Michael Cohen détruit Donald Trump : « c’est un menteur, un raciste et un escroc… »

L’ex-avocat de Donald Trump a témoigné devant la Chambre des représentants sur les illégalités et le mode de fonctionnement de son ancien patron.

WASHINGTON, DC - FEBRUARY 27: Michael Cohen, the former attorney, and fixer for President Donald Trump testifies before the House Oversight Committee on Capitol Hill February 27 2019, in Washington, DC. Last year Cohen was sentenced to three years in prison and ordered to pay a $50,000 fine for tax evasion, making false statements to a financial institution, unlawful excessive campaign contributions and lying to Congress as part of special counsel Robert Mueller's investigation into Russian meddling in the 2016 presidential elections. Chip Somodevilla/Getty Images/AFP == FOR NEWSPAPERS, INTERNET, TELCOS & TELEVISION USE ONLY ==

Dans une audition retransmise en direct pendant cinq heures, Michael Cohen a dressé, mercredi 27 février, devant la commission de Contrôle de la Chambre des représentants, un portrait ravageur de Donald Trump. Les traits tirés, la voix parfois brisée, Michael Cohen, 52 ans, a achevé son audition par une mise en garde : Donald Trump n’acceptera pas de quitter la Maison-Blanche « pacifiquement » s’il n’est pas réélu en 2020.

Sous le feu des élus républicains qui ont tenté de le discréditer en rappelant ses mensonges sous serment et sa condamnation à une peine de trois ans de prison pour fraude fiscale, violation de la loi sur le financement des élections et parjure, l’ex-avocat de Donald Trump a choisi la contrition. « J’ai menti pour protéger Donald Trump, a-t-il déclaré, ceux qui aujourd’hui le suivent aveuglément souffriront comme moi des conséquences. J’ai tout perdu. Le prix à payer est énorme ».

« Pas un républicain n’a tenté de défendre le président sur le fond »

« Le travail de chaque personne à la Trump Organization est de protéger M. Trump » a-t-il poursuivi. « Tous les jours, la majorité d’entre nous savait que l’on allait mentir pour lui à propos de quelque chose. C’est devenu la norme, c’est exactement ce qui est en train de se passer dans ce pays, exactement ce qui est en train de se passer au gouvernement ».

L’atmosphère tendue, souvent électrique, de l’audition, a illustré jusqu’à la caricature la fracture partisane entre des Démocrates avides de revanche et des Républicains sur le pied de guerre. « Pas un républicain n’a tenté de défendre le président sur le fond » a noté l’ancien gouverneur républicain du New Jersey Chris Christie. « Je pense que cela devrait préoccuper la Maison-Blanche ».

Michael Cohen ne s’est pas contenté de qualifier son ancien employeur de « menteur », de « raciste » et d’« escroc », : il a produit des documents, en particulier les copies de deux chèques de 35 000 dollars reçus en 2017, l’un signé par Allen Weisselberg, directeur financier de la Trump Organization, et Donald Trump. Jr., l’autre signé par Donald Trump en personne.

Deux des onze versements effectués pour rembourser les 280 000 dollars versés pour acheter leur silence aux deux femmes assurant avoir eu une liaison avec le magnat de l’immobilier. Donald Trump était, selon son ex-avocat, au courant du montage financier concocté pour contourner la législation sur le financement des campagnes électorales et lui aurait ordonné de mentir à ce sujet. De même, le fils aîné du président, Donald Trump Jr et le directeur financier de l’entreprise Trump, Allen Weisselberg, auraient été impliqués dans l’organisation de ces paiements.

Des enquêtes de justice en cours à New York

Toujours selon Michael Cohen, les avocats du président ont préparé ses fausses déclarations devant le Congrès sur le calendrier des discussions avec les Russes autour de la construction d’une Trump Tower à Moscou, des négociations supervisées par Donald Trump, en toute connaissance de cause, jusqu’en juin 2016 et sur lesquelles le républicain a menti.

L’ex-avocat de Donald Trump n’a pas apporté de preuves sur une éventuelle collusion entre l’équipe de campagne du candidat républicain et la Russie, même s’il assure avoir « des doutes ». En revanche, Michael Cohen a suggéré que Donald Trump était informé de la rencontre entre des Russes et Donald Trump Junior, son gendre Jared Kushner, ainsi que son directeur de campagne Paul Manafort, en juin 2016 à la Trump Tower. Michael Cohen assure par ailleurs que Donald Trump a été prévenu par son conseiller Roger Stone que WikiLeaks allait sortir les courriels piratés du Parti démocrate et qu’il s’en est réjoui.

Michael Cohen a, par ailleurs, expliqué les techniques utilisées par Donald Trump pour gonfler ses avoirs et revenus quand il s’agissait d’obtenir des crédits et les sous-estimer pour réduire ses impôts, de même que ses méthodes pour assurer que des affaires compromettantes ne sortent pas. Enfin, et peut-être surtout, l’ancien homme à tout faire de Donald Trump a fait plusieurs fois référence aux enquêtes en cours du procureur fédéral du district sud de New York sur d’autres affaires touchant le président.

Radié du barreau, la veille de son audition, Michael Cohen sera auditionné, jeudi 1er mars, à huis clos par la commission du Renseignement de la Chambre des représentants. Sa dernière apparition publique avant de rejoindre une prison de l’État de New York, le 6 mai, pour purger sa peine.

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