Selon « The Economist » un journal britannique : « Le Sénégal n’est plus la démocratie qu’il était depuis l’accession de Macky Sall au pouvoir »

Le célèbre magazine britannique « The Economist » , l’un des hebdomadaires de référence à l’échelle mondiale, ciblant une population hautement éduquée, a sortit un article sur les prochaines joutes électorales du Sénégal. Il a retracé le parcours du chef de l’état sénégalais Macky Sall. Et selon le journal britannique édité à 1 500 000 exemplaires, le Sénégal n’est plus la démocratie modèle tant chantée depuis ces dernières années. 

Samarew infos a tenté de reprendre l’article dont la version originale est en anglais et le titre a été modifié :

Plusieurs fois par semaine, la police sénégalaise bloque les routes de Dakar pour faire passer des cortèges de 4×4. Le temps des élections est arrivé et Macky Sall, président actuel, n’a pas de temps à perdre dans les embouteillages monstrueux de la capitale sénégalaise pour aller inaugurer des projets d’infrastructures ou participer à des réunions dans de somptueux hôtels de Diamniadio.

Il ne veut pas qu’on le perturbe dans sa course vers un second mandat. Lui c’est Macky Sall le président du Sénégal et candidat à sa propre succession aux élections du 24 février prochain. Bien que le Sénégal ait évité les pires scénarios de corruption – sans parler de coup d’État et de guerre civile – qui ont sévi dans son voisinage immédiat, ce n’est pas vraiment la démocratie modèle qu’il était depuis l‘accession de Macky Sall.

L’année dernière, le gouvernement a présenté un projet de loi qui rendait difficile la candidature à la présidentielle. Des milliers de personnes ont protesté contre cet acte qui, en réduisant le nombre de candidats, était largement considéré comme un moyen d’améliorer les chances de Macky Sall de remporter par plus de 50% des voix et d’éviter ainsi un second tour.

Effectivement, le 14 janvier, la Cour constitutionnelle a publié la liste des candidats considérée la plus courte depuis ces trois dernières décennies, avec seulement cinq noms. Et les deux challengers les plus menaçants pour M. Sall, l’ancien maire de Dakar, Khalifa Sall et et le fils de l’ancien président, Karim Wade, ont été disqualifiés pour avoir été condamnés pour fraude et corruption. De nombreux sénégalais pensent que les accusations étaient motivées par des considérations purement politiques. «C’est une mauvaise démocratie», a déclaré Alioune Tine, ancien directeur régional d’Amnesty International, un groupe de défense des droits humains. Aucun des candidats restants ne semble assez puissant pour imposer un second tour au cours duquel, avec une opposition unie, ils auraient pu renverser le président sortant.

Pourtant, deux se démarquent encore. Ousmane Sonko est un ancien inspecteur des impôts qui a pris du gallon lorsqu’il a publié un livre dénonçant la corruption autour des découvertes de gaz au Sénégal. L’appel de feu de M. Sonko à l’abandon du franc CFA, qui est rattaché à l’euro, pourrait toucher les jeunes électeurs. Mais il fait campagne avec un budget restreint et est à peine connu. L’autre candidat notable est Issa Sall, soutenu par la confrérie Tijaniyyah et suivi par de nombreux électeurs conservateurs.

Le président, en revanche, a mis tous les avantages de son côté pour être réélu. Il a remporté les élections en 2012 contre Abdoulaye Wade, dont le mandat avait été entaché d’allégations de corruption et qui avait suscité de vives protestations lorsqu’il avait contourné la Constitution pour pouvoir briguer un troisième mandat. Bien qu’il ait impopulaire parmi les électeurs des zones urbaines, Macky Sall a de nombreux électeurs qui lui sont favorables en milieu rural, où son gouvernement a construit des routes et pistes et amélioré l’accès à l’eau.

Les rues de Dakar sont bordées d’affiches de campagne du président Macky Sall. Dans l’une d’elles on le voit à côté de la nouvelle autoroute menant à la ville sainte de Touba, une manière de charmer l’électorat Mouride, la plus puissante confrérie musulmane du Sénégal. Sur une autre affiche, on le montre à côté du stade omnisport sise à Diamniadio, une nouvelle ville futuriste destinée à alléger la pression démographique de Dakar. En regardant toutes ses affiches, on peut penser qu’il est sûr de remporter les élections de février 2019 sans grande perturbation.

Source : THE ECONOMIST (article original en anglais)

PARTAGER

FAIRE UN COMMENTAIRE

SVP faire un commentaire !
SVP entrer ici votre nom