Rappel à Dieu d’El hadj Ibrahima Niass de Léona Niassène : Cheikh Amet Tidiane Niass « Khoumaima », nouveau khalife

Rappelé à Dieu, tard dans la soirée du jeudi, El Hadji Ibrahima Niass, le khalife de Léona Niassene, a été inhumé, hier, dans l’enceinte de la grande mosquée éponyme, au cours d’une cérémonie religieuse empreinte de ferveur. C’est son frère cadet, Cheikh Amet Tidiane Niasse « Khoumaima » qui a été intronisé à la tête de cette famille religieuse très présente dans la Sénégambie.

La cité de Léona Niassene, en plein centre-ville de la commune de Kaolack, a refusé du monde hier, à l’occasion des obsèques du khalife général de foyer religieux rappelé à Dieu dans la nuit du jeudi au vendredi 10 novembre dernier. Connu pour son érudition et son esprit d’ouverture, le défunt a été accompagné dans sa dernière demeure par une foule de fidèles et d’autorités religieuses dont le khalife de Médina Baye, Cheikh Amet Tidiane Niass et l’imam ratib de cette cité religieuse, Cheikh Amet Tidiane Aly Cissé, et plusieurs dignitaires de la région et du pays.

Un parcours spirituel mis en exergue à travers différents témoignages de ses proches, des autorités administratives et politiques de la région de Kaolack. Tous ont rappelé son éducation religieuse initiée par son père, Mame Khalifa, qui a pris le relais du fondateur de cette famille religieuse, El Hadj Abdoulaye Niass, puis poursuivie sous le giron de son homonyme, El Hadj Ibrahima Niasse dit « Baye ». Lors du rappel à Dieu en 1959 de son vénéré père, Mame Khalifa, il avait surpris son monde en rassurant les fidèles et ses frères en leur rappelant les enseignements de ce dernier sur l’exemple du prophète Mouhamed (Psl) dont la mort avait jeté l’émoi sur la communauté islamique et qui  a été gérée au mieux de l’Islam.

Son frère, Ahmet Khalifa Niass, la voix étreinte par l’émotion raconte son enfance à ses côtés et son souci de prendre tous ses proches sous son aile, y compris ceux qui étaient plus âgés que lui. Edile de la ville de Kaolack, le ministre de la Fonction publique, Mme Mariama Sarr, a rappelé, pour sa part, l’œuvre de sa vie : la construction de la grande mosquée qui a occupé plus de 40 ans de sa vie. « Lors de nos rencontres, je lui demandais ses préoccupations. Il me disait invariablement qu’il en avait trois: 1- la grande mosquée ; 2- la grande mosquée ; 3- la grande mosquée », a-t-elle déclaré.

Des témoignages posthumes qui ont précédé l’inhumation du 4ème khalife de Léona Niassène dans un caveau devant la grande mosquée qu’il a contribué à bâtir avec le soutien du programme de modernisation des cités religieuses. A noter que plusieurs personnalités religieuses et politiques ont assisté aux obsèques. Entre autres, l’imam de la mosquée de Léona Kanène, Taqui Kane, Imam Cheikh Tidiane Aly Cissé de Médina Baye, El Hadj Bachir Niass, porte-parole du khalife Cheikh Amet Tidiane Niass. Mais également, l’ancien Premier ministre, Souleymane Ndéné Ndiaye, le ministre de la Fonction publique et maire de Kaolack, Mme Mariama Sarr, le président du groupe Walf Fadjr et son frère Ahmet Khalifa Niass (frères du défunt).

Ensuite, Cheikh Ahmet Tidiane Niass, familièrement appelé « Cheikh Khoumaima » a été intronisé pour lui succéder au khalifat de ce foyer religieux bien présent au Sénégal et en Gambie.

Les habitants attristés par le décès du khalife de Léona Niassène
Les habitants du quartier de Léona Niassène (Kaolack, centre) sont attristés par le décès du khalife El Hadji Ibrahima Niass, qu’ils considèrent comme « un grand combattant de l’Islam ».

Le khalife de Léona Niassène, El Hadji Ibrahima Niass, a été rappelé à Dieu jeudi aux environs de 23 heures, à son domicile de Kaolack (centre), des suites d’une longue maladie. « Nous avons perdu un érudit d’une dimension exceptionnelle.
El Hadji Ibrahima Niass nous guidait toujours dans le droit chemin. Il fut un des rares khalifes généraux qui prenait ses responsabilités quand le pays faisait face à des périodes difficiles », a témoigné El Hadji Daniel So, habitant de Léona Niassène. Le défunt khalife a été « une référence » pour la communauté Niassène et « il le sera toujours », a ajouté M. So. Selon lui, « il ne lésinait pas sur les moyens lorsqu’il s’agissait de servir l’Islam. Il fut un grand combattant ». « Léona Niassène a perdu un grand-père bien aimé.

C’est une grande perte pour le Sénégal et particulièrement pour Léona Niassène », a, pour sa part, dit Babacar Sall, talibé du défunt marabout. Il a rappelé que « El Hadji Ibrahima Niass a passé tout son temps à enseigner les préceptes de l’Islam et à inviter les jeunes au travail et à l’apprentissage ». « Le Sénégal a perdu un grand homme. Léona ne cessera de pleurer son khalife. C’est un homme multidimensionnel », a témoigné Sall, les larmes aux yeux. « Nous sommes très attristés. Mais nous nous remettons à Dieu. Il aimait ses talibés et leur vouait beaucoup de respect. Léona entier avait des rapports de bon terme avec le marabout », a soutenu un autre disciple, Mouhameth Dione.

El hadji Ibrahima Niasse qui avait remplacé à la tête de la communauté Niassène de Léona, son frère, El hadji Omar Niass, est décédé à l’âge de 85 ans.
Le défunt, qui a été pendant des années l’imam de la grande mosquée de Léona, a supervisé les travaux de sa rénovation et de construction de l’esplanade qui entrent dans le cadre du programme de modernisation des cités religieuses.

Le Soleil

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