Sénégal : Journée de l’élevage, le président Macky Sall relègue le Pulaar en troisième place et fâche ses électeurs

On s’attendait au pire pour le traitement de la langue Pulaar à Kael Samba N’dougou (woura Penda Madame Youmbel) et il n’y pas eu d’amélioration. Inutile de rappeler à l’assistance que les Peuls ou Fulbés sont majoritaires et que leur langue a toujours été piétinée par l’administration sénégalaise et les différents gouvernements. La situation est pire actuellement pour cette belle langue sous régionale. Elle est partout à l’étroit. Des membres très influents de cette communauté sont devenus de nos jours, des apatrides, des complexés et des transhumants linguistiques et ils sont malheureusement en train de tuer la leur.

C’était une journée d’élevage et l’écrasante majorité de ces derniers sont des peuls.  En principe, tous les orateurs devraient d’abord s’adresser, aux nombreuses personnes venues de partout, en Pulaar, ensuite dans une autre langue. Il est sorti d’une vidéo, que le président Macky Sall a commencé son discours en wolof. Par la suite, il s’est exprimé en Pulaar moins que le wolof pour enfin finir son discours largement en français. Ainsi, il a relégué le Pulaar qui est en même temps sa langue maternelle, en troisième place. On attendait également des solutions concrètes aux nombreux problèmes que vivent ce secteur du monde rural. Ce sera peut-être la prochaine fois. L’ancien président Abdoulaye Wade s’exprimait en wolof partout et nulle, sans aucun complexe.

Un certain Ismaël Sow aurait été le pire parmi tous les gens à qui on a donné le petit micro pour parler aux éleveurs. Ce dernier bien qu’il soit un peulh d’origine de la région de Thiès a réservé l’écrasante majorité de son temps d’antenne à la langue des wolofs. Il a semé la zizanie et créé l’amertume partout à travers le monde. Il est devenu fortement décrié et contesté par la communauté des fulbés du Sénégal et d’ailleurs. De plus, le wolof que ce dernier vociférait serait inaudible et incompréhensible. Malheureusement, il fait partie de ces cadres peuls qui auraient tourné le dos à leur communauté qui l’aurait tout donné. Le maire de Kael, monsieur El hadj Ba n’a pas non plus honoré sa langue maternelle. Nous déplorons son attitude perçue comme un abaissement, une honte pour notre communauté. Se croyait-il à Paris en exprimant en français ?

Le ministre de l’élevage, monsieur Samba N’diobéne Ka a brillé par sa maitrise de la langue Pulaar et sa connaissance du département de l’élevage dont il est en charge. Bien des personnes de partout lui ont exprimé leur satisfaction pour l’organisation et l’innovation pendant cette journée d’élevage. Il lui est demandé de redoubler d’efforts car les défis sont nombreux.

Les énormes problèmes que vivent les éleveurs auraient peu d’échos selon plusieurs témoignages.

L’accès à l ’eau tout cours aussi bien pour les êtres humains que les animaux reste un problème majeur dans l’ensemble du pays. Beaucoup de nos compatriotes déplorent le coût élevé et la non abondance du liquide précieux sans lequel on ne peut rien faire.

La transhumance que vivent ces pasteurs à la recherche de pâturage est un véritable calvaire pour ces derniers. Leurs déplacements dans plusieurs endroits leurs causent beaucoup de maux.

De plus, leurs enfants ne peuvent pas aller à l’école pendant ce temps. La santé animale ainsi que l’aliment de bétail constituent des problèmes majeurs de ce secteur très important de l’économie sénégalaise. L’importation du lait étranger est également un handicap majeur pour le développement de la filière laitière sénégalaise. Des voix venues d’Europe pensent que ce lait serait nocif pour la santé publique. En général, les pays n’importent pas du lait, ils préfèrent développer leur propre filière afin de créer des emplois et de la richesse.

Que dire sur la performance de la langue Pulaar pendant cette journée d’élevage

Certains discours entendus ont été vécus comme un choc par pas mal de personnes. La diaspora a été anéantie et choquée au plus profond d’elle-même. Ils sont venus dialoguer avec les éleveurs, donc la langue Pulaar devrait mise en avant et utilisée à plus de 90 % du temps de toute la programmation. Beaucoup pensent qu’il y a encore du chemin à faire. Mais nous restons et resterons mobilisés pour la défense et la promotion de notre langue partout où le besoin se fera sentir. En attendant, nos chers éleveurs vont patienter dans les labyrinthes des difficultés qui sont parmi les plus durs de la vie sénégalaise.

