Pakistan : L’ancien président Musharraf condamné à mort par contumace

Mardi, la nouvelle résonnait dans toutes les radios à Islamabad, la capitale pakistanaise : Pervez Musharraf a été condamné à mort pour haute trahison. Fort heureusement pour lui, la sentence ne sera pas appliquée de sitôt.

L’ex-général de 76 ans est actuellement interné dans l’hôpital américain de Dubaï, où il est gardé sous surveillance pour des «complications cardiovasculaires», selon des informations relayées par son parti, la Ligue Musulmane de tout le Pakistan.

Cette condamnation à mort a pour cause «la décision qu’il a prise le 3 novembre 2007», a déclaré son avocat, Akhtar Shah. Ce jour-là, Pervez Musharraf avait déclaré l’état d’urgence dans le pays et suspendu la Constitution, au moment où son pouvoir était le plus contesté. Selon son avocat, l’ex-président «n’a rien fait de mal». Il a ajouté qu’il «voulait rentrer au Pakistan pour témoigner» mais attendait pour cela que «sa sécurité soit garantie»

Episode dictatorial

La fin d’année 2007, les Pakistanais s’en souviennent bien. L’autorité du président, installé de façon relativement calme depuis son coup d’Etat en 1999, était de plus en plus remise en cause, notamment par le «mouvement des avocats». Ce soulèvement populaire s’était créé en réaction à la destitution de juges aux hautes cours et à la Cour suprême du Pakistan. Le mouvement dénonçait également la concentration des pouvoirs de président et de chef de l’armée en la personne de Musharraf.

Au moment où il a décidé de suspendre la constitution, il a invoqué «la défense de l’unité nationale face au terrorisme islamiste» et l’opposition de la Cour suprême, qui devait se prononcer sur la légalité de sa réélection un mois plus tôt. Quelques semaines plus tard, l’épisode dictatorial était terminé, mais cette mesure très impopulaire a fini par causer sa chute en 2008.

Il n’a pourtant pas quitté ses fonctions sans un dernier éclat. A deux semaines des élections législatives, la cheffe du Parti du peuple pakistanais (PPP) qui risquait de devenir sa rivale dans la course au pouvoir, Benazir Bhutto, était assassinée dans un attentat-suicide lors d’une réunion politique. Les yeux se sont alors rapidement tournés vers le président sortant pour l’accuser d’assassinat politique, et les enquêtes pour trahison se sont multipliées. Après avoir perdu les élections, il a vite quitté le pays, alternant ses retraites entre Londres et Dubaï.


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