Sénégal : Adama Gaye va porter plainte contre le Ministre de la Justice au tribunal de Paris

Après avoir révélé que le ministre de la justice au Sénégal, Malick Sall, a une nationalité française, le journaliste Adama Gaye a décidé de porter plainte contre lui pour «abus de pouvoir» au tribunal de grande instance de Paris. L’ex-chroniqueur de Jeune Afrique était l’invité de l’émission Grand Jury sur la Rfm.

Selon l’écrivain, le Tribunal de grande instance de Paris est une juridiction habilitée à juger les actes commis par Me Malick Sall « qui est de nationalité française », si l’on en croit Adama Gaye. 

« Une plainte avec constitution de partie civile va être déposée contre Me Malick Sall au Tribunal de grande instance de Paris. J’ai instruit mes avocats pour porter plainte contre le ministre de la Justice que je connais depuis une quarantaine d’années et qui est de nationalité française », a dit le journaliste actuellement exilé au Caire, en Égypte. 

Pour rappel, Adama Gaye reproche au ministre de la Justice d’être l’instigateur de son arrestation illégitime. 

Lundi 29 juillet, à 7 heures du matin, Adama Gaye publiait trois messages lapidaires pour annoncer qu’il était en voie d’être arrêté par la Division des affaires criminelles (DIC).

Depuis plusieurs semaines, l’ancien journaliste – il a notamment collaboré à Jeune Afrique dans les années 1990 – publiait sur les réseaux sociaux, de manière presque quotidienne, des messages, parfois très longs, pour critiquer le président Macky Sall.

Dans le viseur d’Adama Gaye, les soupçons de corruption qui pèsent sur le frère du chef de l’État, Aliou Sall, soupçonné d’avoir touché des pots-de-vin dans l’attribution de contrats d’exploration d’hydrocarbures.

N’hésitant pas à accuser le chef de l’État de voleur, Adama Gaye publiait régulièrement des messages virulents sur la gestion de la manne pétrolière du Sénégal par l’État, en insistant sur sa propre connaissance du sujet et se prévalant d’un « master en gestion internationale de pétrole et gaz » et d’un « certificat en pétrole » d’un institut international de droit américain.

Mais ses messages « fleuris » s’écartaient parfois de l’actualité politique pour verser dans des considérations plus intimes, touchant à la vie privée du président sénégalais. Le délit de « diffusion d’écrits contraires aux bonnes mœurs » n’a toutefois pas été retenu par le juge d’instruction devant lequel il a été déféré le 31 juillet.


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