Prévention des sinistres : Le gouvernement veut la généralisation de l’assurance agricole à partir de 2018

L’assurance agricole est déterminante pour aider les cultivateurs à faire face aux sinistres et aux effets des changements climatiques. D’où l’objectif du gouvernement sénégalais de travailler à sa généralisation.

Le gouvernement du Sénégal veut généraliser l’assurance agricole dès 2018. La cheville ouvrière de l’Etat en la matière est la Compagnie nationale d’assurance agricole du Sénégal (Cnaas). Cette structure, en collaboration avec le Programme alimentaire mondiale (Pam), a tenu, hier, un atelier sur l’assurance indicielle au Sénégal. Lors de cet atelier, les acteurs ont fait le bilan de la mise en œuvre de l’assurance agricole considérée comme « un investissement important pour assurer la résilience des agriculteurs et producteurs face aux effets des changements climatiques ».
Moustapha Fall, directeur général adjoint de la Compagnie nationale d’assurance agricole du Sénégal (Cnaas), assure que ladite structure dont l’Etat détient les 36 % des actions est inscrite dans l’objectif du chef de l’Etat de généraliser l’assurance agricole dès 2018. « On a démarré l’assurance indicielle entre 2011 et 2012 avec la Banque mondiale, mais on est passé à un niveau supérieur avec le Programme alimentaire mondiale (Pam) depuis 2013 », estime Moustapha Fall. « Le programme national d’assurance indicielle fait son chemin ; le gouvernement compte sur ce programme pour faire face aux chocs climatiques et aux calamités extrêmes en vue de consolider et de sécuriser les revenus des petits producteurs et des ménages », ajoute M. Fall. « Nous devons faire un passage en échelle et nous devons compter sur l’assurance indicielle pour y parvenir », poursuit-il. Le directeur général adjoint de la Compagnie nationale d’assurance agricole du Sénégal indique que cette assurance génère un chiffre d’affaires d’un milliard de FCfa. La généralisation de l’assurance agricole permettra de toucher l’ensemble des producteurs et des filières stratégiques sont déjà identifiées dans le Plan Sénégal émergent pour permettre aux producteurs de sécuriser leurs revenus.

90 millions de FCfa payés aux producteurs entre 2014 et 2016
Le gouvernement sénégalais peut compter sur le soutien sans faille du Pam qui en a fait une priorité « pour lutter contre l’insécurité alimentaire et la pauvreté ». Son représentant-résident, Guy Adou, a rappelé que sa structure et le Sénégal sont en partenariat depuis 2013 pour renforcer l’assurance indicielle qui permettra de développer l’assurance dans le secteur agricole. Selon Guy Adou, 7.550 producteurs ont pu être assurés en 2016 dans les régions de Kolda, Tambacounda et Kaffrine à travers l’approche assurance par le travail. Au cours de cette même année, plus de 100 participants à l’initiative 4R (réduction des risques, transfert des risques, prise de risque calculée et réserves contre les risques) ont payé volontairement en cash la prime d’assurance. 840 producteurs membres d’organisations paysannes, encadrés par le Programme d’appui au développement agricole et à l’entreprenariat rural (Padaer), ont été assurés avec l’appui du Pam. Le représentant-résident du Pam souligne que quelque 20.000 producteurs ont été assurés et 5.350 producteurs indemnisés sur la même période.

Entre 2014 et 2016, les producteurs agricoles ont été indemnisés pour 90 millions de FCfa. Un groupe technique sur l’assurance des risques a même été créé pour renforcer les compétences et aller vers la généralisation de l’assurance agricole. L’administrateur général de la mutuelle panafricaine de gestions des risques (Arc), Massamba Diop, a insisté sur la sensibilisation des agriculteurs car, à son avis, « même si le Sénégal subventionne 50 % de l’assurance agricole », les producteurs continuent de faire face aux risques liés aux changements climatiques. Il salue la détermination du Sénégal qui fait partie des 5 premiers pays à ratifier l’accord de l’Arc.

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