“Luanda Leaks”: Comment Isabel Dos Santos a ruiné l’Angola pour devenir la femme la plus riche d’Afrique – Vidéo

Alors que le régime angolais poursuit dans son pays l’ancienne famille présidentielle, une fuite sans précédent de documents confidentiels analysés par le  Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) détaille comment Isabel dos Santos, la fille de l’ancien président d’Angola, a bénéficié des soutiens de l’état pour se bâtir un empire à 2 milliards de Dollars. Avec au passage une petite centaine de sociétés offshore.

Née en 1973 à Bakou en Azerbaïdjan, Isabel dos Santos grandit en Grande-Bretagne alors que son père accède à la présidence de l’Angola en 1979. Il y restera jusqu’en 2017. Après des études à Londres, elle se lance dans le business. Elle est aujourd’hui la femme d’affaires africaine la plus riche du continent et est accusée par l’Etat angolais d’avoir détourné un milliard de dollars d’argent public. 

« Le timing de l’enquête est suspect ». 

Au bout du fil, Sindika Dokolo ne décolère pas. « L’un de nos cabinets d’avocats, PLMJ, avait déjà été hacké dès 2015 », explique l’époux de la richissime Angolaise Isabel dos Santos à Radio France Internationale (RFI). Fait rare, les « Luanda Leaks » concernent exclusivement la gestion de ces deux fortunes de l’Afrique centrale, lui, fils du premier banquier du Zaïre de Mobutu, elle, l’aînée des enfants de l’ancien président angolais José Eduardo dos Santos au pouvoir pendant 38 ans en Angola. « On savait que plusieurs de nos sociétés ont été ciblées par un hacker portugais, ces documents ont été gardés et sont instrumentalisés aujourd’hui pour faire main basse sur nos avoirs à l’étranger. Ils se servent de la presse pour manipuler l’opinion et les gouvernements ». M. Dokolo dénonce l’origine frauduleuse de la fuite, les conditions d’obtention des documents, mais dit ne pas en connaître l’ampleur.

Au total, il s’agit de plus de 715 000 fichiers, pour la plupart confidentiels. Ils détaillent le fonctionnement interne de plus de 400 entreprises et filiales, établies pour les plus anciennes depuis 1992 et disséminées dans 41 pays, dans lesquels le couple détient des parts. Ce sont des échanges de courriel, avec toute sorte de pièces attachées, contrats, procès-verbaux de réunions de conseils d’administration, organigrammes, rapports de gestion, conventions de prêts ou même des documents personnels, issus de boîtes e-mail d’employés de Fidequity, une de leurs sociétés de gestion basée au Portugal et de plusieurs autres compagnies ou prestataires de service.

C’est un palimpseste, une histoire certes incomplète et morcelée, mais qui s’est écrit sur dix ans en portugais, mais aussi en français, anglais, espagnol, allemand, néerlandais ou en somali. Le tout confié aux bons soins de la Plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique (PPLAAF), une toute jeune organisation lancée par deux avocats français pour protéger ceux qui font fuiter des documents d’intérêt public relatifs au continent.


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