 

Gondiel Ka
Chroniqueur, Montréal, Canada.
Et ses collaborateurs de : 
Dental Fulbé Canada, Kisal Deeyirde Pulaagu, 
Tabital Pulaguu Allemagne et Kibaaruji Pulagu International

1 COMMENTAIRE

  1. https://www.lequotidien.sn/le-president-macky-sall-elu-par-la-majorite-des-senegalais-y-compris-ses-parents-foutanke-et-sine-sine/

    Durant la dernière élection présidentielle de 2019, beaucoup d’observateurs ont douté de la rationalité et de l’objectivité du vote au Sénégal et accusé la majeure partie des citoyens d’avoir effectué leur devoir électoral sur des bases régionales voire identitaires.
    Dans leur analyse sommaire, le candidat sortant le Président Macky Sall a eu à bénéficier d’un vote ethnique avec des scores soviétiques au niveau du Fouta (région de Matam de 93,24% et département de Podor 93,40%) et régional et au Sine (région de Fatick 80,75%).
    Dans la même lancée, Idrissa Seck a eu à bénéficier du vote ethnique wolof et surtout du bonus de son «changement» de confrérie avec le vote confrérique mouride.
    Enfin dans la même logique, Ousmane Sonko, le nouvel arrivé dans l’arène politique, a eu à bénéficier du vote ethnique diola et régional de la basse Casa­mance, avec un score de 57,25% dans la région de Ziguinchor.
    Toutes ces assertions ne sont pas totalement fausses, mais il faudra les relativiser et mettre ces votes sous le registre affectif. En France, le candidat Chirac a toujours obtenu des scores soviétiques dans son terroir de Corrèze, comme l’ancien Président Giscard D’Estaing était plébiscité en Auvergne.
    Le Président Macky Sall, en dehors de ses bassins électoraux affectifs du Fouta et du Sine, a eu à recueillir le plus de suffrages exprimés dans la capitale Dakar et quelques grandes villes où se trouvait l’adversité la plus rude, du fait de l’impossibilité pour tout gouvernant de satisfaire toute la demande sociale urbaine.
    Dans ces agglomérations urbaines comme Dakar, où les populations se sont détachées de leurs origine ethnique ou religieuse, ces Sénégalais ont voté en majorité pour le candidat Macky Sall, de façon rationnelle, pour leur espoir (yaakaar) dans sa capacité à répondre à leurs multiples attentes.
    Ces populations urbaines ont voté avec leur raison et leur cœur, de même que les populations vivant dans leurs terroirs wolofs du Cayor, du Baol, du Ndiambour, du Walo et du Saloum, où le candidat Macky Sall a obtenu plus de la moitié des suffrages. Ce qui dément les propos ethnocentriques de certains Wolofs comme Modou Bousso Dieng, qui parlait de se débarrasser du «Peul» Macky Sall.
    Dans tous ces terroirs wolofs, où dans les années 50 on a plébiscité le chrétien sérère Senghor au détriment de Lamine Coura Guèye, on ne vote que selon les attentes qu’on a du candidat. Ainsi, ces populations du Walo, du Saloum et du Djolof ont accordé plus de 60% de leurs suffrages à celui qu’elles croient être le meilleur des candidats, à savoir Macky Sall. Et des fois, après le Foutanké Macky Sall, les populations de l’extrême nord-ouest ont accordé leurs suffrages au «diola» Ousmane Sonko.
    Pour les ethnocentristes wolofs qui veulent voir le candidat Macky Sall comme un Président élu du Fouta et du Sine, nous vous livrons ces deux hypothèses :
    Première hypothèse – Si on soustrayait tous les suffrages obtenus par le candidat Macky Sall au Fouta (département de Podor 127 mille 639 voix, département de Matam 92 mille 650 voix, département de Kanel 65 mille 679 voix, département de Ranérou 14 mille 827 voix,), soit un total de 300 mille 795 voix, pour les donner à l’opposition, ça n’empêcherait au candidat Macky de gagner les élections avec un suffrage de 55,47%. Cela montre que le Président Macky Sall serait élu président de la République du Sénégal, même en ayant zéro voix au Fouta.
    Deuxième hypothèse – Si on enlevait toutes les voix du candidat Macky obtenues dans tout le Sine (la région de Fatick) pour les ajouter aux 4 départements précités du Fouta, pour les ajouter à ceux de l’opposition, le Président Macky serait élu au premier tour avec le score de 53,54% des suffrages exprimés.
    En conclusion, nous disons que le candidat Macky Sall a été élu par la majorité des Sénégalais, y compris par ses parents fountanké et sine sine et que des Sénégalais dans toute leur diversité ont lancé ce message aux irrédentistes du Mfdc, leur indiquant par leur vote que leur compatriote d’origine diola Ousmane Sonko, peut être élu président de la République.
    Avec ce scrutin, le vivre ensemble de notre pays ne se trouve renforcé, malgré les cris d’orfraie de certains oiseaux de mauvais augure.
    Amadou Bakhaw DIAW
    Responsable Politique Apr au Walo

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