Massacre de 6 français de l’ONG ACTED : Le film de l’horreur et l’identité des victimes

Le voile est en train d’être levé sur le massacre de Kouré. Deux jours après ces faits dramatiques, le scénario cauchemardesque qui s’y est déroulé commence à être reconstitué. Ceux qui sont arrivés sur place juste après la tuerie n’oublieront jamais l’image des huit corps gisant autour de la voiture, tous tués, certains d’une balle dans la tête. L’un d’entre eux a même brûlé, allongé le long du véhicule dont les vitres portent les impacts des tirs et dont la carcasse est à moitié calcinée. Ce récit digne d’un film d’horreur retrace la triste fin de 8 personnes.

Ce sont quatre femmes et quatre hommes dont six Français de l’association humanitaire Acted. Il s’agit de Charline, Nadifa, Myriam, Stela, Léo et d’Antonin et deux Nigériens (Boubacar Garba Soulay et Aldoukadri Abdou Gamatché). Parmi les Français, cinq étaient de jeunes salariés d’Acted, en contrat de mission, renseigne le quotidien Le Parisien qui rapporte les propos de l’avocat Joseph Breham. Le sixième était un volontaire.

Selon l’association, tous les salariés, malgré leur jeune âge, avaient déjà effectué au moins une mission à l’étranger.  Ils occupaient, selon leur employeur, des fonctions dites support (financier, juridique, logistique) sans contact direct et régulier avec la population locale auprès de laquelle Acted apporte des services de première nécessité – eau potable, nourriture, vaccination notamment. 

Première sortie d’après confinement

Avec eux, le chauffeur du tout-terrain siglé du nom de l’ONG et lui aussi salarié d’Acted, Boubacar Garba Soulay, 50 ans, marié et père de quatre enfants, a perdu la vie alors que sa femme attend leur cinquième bébé. Accompagnant le groupe, Aldoukadri Abdou Gamatché, 50 ans, marié également, était le président de l’Association des guides de la réserve.

Le déroulé du massacre de l’équipe de l’Ong Acted

Ledit quotidien, dans son édition de ce mardi 11 août 2020, a relaté le film de ce massacre qui a eu pour cadre la localité de Kérou. Il est ressorti du récit fait par ladite source médiatique que c’est entre 10 h 40 minute et 11 h 10 que tout s’est passé.

Environ une demi-heure avant la tragédie, le 4×4 Toyota, qui a quitté Niamey à 9 h 30, franchit à 10 h 40 la barrière pour l’accès à la réserve.  Ce sont les premiers visiteurs de ce dimanche. Les Français profitent des paysages nigériens, de ses majestueux baobabs, c’est pour certains leur première sortie d’après confinement anti-Covid. Un calfeutrage passé dans des maisons d’hôte et qui vient de se terminer. Cette excursion avait été évoquée le vendredi, décidée la veille et les mesures de sécurité habituelles, qui conseillent de se rendre à Kouré le matin et de revenir à Niamey avant 14 heures, sont appliquées.

Peu après leur entrée dans la réserve, selon un récit rapporté localement, le guide repère un premier groupe de girafes près de d’un point d’eau. Le véhicule s’arrête pour que les passagers puissent observer les animaux et faire des photos. L’accompagnateur joint par téléphone la base de la réserve, comme l’exige le règlement et précise qu’ensuite ils feront demi-tour. Sur leur trajet retour, ils aperçoivent un deuxième troupeau et procèdent à un nouvel arrêt. Le guide passe un second coup de fil. Ce sera la dernière liaison avec la base.

L’appui des forces Barkhane

C’est juste après ce dernier signe que des coups de feu seront entendus et la première alerte donnée. Acted apprend à la mi-journée par des gardes forestiers que la voiture a brûlé. Des militaires des forces françaises Barkhane localiseront le lieu du crime. 
 
Ce qui semble avoir été reconstitué pour l’instant et que l’enquête devra préciser est que le chauffeur a tenté de fuir avec ses passagers mais qu’il aurait sans doute été tué le premier. Le commando attaquant était composé d’hommes à moto, vraisemblablement au nombre de quatre. ‘’Ce n’est sans doute pas Acted qui était visé, mais les premiers visiteurs occidentaux’’, explique un responsable de l’association à Paris.
 
Des forces de sécurité nigériennes et les forces françaises installées à Niamey quadrillent depuis deux jours l’ensemble de la région à la recherche des criminels. Les corps des victimes ont été rapatriés à la morgue de l’hôpital national, dans la capitale, où ils seront autopsiés. Des relevés de police scientifique ont été effectués par les Nigériens et une équipe sera spécialement détachée à Paris.

Acted va porter plainte à Paris

Hier, le ¨Parquet national anti-terroriste (Pnat) a ouvert une enquête aux chefs d’assassinat’’ et ‘’association de malfaiteurs terroriste criminelle’’, confiée à la Direction générale de la sécurité intérieure (Dgsi) et à la police judiciaire de la Sous-direction anti-terroriste (Sdat). L’Ong Acted a annoncé qu’elle déposera ‘’une plainte pénale pour que soit éclairci ce qui s’est passé, pour que les familles sachent précisément’’, a précisé Me Joseph Breham.
 
Le cofondateur de l’association, Frédéric Roussel, a dénoncé, dans une conférence de presse, ‘’la contradiction qu’il y a entre nous demander de soutenir ces populations qui vivent de façon dramatique et nous laisser seuls confrontés à une violence où nous sommes devenus les cibles les plus faciles’’. Il faut noter que l’attaque n’avait toujours pas été revendiquée.


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