Qui est Jessica Edosomwan, la fugitive “vaudou” la plus recherchée de France ?

Jessica Edosomwan est recherchée depuis 2017 dans le cadre d’une vaste enquête sur un réseau de proxénétisme nigérian démantelé dans le sud-est de la France. Il s’agit de l’une des fugitives les plus recherchées par Europol, qui lance sa nouvelle campagne Europe’s Most Wanted, destinée à mettre la lumière sur cette affaire afin de recueillir des informations.

La femme la plus recherchée en France, l’un des 18 visages des “Most wanted criminals” d’Europol, c’est elle. Jessica Edosomwan est une Nigériane mise en cause dans une affaire de traite des êtres humains et proxénétisme aggravé. Âgée de 26 ans, Jessica Edosomwan est la seule personne manquante dans cette tentaculaire affaire jugée à Lyon le mois prochain.

L’agence européenne de police criminelle lance un appel ces jours-ci pour la retrouver. En tout, 26 personnes ont été arrêtées et mises en examen dans le démantèlement d’un énorme réseau de prostitution contrôlé par un pasteur nigérian vivant à Montpellier, qui exploitait une soixantaine de femmes en France. Elles ont depuis été prises en charge par des associations.

Jessica Edosomwan était une “mama” de ce réseau, explique Jacques Croly Labourdette, patron de la brigade nationale de recherche des fugitifs (BNRF). La “mama”, “s’occupait des filles” mais avait aussi pour mission de prospecter au Nigéria pour trouver de nouvelles recrues. Celles-ci étaient acheminées en France clandestinement, via la Libye.

Des prostituées soumises à un “rite vaudou”

Arrivées en France, elles se voyaient assigner une dette de 50 000 à 60 000 euros et devaient se prostituer à Lyon, Nîmes ou Montpellier dans des camionnettes. Pour assurer leur emprise, les proxénètes menaçaient les prostituées de représailles sur leurs familles au pays.

Elles étaient également soumises à un “rite vaudou”, le “juju”, qui était “terrible pour elles, bien plus que les menaces”, selon le patron de la BNRF. Jessica Edosomwan s’occupait aussi du transfert et du blanchiment d’argent au Nigéria. En lançant cet appel à témoins via les “Most wanted” d’Europol, les enquêteurs français espèrent obtenir de nouveaux renseignements. La jeune femme pourrait en effet se trouver au Bénélux, en Italie ou en Allemagne où

Une filière nigériane implantée durablement

Lors du premier coup de filet des enquêteurs de l’Office central pour la répression de la traite des êtres humains (OCRTEH) en septembre 2017, 16 premières personnes avaient été arrêtées à Lyon, au Havre, à Nîmes mais aussi au Portugal et en Italie.

Après 15 mois d’enquête, les policiers avaient estimé que l’argent récolté par le réseau, entre 100 000 et 150 000 euros par mois, repartait très rapidement vers le Nigeria. La “tête de réseau”, le pasteur, possédait également plusieurs biens immobiliers à Lyon et au Nigeria, selon une source policière. 

Dans son rapport annuel présenté en juillet, le service de renseignement criminel de la police nationale constatait “l’implantation durable des filières étrangères: Nigeria, Roumanie, Chine et Brésil” dans la prostitution en France.

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