Macron et Le Pen, éternels meilleurs ennemis

French far-right Front National (FN) party president Marine Le Pen (L) shakes hands with French President Emmanuel Macron after their meeting at the Elysee palace in Paris, on November 21, 2017. (Photo by LUDOVIC MARIN / AFP)

Le chef de l’Etat a encore une fois désigné la présidente du Rassemblement national comme son unique adversaire. Marine Le Pen espère profiter de cette stratégie du face-à-face.

Comme s’ils rêvaient d’un nouveau second tour… Les élections européennes du mois de mai à peine oubliées, Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont retrouvé leurs habitudes électorales : à près de trois ans de l’échéance, ils semblent déjà rêver de transformer la prochaine présidentielle en un nouvel affrontement. Et hors de question de laisser quiconque s’immiscer dans leur mano a mano.

Lundi 16 septembre, devant les parlementaires de la majorité, le chef de l’Etat a d’ores et déjà désigné l’extrême droite comme son unique adversaire. « Vous n’avez qu’un opposant sur le terrain : c’est le Front national. Il faut confirmer cette opposition, car ce sont les Français qui l’ont choisie », a-t-il lancé à ses troupes réunies dans les jardins du ministère chargé des relations avec le Parlement.

La patronne du Rassemblement national (RN, ex-FN), elle, s’est déjà déclarée « sur la ligne de départ » pour 2022, mardi sur BFM-TV, après avoir lâché « on ne va pas le laisser faire campagne tout seul », samedi, en marge de l’université d’été de son parti à Fréjus (Var).

« Dépasser les clivages et les tabous »

L’arène a été choisie par Emmanuel Macron lui-même : l’immigration. Convaincu que les sujets régaliens seront clés à l’aube du scrutin municipal de mars 2020, le président de la République a demandé aux parlementaires de son camp d’aborder le débat sur l’immigration prévu à l’Assemblée nationale, le 30 septembre, avec l’idée de « dépasser les clivages et les tabous ».

« Les classes populaires vivent avec ce problème, c’est la raison du vote FN », a-t-il martelé. Après la crise des « gilets jaunes », M. Macron ne veut pas voir La République en marche (LRM) devenir « un parti de bourgeois » indifférent aux préoccupations des « classes populaires ». Parmi lesquelles figurerait donc, à ses yeux, l’immigration.

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