Passage à l’heure d’été ce dimanche en France : Conséquences sur le coronavirus ?

Coronavirus ou pas, dans la nuit de samedi à dimanche, on avance la petite aiguille d’un cran. Un changement qui interroge certains spécialistes sur d’éventuels effets sur le sommeil, en pleine période de confinement.

Une heure de sommeil de perdue, mais une heure de lumière de gagnée. Ce dimanche 29 mars 2020, il faudra avancer ses montres d’un cran : le moment est venu du traditionnel – et néanmoins contesté – changement d’heure semestriel. À 2 heures du matin, il sera donc 3 heures en France, sauf en Outre-mer, où l’heure ne change jamais.

Nul doute que ce passage à l’heure d’été ne sera pas vécu comme les autres. Alors que les Français sont confinés depuis le 17 mars 2020, il n’y aura pour beaucoup d’entre eux pas de retour au travail ce lundi. C’est donc en restant chez soi qu’il faudra veiller à adapter son horloge biologique.

Comme chaque dernier week-end de mars, la petite aiguille avancera d’une heure sur le cadran samedi pour se caler à l’heure d’été. Une heure de sommeil en moins, une heure de jour supplémentaire en soirée, quelle importance en plein confinement et dans le contexte sanitaire actuel lié à l’épidémie due au coronavirus ? Pourtant, ce léger ajustement n’est pas sans conséquence…

Claire Leconte, professeure de psychologie de l’éducation, chercheuse spécialiste des rythmes en chronobiologie de l’enfant et de l’adolescent, pointe notamment les risques liés au dérèglement du sommeil : « Avec le confinement, je suis persuadée que beaucoup ont perdu la notion du temps. Le risque est qu’ils ne prennent pas en compte le changement d’heure, qu’ils laissent dériver les heures de lever et de coucher. Or, notre nuit de sommeil n’est pas un train qu’il est possible de décaler dans sa globalité sans conséquence. »

Le risque est réel à se coucher tard, y compris pour la santé. « Comme on a l’habitude de décaler l’heure d’endormissement le soir, à cause de la télé ou de la tablette, poursuit Claire Leconte, on supprime la partie du temps de sommeil consacrée à la régénération du système immunitaire. Celui-là même qui lutte contre les bactéries, microbes et autres virus… »

Mieux vaut éviter un changement de rythme brutal

Pour vivre au mieux ce changement de rythme, plus qu’une modification brutale des habitudes, le mieux reste d’être à l’écoute de son corps et de ses signaux de fatigue, nous conseillait cet automne Gwénaëlle Grimoin, sophrologue spécialiste du sommeil à Rennes. « Dès qu’on a les yeux qui piquent, qu’on bâille, que le cerveau n’est plus aussi actif qu’à son habitude ou qu’on ressent des tensions dans la nuque, je conseille d’aller rapidement se coucher. Cette phase dure de 10 à 20 minutes. Passé ce premier train du sommeil, il faudra attendre de 90 à 120 minutes. Donc il ne faut pas attendre et filer au lit. Sinon, on risque un mini jet lag. »

Le risque, si l’on n’y fait pas suffisamment attention, est de développer des troubles du sommeil. En particulier chez les enfants et les personnes âgées. Pour eux, je conseille de ne rien changer ce samedi soir. Dans les jours à venir, les adapter progressivement, en fixant l’heure d’extinction des feux 45 minutes puis trente minutes en décalé de l’heure habituelle, ajoute la sophrologue.

La spécialiste invite donc à encadrer les enfants et les adolescents : « Il faut qu’ils lâchent un peu les écrans, sur lesquels ils sont déjà beaucoup pour le travail scolaire. Peut-être peuvent se tourner vers les BD, les jeux classiques, etc. J’ai aussi beaucoup de retours d’enfants qui se couchent à des heures anormales. Il est possible de fixer du papier noir sur les fenêtres si on a n’a pas de rideaux occultant. » Quant aux personnes âgées, il faut les aider à avancer chez elles les pendules qui ne le feraient automatiquement, afin d’éviter des situations de détresse relatives à des livraisons de repas, des soins ou des visites.


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