Polémique sur l’euthanasie de Noa Pothoven, une néerlandaise de 17 ans décédée

Une adolescente néerlandaise de 17 ans, est décédée dimanche 2 juin. Elle souffrait d’anorexie et dé dépression. Certains médias français et internationaux se sont jetés sur l’information en parlant d’euthanasie. Or, elle n’était pas tout à fait exacte.

Noa Pothoven, une Néerlandaise de 17 ans, n’a pas obtenu l’euthanasie aux Pays-Bas, mais, anorexique, elle s’est laissée mourir après des années de souffrances psychologiques.

Une correspondante de l’hebdomadaire « Politico Europe » a signalé la fake news sur son compte Twitter. Elle explique avoir contacté Paul Bolwerk, le journaliste qui a suivi l’affaire pour le journal néerlandais « De gelderlander » et a rétabli les faits. Dans la série de tweets ci-dessous, elle raconte : « Noa a demandé une euthanasie qui a été refusée. […] Elle a fait plusieurs tentatives de suicide ces derniers mois. […] Début juin elle a commencé à refuser tous les fluides et la nourriture, et ses parents et les médecins ont accepté de ne pas la forcer à se nourrir ». « La décision de passer aux soins palliatifs et de ne pas forcer l’alimentation à la demande du patient n’est pas de l’euthanasie », écrit-elle.


Contacté par « l’Obs », le journaliste Paul Bolwerk confirme : « Tout ce que je peux dire c’est que Noa ne voulait plus vivre. Il y a un peu plus de dix jours elle a arrêté de boire et de manger. Elle a bénéficié de soins médicaux. Et dimanche, elle est décédée. »

« C’est fini. Cela fait longtemps que je ne suis plus véritablement vivante, je survis, et encore. Je respire mais je ne vis plus. » C’est avec ces mots publiés dans un post Instagram la semaine dernière que Noa explique sa décision de se laisser mourir et demande à ce que l’on n’essaie pas de la dissuader. Mais il n’est pas question d’euthanasie.

« L’amour, dans ce cas-là, c’est me laisser partir. Je vais aller droit au but : dans un délai maximum de dix jours, je serai morte. Après des années à me battre, je suis épuisée. J’ai arrêté de manger et de boire depuis un moment maintenant, et après de nombreuses discussions et évaluations, nous avons décidé de me laisser partir parce que ma souffrance est insurmontable. »

Stress post-traumatique et anorexie

Dans un livre autobiographique publié l’année dernière et intitulé « Gagner ou apprendre », Noa racontait avoir été abusée sexuellement, et cela à plusieurs reprises. À 11 et 12 ans lors de fête entre enfants, mais également à l’âge de 14 ans, par deux hommes, dans la rue. Ces viols auraient causé l’apparition d’un stress post-traumatiques et de troubles du comportement alimentaire. Elle souffrait d’anorexie.

Dans sa biographie, Noa explique qu’elle revivait cette peur et cette douleur tous les jours. « Je suis toujours effrayée, je suis toujours sur mes gardes. Et encore aujourd’hui, mon corps semble sale ».

En danger de mort à cause de son extrême maigreur, elle a été admise à l’hôpital et placée dans le coma pour être nourrie à l’aide d’une sonde.

Après plusieurs tentatives de suicide, elle a été admise de manière coercitive dans un hôpital psychiatrique. Elle raconte dans son livre à quel point ses moments ont été vécus comme une humiliation. « Je me sens presque comme une criminelle alors que je n’ai même jamais volé un bonbon dans un magasin. »

Une demande d’euthanasie refusée

Elle a fini par contacter la clinique de fin de vie de La Haye il y a un an et demi afin de solliciter une euthanasie, sans prévenir ses proches. Mais sa demande s’est vue refusée au motif (parmi d’autres) qu’elle était « trop jeune ». Dans un communiqué publié ce mercredi 5 juin, la clinique explique ne pouvoir faire aucune déclaration au sujet de la mort de Noa Pothovon, en raison de règles de confidentialité. Elle ajoute :

« Pour mettre fin aux informations erronées (dans les médias étrangers en particulier) sur sa mort, nous renvoyons à la déclaration faite cet après-midi par les amis de Noa: Noa Pothoven n’est pas morte d’euthanasie. Pour arrêter ses souffrances, elle a cessé de manger et de boire. La clinique de fin de vie traite exclusivement de l’euthanasie et le fait explicitement dans le cadre juridique. »

Sa mère a par ailleurs confié au quotidien néerlandais « De Gelderlander » qu’elle avait découvert tardivement le mal-être de sa fille. « Nous n’avons jamais eu de réponse véritable. Elle a nous a juste dit que sa vie n’avait plus de sens. Depuis seulement un an et demi, nous savons quel secret elle a gardé avec elle au fil des ans. »

Désespérés, ses parents ont alors pensé à un traitement par électrochocs, mais celui-ci a été refusé par les médecins en raison du jeune âge de Noa. C’est à partir de ce moment que l’adolescente a exprimé son souhait de ne plus subir de traitements. Un lit d’hôpital a alors été installé chez elle.

Au début du mois de juin, la jeune fille a commencé à refuser de se nourrir et de s’hydrater. Ses médecins ainsi que ses parents ont alors accepté de respecter cette décision et de ne pas la forcer. En décembre dernier, Noa confiait au journal néerlandais « De Gelderlander » vouloir la paix et « ne plus ressentir de douleur ». Sa sœur a annoncé son décès dimanche 2 juin.

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