MIRACLE ? Trois mois avant l’incendie de Notre-Dame, une équipe de vidéastes a pu l’immortaliser en réalité virtuelle 3D pour la première fois

Début 2019, des journalistes parisiens spécialisés dans le documentaire en réalité virtuelle ont eu la chance de filmer en 3D et en très haute définition la cathédrale parisienne de l’intérieur et de l’extérieur. Un travail qui pourrait s’avérer précieux dans la reconstruction de ce joyau partiellement parti en fumée dans la soirée du 15 avril 2019.

« On aurait préféré que nos images ne soient jamais aussi utiles que cela », regrette Victor Agulhon, co-fondateur de Targo, média basé dans le XXe arrondissement de Paris et spécialisé dans les contenus documentaires en réalité virtuelle. En janvier 2019, lui et son équipe achevaient le tournage exceptionnel d’un reportage immersif au sein de Notre-Dame de Paris, coproduit par la chaîne du groupe TF1 Histoire.


Au terme de quatre sessions de tournage successives, ils mettaient en ligne le mois suivant, en accès gratuit, un documentaire dont ils ne se doutaient pas à l’époque de la préciosité future. « Le film tourne autour de la figure de Patrick Chauvet, le recteur-archiprêtre de la cathédrale, qui s’avère être aussi un personnage incroyable. Il nous a ouvert les portes de Notre-Dame, un bâtiment qu’il vit, qu’il respire », nous confie Victor Agulhon.

Chloé Rochereuil, co-fondatrice de Targo, était derrière la caméra de novembre 2018 à janvier 2019, au cœur de l’édifice aujourd’hui en partie détruit par les flammes. Si elle n’avait malheureusement pas pu filmer à l’époque la fameuse « forêt », du nom de la charpente de bois monumentale du XIIIe siècle (en partie) et à l’heure actuelle intégralement détruite dans l’incendie, elle avait toutefois eu accès à des zones de la cathédrale, inaccessibles au public. Certaines d’entre elles ont désormais totalement disparues. « J’ai eu la chance inouïe de filmer les cloches, certaines zones de la toiture très proches de la flèche, mais aussi les nefs de façon très détaillée », raconte-t-elle. Des images qui revêtent un caractère tout particulier à l’heure où le toit de la cathédrale n’est plus.

Les seules vraies images en 3D de l’édifice

Le caractère exceptionnel de leur témoignage tient aussi aux moyens techniques déployés par Targo. Ils sont les seuls à avoir capturé des plans du bâtiment quasi-millénaire en 6K 3D, une très haute définition d’image, même si actuellement, les casques ne nous permettent que de visualiser la 4K. « Nous sommes aussi les premiers à avoir immortalisé l’édifice en stéréoscopie, une technologie de réalité virtuelle qui consiste à montrer aux deux yeux deux images différentes, et donc à donner cette sensation de 3D et d’immersion totale. »

Valeur historique, politique et mémorielle

Avec son film, Targo est conscient d’avoir figé dans le temps une réalité qui n’est plus, ou qui se veut désormais virtuelle. « On a conscience que ces images ont pris d’un seul coup une grande valeur historique et qu’elles serviront peut-être à se remémorer comment était Notre-Dame avant le drame. Ce que nous avons produit n’est pas de la modélisation, mais une capture de la réalité, avec ses proportions colossales, ses détails à foison… », se console Victor Agulhon. Lui et Chloé ont assisté, sous le choc, à l’incendie depuis les hauteurs du quartier de Belleville.

Pour l’instant, le duo ne sait de quelle façon son travail pourra être exploité scientifiquement, lorsqu’il s’agira d’entamer la reconstruction du bâtiment. « On imagine surtout pour le moment que le documentaire pourra être un outil de communication pour l’église quand il s’agira de lever des fonds. » Ce dont il est certain, en revanche, c’est qu’il contribuera dès aujourd’hui à ce devoir de mémoire nécessaire.

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