Sénégal : La compagnie PetroNor E&P voit rouge

Le contentieux sur le bloc Senegal Offshore Sud Profond (Sosp) pourrait connaitre un rebondissement. Le bloc est l’un des trois inscrits dans le cycle d’octroi de nouvelles licences, alors que la compagnie African Petroleum, filiale de la norvégienne PetroNor, est en procédure d’arbitrage contre l’Etat du Sénégal.

Le voyage du ministre du Pétrole et des Energies pour la promotion du bassin sédimentaire sénégalais à Cape Town (Afrique du Sud) n’a pas fait que des heureux. African Petroleum compagnie de droit australien, nouvellement filiale de la norvégienne PetroNor E&P, est sur le qui-vive. La compagnie dit avoir pris connaissance de l’annonce que les autorités sénégalaises ont inclus le bloc Sénégal Offshore Sud Profond ‘‘Sosp’’ dans un cycle d’octroi de licences récemment lancé couvrant tous les blocs ouverts de la zone extracôtière du Sénégal. L’annonce a été faite par les autorités sénégalaises compétentes lors de la conférence de la semaine africaine du pétrole à Cape Town, ce mardi.

African Petroleum Senegal Limited, une filiale de PetroNor, poursuit actuellement une procédure d’arbitrage contre le gouvernement du Sénégal et continue de réserver ses droits à une participation directe de 90% dans Sosp. ‘‘En l’état, cette annonce n’a aucun impact sur le processus d’arbitrage et le conseil d’administration de PetroNor reste ferme dans sa position juridique et attend avec impatience que l’affaire soit résolue, soit par la voie indépendante de l’arbitrage, soit par le biais d’un accord de règlement satisfaisant dans l’intérêt de toutes les parties’’, fait savoir la compagnie dans un communiqué publié sur son site, signé par le Dg Jens Pace.

African Petroleum est une compagnie indépendante d’exploration de pétrole et de gaz avec des licences aux larges de l’Afrique de l’Ouest (Gambie, Sénégal et Sierra Leone). Ses actifs sont localisés dans des bassins d’hydrocarbures prouvés de la Marge Atlantique où plusieurs découvertes ont été faites. En janvier 2018, un avis formel de procédure arbitrale a été déposé contre les autorités sénégalaises, concernant le contrat de Senegal Offshore Sud Profond (“Sosp”) et Rufisque Offshore Profond (“Rop”) où la compagnie détient 90 %. Petrosen détient 10% de la zone contractuelle pendant la phase de recherche. La compagnie a enregistré une demande d’arbitrage visant à protéger ses intérêts dans les deux blocs, à la suite d’une tentative infructueuse de règlement d’un différend avec le gouvernement sénégalais. Ce qui n’a pas empêché la compagnie privée nationale sénégalaise, Petrosen, de lancer des appels d’offres pour des blocs situés au large du Sénégal dont Sosp.

PetroNor ouverte à un règlement à l’amiable

PetroNor a réaffirmé, mardi dernier, qu’elle était toujours en phase contentieux avec le gouvernement du Sénégal et qu’elle continuait à préserver les droits de sa participation directe dans Sosp. En juin 2018, African Petroleum avait également saisi le Centre international pour le règlement des différends relatifs à l’investissement (Cirdi). Jens Pace, le président-directeur général de la compagnie African Petroleum (Ap), s’était alors emporté. ‘‘African Petroleum a remarqué, dans de récents comptes rendus de médias, que la compagnie Total a achevé une importante acquisition sismique sur le bloc de Rufisque Offshore Profond (Rop) et envisage de forer un puits en 2019. La compagnie continue de se prévaloir de ses droits, selon le contrat de production et de partage (Cpp) sur ce bloc. Elle demeure ouverte à engager un dialogue constructif avec les autorités sénégalaises par les canaux officiels appropriés, en vue de trouver une solution satisfaisante dans l’intérêt des toutes les parties’’, avançait-il dans la missive adressée aux différents actionnaires.

Pour des raisons confidentielles et commerciales liées à la procédure d’arbitrage, la compagnie prévoyait uniquement de fournir certaines informations clés aux actionnaires. D’après les termes du contrat, les deux parties avaient trois mois pour arrondir les angles, mais n’y sont pas parvenus. Commentant les raisons de cette plainte, Jens Pace refuse de céder d’un pouce. “Notre position légale sur nos droits que nous confère notre licence au Sénégal reste inchangée. Nous initions cette procédure de résolution officielle pour étayer nos arguments contre le gouvernement, dans le but ultime de protéger nos intérêts. Nous croyons aux potentialités de nos licences et sommes déterminés à trouver un moyen d’avancer avec les parties prenantes afin de protéger les intérêts de nos actionnaires’’, a-t-il déclaré. Jens Pace affirmait en juin 2018 que sa compagnie saura livrer bataille sur plusieurs fronts. ‘‘Ap est liquide pour couvrir les coûts légaux au Sénégal et en Gambie, tout en finançant aussi les programmes conjoints des hydrocarbures européens et de sa succursale au Sierra Leone’’.

La compagnie a également un différend similaire l’opposant au gouvernement gambien sur les blocs A1 et A4 pour lesquels Banjul a mis un terme aux négociations en 2017. African Petroleum y réclame toujours ses droits.

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