Présidentielle en Roumanie : Le président sortant Klaus Iohannis l’emporte !

Romanian President Klaus Iohannis, right, waves next to Romanian prime minister Ludovic Orban, after exit polls were published, in Bucharest, Romania, Sunday, Nov. 24, 2019. An exit poll by the IRES independent think tank showed Iohannis getting 66.5 % of the votes, with 33.5% for Social Democratic Party leader Viorica Dancila, a former prime minister. (AP Photo/Vadim Ghirda)

Le président de centre-droit sortant Klaus Iohannis l’emporte avec 63 % des voix face à la candidate sociale-démocrate Viorica Dancila.

Après trois ans au gouvernement, le Parti social-démocrate (PSD) roumain a été lourdement sanctionné par les électeurs au deuxième tour des élections présidentielles qui se sont tenues dimanche 24 novembre. Viorica Dancila, ancienne première ministre, a obtenu à peine 37 % des voix, selon des résultats provisoires. Pour cette formation qui domine la vie politique nationale de façon quasi continue depuis la révolution de 1989 et sort de trois années de pouvoir agitées, c’est un lourd désaveu. Jamais un candidat du PSD n’avait obtenu de score aussi faible à une présidentielle.

Face à elle, le président sortant Klaus Iohannis, 60 ans, est largement réélu pour un second mandat de cinq ans. Si sa victoire était acquise, son ampleur vient clore une cohabitation tendue entre ce chef d’Etat de centre-droit et un gouvernement de gauche qui avait pris des accents souverainistes et multiplié les réformes pour affaiblir la lutte anti-corruption, sous les vives critiques de la rue et des institutions européennes. « La Roumanie moderne, la Roumanie européenne, la Roumanie normale a gagné aujourd’hui », a salué Klaus Iohannis depuis le siège de sa formation, le Parti national libéral (PNL).

90 % de soutien parmi la diaspora

Avec son calme habituel, ce président d’origine allemande a à peine célébré devant quelques dizaines de partisans cette victoire pourtant historique. « Il y a beaucoup de choses à réparer », a-t-il déclaré, avec à ses côtés le nouveau premier ministre Ludovic Orban, qui a réussi à renverser Viorica Dancila en octobre, en profitant des divisions de la gauche.

Un pays qui change

Durant ses presque trois années de cohabitation houleuse avec la gauche, Klaus Iohannis s’est livré à une guerre d’usure pour entraver la réforme du système judiciaire. 

Les prérogatives du président de la République lui permettent de jouer un rôle déterminant dans le domaine des Affaires étrangères et d’émettre un avis sur la nomination des hauts magistrats du parquet et des ministres. 

Egalement décriée par la Commission européenne, la réforme de justice a coûté au PSD plus d’un million de voix, estime le sociologue Alin Teodorescu. 

Les sociaux-démocrates ont même perdu en popularité dans leurs bastions de la campagne. L’émigration et l’accès à internet, qui ont permis aux Roumains de découvrir l’Europe de l’ouest, ont modifié leurs préférences électorales, au détriment du PSD, explique l’anthropologue Vintila Mihailescu.

Au premier tour il y a deux semaines, Mme Dancila avait recueilli moins de 3% des voix parmi l’importante diaspora roumaine. Quelque quatre millions de Roumains vivent à l’étranger, l’entrée du pays dans l’UE en 2007 ayant accéléré l’émigration d’une population à la recherche de meilleures conditions de vie.

“Les partis politiques devront offrir quelque chose de tangible à ces Roumains de la diaspora qui ne pourront plus être achetés avec des cadeaux électoraux. Ils veulent des autoroutes, des services médicaux de qualité pour leurs familles restées au pays”, souligne le sociologue Sebastian Lazaroiu.

Septième pays le plus peuplé de l’Union européenne avec 19,4 millions d’habitants, la Roumanie affiche de profondes disparités entre les centres urbains, dont le niveau de vie se rapproche des standards européens, et les zones rurales, parmi les plus pauvres du continent. Près d’un Roumain sur deux vit à la campagne. 

Ces dernières années, la Roumanie a enregistré de forts taux de croissance économique (7% en 2017 et 4,1% en 2018), dopée par des hausses des retraites et des salaires dans le secteur public octroyées par le PSD. Mais ces largesses ont suscité l’inquiétude de l’UE et du Fonds monétaire international (FMI), qui ont mis en garde contre une explosion du déficit.


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