte en fin de journée, ont assuré les membres du bureau de Mtsangani. Le vote devrait donc aller au-delà de 18h, l’heure de clôture théorique. En attendant, Moroni est calme, même pour un dimanche. Il y a moins de circulation que d’habitude. Seuls les véhicules autorisés ont le droit de se déplacer.

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