Pour Omar Sy, le film Yao «montre le Sénégal de 2018»

Tourné au Sénégal, « Yao » a été projeté pour la première fois au monde ce dimanche 9 décembre à Saint-Louis. « Yao » est le prénom d’un jeune garçon de 11 ans, admirateur du personnage joué par Omar Sy.

L’acteur français incarne un auteur et comédien venu de Paris en promotion au Sénégal. Yao le conduit dans un voyage sur les routes du pays. Omar Sy a répondu aux questions de RFI à Saint-Louis, quelques minutes après cette première projection.

RFI : Pourquoi avez-vous décidé de venir ici à Saint-Louis pour présenter Yao pour la première fois ?

Omar Sy Parce qu’on a notre acteur Lionel Basse qui est de Saint-Louis, donc c’était un peu une projection familiale pour lui, pour le présenter à sa famille, à lui. Il y a aussi une grande partie de l’équipe qui était de Saint-Louis, donc c’était aussi pour leur montrer. Et on a tourné aussi à Saint-Louis donc ça faisait plusieurs bonnes raisons de commencer par Saint-Louis.

Les réactions dans la salle vous ont surpris, amusés, étonnés ?

C’était juste hyper agréable de voir le film avec le public pour la première fois. Et surtout un public sénégalais puisque le film parle de Sénégal et montre le pays. Il y avait cette envie et ce besoin de ne pas trahir et de voir qu’ils adhéraient au film qu’ils rentraient dedans, c’était hyper agréable et très rassurant pour nous parce qu’une première projection, c’est toujours un peu stressant. Mais c’est un bon début.

Dans le film, vous incarnez Sédouta. Le personnage, c’est un acteur. Il a à peu près votre âge. Il est à la recherche de ses origines au Sénégal. On peut dire que ce rôle, il a été écrit pour vous quand même ?

Oui, complètement. Bien sûr, il a été complètement écrit par Philippe Godot et Agnès de Sassy pour moi et avec beaucoup de consultations, c’est-à-dire qu’on a beaucoup discuté par rapport à ce personnage. On a essayé de lui trouver les points communs qu’il fallait pour bien démarrer l’histoire. Mais il y a aussi énormément de différences : lui découvre ses origines assez tardivement, alors que moi j’avais pour habitude de venir souvent au Sénégal.

Le film est dédié à vos deux pères : le père du réalisateur et votre père également. Ça parle aussi de vous ce film.

Ce n’est pas mon histoire, clairement pas mon histoire. Mais non, la dédicace à mon père vient du fait que c’est un film qui parle de racine, qui parle de transmission, qui parle de paternité. Dans cette histoire, il y avait aussi et dans la manière d’approcher, de discuter ce film beaucoup de référence aux pères que nous sommes et aussi aux fils que nous sommes donc forcément nos pères y prennent part.

On vous sent quand même en retenue dans le jeu. Est-ce que ça a été travaillé ça aussi ?

Ouais, plutôt dans ce temps-là. Plus dans la retenue, plus dans la réception comme le personnage de toute façon est hyper-réceptif à tout ce qu’il lui arrive dans un rythme un peu différent. Ça, c’était une volonté de Philippe donc on a travaillé dans ce sens-là.

Il y a, je trouve, ce contraste entre une Afrique très traditionnelle et une Afrique assez moderne. C’est important de jouer ce contraste ?

Ce dont je suis sûr, c’est que la volonté et pour moi aussi, c’était de raconter une vraie réalité et de raconter une Afrique moderne. On est en 2018, on ne peut pas, on ne voulait surtout pas être dans le cliché ou dans des images un petit peu de déjà vu ou dans des formes de trucs un peu classiques. On voulait être très authentique. Et en 2018, le Sénégal est le Sénégal de 2018. Les choses évoluent, donc c’était important de ne pas se rater là-dessus.

Le personnage est comme un étranger au Sénégal. Et vous, quel est votre rapport avec le Sénégal ?

Le Sénégal, j’essaye de venir assez fréquemment. J’avais fait une bonne coupure et je suis revenu pour le tournage après presque huit ans. Ça avait fait une grosse séparation, je n’avais jamais fait aussi long de toute ma vie donc c’était assez particulier de revenir, de rester pendant deux mois, de travailler ici. C’était de très bonnes retrouvailles, j’étais content de revenir quelques mois plus tard. Et je voulais essayer de garder cette fréquence-là. Mais ouais, je suis très attaché parce que j’ai de la famille ici, j’ai des amis ici, j’ai des souvenirs ici. Et maintenant, j’ai de nouveaux amis, j’ai aussi les souvenirs de ce film.

Quelle a été la relation avec ce jeune qui n’est pas un acteur professionnel sur le tournage ? Est-ce que vous l’avez formé sur le tournage ?

Ce n’était pas mon rôle ça. Il y avait Philippe qui était là et puis en tant que partenaire évidemment, dans certaines scènes on soutient, on essaye de guider aussi. C’est un garçon intelligent. Il comprend vite et il a une bonne observation et une bonne observation des choses. Et puis c’est un enfant, les enfants, ils ont quand même une certaine facilité pour le jeu et quand ils sont malins comme il l’est lui, il y a quelque chose d’assez pur chez les enfants je trouve spécialement chez lui. Donc c’est très agréable de l’avoir comme partenaire.

Il vous a impressionné ?

Impressionné, ce n’est pas le mot, mais c’était très agréable. Il est quand même surprenant. Impressionné je ne sais pas si c’est le mot. Il a quand même quelque chose de fort et c’était agréable.

A qui est destiné ce film ? Est-ce que c’est un film pour le marché sénégalais ou est-ce que c’est aussi pour le marché français ? Comment avez-vous essayé de faire dialoguer ces deux cultures-là ?

C’est un film justement où l’on n’a pas essayé de différencier qui que ce soit. C’est un film qui doit être universel parce que les valeurs qu’il porte le sont, selon nous. Il est destiné au monde pour nous.

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