Magal 2018 : Touba, la sainte, la religieuse et l’électoralement incontournable !

La 124è édition du grand Magal de Touba, se tiendra le 28 octobre prochain se prépare avec entrain. Comme à chaque édition,  beaucoup  d’hommes politiques ont déjà effectué le voyage dans la ville Sainte sans être  forcément adepte du mouridisme.

Dans les 48 heures viennent d’autres y effectueront le voyage. Ces acteurs politiques y vont pour rencontrer les dignitaires de la confrérie, échanger des civilités. Mais ce qui est en arrière-plan ne s’exprime pas. En effet, sans le professer, Touba est une belle vitrine de marketing politique pour eux,  la grande mobilisation de  foule y oblige.

Evénement intrinsèquement religieux, différents acteurs politiques  prennent  d’assaut la ville sainte de Touba comme tout Sénégalais. Mais en vérité leur pèlerinage est loin d’être comme celui du citoyen lambda. L’homme ou la femme politique a besoin d’être vu(e). Il y a une part de théâtralisation, de mise en scène de soi en tant que politique. Et  cette dimension de la politique, ils l’ont à moindre frais à Touba. Des gestes qui n’ont l’air de rien, qui semblent tout naturels et désintéressés. Mais au fond, cette fréquentation procède  d’une  stratégie secrète d’aller au contact des populations. Donc indépendamment de l’aspect religieux, la présence des hommes politiques est bel et  bien intéressée. Et pour cause, presqu’aucun  homme politique ne peut facilement gagner une élection présidentielle sans des rapprochements plus ou moins tacites avec les foyers religieux en général et Touba, en particulier. Ils en sont conscients.

Même si les années passant, les talibés prennent de plus en plus leur destin  en mains  en tant que citoyens libres quand ils sont dans l’urne, on ne peut dire que Touba comme les autres foyers religieux n’ont pas une certaine influence sur les disciples. Ces dernières années, les observateurs de la vie politique sénégalaises ont noté le «ndigël» (consigne de vote) est de moins en moins suivi. Mais pour autant son non-observance n’est pas total.

Par conséquent, on ne peut ignorer Touba dans les joutes électorales quelles qu’elles  soient. Feu Léopold Sédar Senghor tout chrétien qu’il fût  a toujours eu des liens particuliers avec les guides  religieux musulmans et Touba en l’occurrence. Dans une certaine mesure cela lui a permis de passer deux décennies à la tête du pays en toute quiétude jusqu’à sa renonciation.

Etre en bon termes avec les foyers religieux c’est payant. C’est ce qui explique le ballet des hommes politiques depuis le début de cette semaine dans la cité religieuse. Ainsi, on a vu défilé Madické Niang, Idrissa Seck,  Ousmane Sonko, le président Macky Sall qui fera sa prière de vendredi sur place dans cette cité.

Parlant de Madické Niang, l’homme est particulièrement, très introduit dans la cité religieuse. D’ailleurs d’aucuns disent que si Abdoulaye Wade a été toujours bien accueilli, adopté par Touba, c’est grâce à Madické Niang. Théoriquement si la présidentielle 2019 à laquelle il participe devrait se dérouler qu’à Touba, l’ancien ministre  peut s’assurer de faire un score inégalable.

Au temps du régime libéral, on a vu aussi Me Abdoulaye Wade se rendre souvent dans la ville religieuse et faire  des réalisations à coût de dizaines de  milliards de francs. Père Wade a aussi initié son « fiston » Karim au moment même où ses ambitions politiques  n’étaient pas encore tout à fait dévoilées. Le moins que l’on puisse dire c’est que beaucoup de ces hommes et femmes politiques  ne  vont pas les mains vides rendre visite aux dignitaires mourides.

Les autres foyers religieux comme Tivaoune, Ndiassane,  Kaolack, Médina Baye sont aussi des lieux  fréquentés par nos hommes et femmes politiques en période de célébration religieuse. Mais Touba  est de loin  le foyer religieux la plus prisé du fait de milliers de population qu’il draine.  Parce que le mouridisme reste la confrérie la plus grande en termes de nombre et la plus influente. Le Grand Magal de Touba est aussi  un rendez-vous qui voit les émigrés revenir au pays. Du coup c’est aussi parfois une occasion pour les politiques de rencontrer la diaspora même si ce n’est pas pour livrer directement des messages politiques, au moins les contacts seront noués et  bien gardés. De facto, le Magal de Touba est un événement religieux annuel, célébré en commémoration  du départ à l’exil, notamment au Gabon de Cheikh Ahmadou Bamba, le fondateur du mouridisme.

In fine, pour les politiques le Grand Magal de Touba, ce n’est pas  un surtout un (ou pas seulement) un moment de célébration d’un événement religieux mais un grand moment de marketing politique qui ne dit pas son nom. Parce qu’à Touba, ils sont sous le feu des projecteurs. Ils sont vus comme ils le veulent par la foule, les médias les alpaguent et les interrogent. Certains parfois y font de grandes déclarations politiques qui alimenteront les tabloïds et chaines de télé toute la semaine.

Par Noël SAMBOU

PARTAGER

FAIRE UN COMMENTAIRE

SVP faire un commentaire !
SVP entrer ici votre nom