Pour Marlène Schiappa, faire la grève du sexe c’est aussi se priver soi-même

La secrétaire d’État en charge de l’égalité femmes-hommes a indiqué, dimanche 12 mai sur Instagram, ne pas être d'accord avec la «grève du sexe» lancée par l’actrice américaine Alyssa Milano.

Marlene Schiappa, France's minister for gender equality, departs the ‘Tech For Good’ meeting at Elysee Palace in Paris, France, on Wednesday, May 23, 2018. A group of industry executives met with France’s President Emmanuel Macron to discuss how to use technology to improve people’s lives. Photographer: Christophe Morin/Bloomberg

La fronde vient de Hollywood. Alors que la Géorgie vient d’interdire les avortements dès lors que les battements du cœur du fœtus sont perceptibles, Alyssa Milano appelle les femmes à refuser toute relation sexuelle.

«Tant que nous les femmes, nous n’aurons pas le droit de disposer de nos corps, nous ne pouvons pas prendre le risque de tomber enceinte, a tweeté l’actrice américaine, à la pointe du mouvement #MeToo. Comme moi, abstenez-vous de toute relation sexuelle jusqu’à ce que nous retrouvions notre autonomie.»

En France, Marlène Schiappa ne voit pas d’un bon œil ce boycott. Sur Instagram dimanche 12 mai, la secrétaire d’État en charge de l’égalité femmes-hommes déclare : «Le sexe n’est pas un service que l’on rend à quelqu’un. Faire la grève du sexe c’est aussi se priver soi-même». Avant de poursuivre : «Menacer de grève du sexe en réaction aux régressions du droit à l’IVG (interruption volontaire de grossesse, NDLR) c’est comme nous punir nous-même une deuxième fois».

« Le droit à une sexualité libre »

Dans la suite de son message, Marlène Schiappa veut déculpabiliser les femmes, qui ont le droit d’éprouver du plaisir et des désirs. «Il est temps de considérer que les femmes aussi ont droit à une sexualité libre et épanouie et de cesser d’envisager la sexualité des femmes comme quelque chose qui aurait pour but d’être agréable pour… les hommes», écrit la ministre. Une chose est sûre : la «grève du sexe» divise.

Comme Alyssa Milano, plusieurs acteurs appellent à boycotter les États qui durcissent leur politique en matière d’accès à l’avortement. Parmi elles : Alec Baldwin, Don Cheadle, Ben Stiller, Mia Farrow ou encore Amy Schumer. Néanmoins, les grands studios se gardent bien de prendre position. Les réalisateurs Jordan Peele et J. J. Abrams ont, quant à eux, maintenu le tournage de leur nouvelle série Lovecraft Country en Géorgie. Mais préviennent qu’ils reverseront 100% de leurs droits à des associations luttant contre la nouvelle loi anti-avortement.

FAIRE UN COMMENTAIRE

SVP faire un commentaire !
SVP entrer ici votre nom