Sénégal – Condamné à la perpétuité, comment l’imam Boubacar Dianko a été « trahit » par son neveu

Parfois, avec le sourire, l’Imam Boubacar Dianko a essayé de démontrer qu’il n’a rien d’un jihadiste et que ses liens avec Hamada Ould Mohamed Heirou ne faisaient pas de lui un homme dangereux.

Hamada Ould Mohamed Heirou est un mauritanien porté en 2011 à la tête du Mouvement pour l’Unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest. Ladite organisation a régné de 2012 en 2013 avec Ansar Dine et Aqmi sur trois villes du nord malien avant d’être mis en déroute par l’armée malienne.

“Je n’ai été en connaissance de ses activités jihadistes qu’une fois au Mali”, s’est expliqué l’accusé. Qui dit ignorer qu’en partant du Sénégal, il devait se retrouver dans le nord du Mali. Mais problème, son neveu avec qui il a fait le voyage ne tient pas le même langage.

Appelé à titre de renseignement, Ahmadou Bamba Dianko a soutenu avoir su, dès le début que lui et son oncle devaient aller en Mauritanie puis au Mali. Et ce n’est pas la seule fois où l’élève contredit son maitre. Au sujet de son prétendu désaccord avec l’émir du Mujao, la version de Dianko est aussi fragilisée par son neveu. “Je les ai vus discuter mais je n’avais pas l’impression qu’ils étaient en désaccord”, relate Ahmadou Bamba. Qui prend le contre-pied de son oncle sur la vidéo que les enquêteurs ont retrouvé sur le téléphone de ce dernier.

Dianko a soutenu devant la barre que c’est lui qui a fustigé les images de camps jihadistes or, à en croire le neveu, les faits sont tout autre. “C’est moi-même qui lui ai dit que ces images n’étaient pas bien du tout”, a-t-il mis en difficulté son oncle et parrain. 

Acculé pour actes de terrorisme par association de terrorisme et atteinte à la sûreté de l’Etat en relation avec une entreprise terroriste, l’accusé risque les travaux forcés à perpétuité.

Le substitut du procureur qui estime que Dianko est coupable des faits qui lui sont reprochés, a fait une réquisition dans ce sens. L’Imam a nié les accusations portées à son encontre. Et ses avocats ont plaidé la relaxe car ils sont convaincus que leur client n’a posé aucun acte matériel prouvant qu’il s’est ligué avec des terroristes pour mettre la sécurité du Sénégal en péril. Le verdict sera connu le 10 avril prochain.

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