Si Macky a pu, pourquoi pas Kouthia !

Certains se sont pincé, d’autres ont écarquillé les yeux, tous ont fini par comprendre que Kouthia ne blague pas. Comme presque tout le monde, il pense pouvoir remplacer Macky qui, avec, ses wathiathia, a rabaissé la fonction présidentielle au point d’inciter bouffons et clowns à vouloir l’exercer. Les institutions de la République désacralisées, pourquoi n’importe quel quidam ne prétendrait pas à les incarner ?

Des 89 candidats déclarés à la prochaine présidentielle, seul Samba Sine, alias Kouthia, a eu besoin de revenir réitérer sa déclaration pour être vraiment pris au sérieux. Lui qui est quotidiennement sur le petit écran a convoqué la presse pour résoudre l’opinion à croire à sa volonté de briguer le suffrage des Sénégalais  le 24 février prochain. «Macky Sall n’a qu’à bien garder les clés du Palais présidentiel parce qu’il va me les donner le 24 février inchallah», a déclaré Kouthia, qui, comme tout le monde, a aussi créé son mouvement dénommé Far ak Sénégalais yi (MFAS).

Il est vrai que l’animateur a tendance à blaguer même s’il pleure. Certains se rappellent des chaudes larmes qu’il avait versées sur le plateau de Walf Tv, annonçant mordicus la fin de son compagnonnage avec le Groupe futurs médias (GFM). La suite est connue. Kouthia avait fourvoyé son monde et avait continué de plus belle à se remuer et à se déhancher sur le plateau de la TFM. Pourtant, à bien observer la scène politique sénégalaise, la candidature d’un personnage comme Kouthia ne serait que l’aboutissement d’un processus, la manifestation de la  décrépitude d’une classe jusque-là appréhendée comme la chasse gardée d’une élite.

Léopold Sedar Senghor et son élève Abdou Diouf ont grandement retardé le Sénégal, empêchant systématiquement son décollage économique et observant impuissamment leurs concitoyens patauger dans la misère. Si Abdoulaye Wadea pu se glorifier des infrastructures qu’il a fait sortir de terre, c’est parce que le premier a passé son magistère à bercer les Sénégalais de poésie et le second à ajuster structurellement l’économie sénégalaise selon la volonté des Bailleurs de fonds. Les échangeurs et autres autoroutes, presque toutes les grandes capitales d’Afrique les avaient avant 2000. A cette date, il n’y avait presque au Sénégal, en termes d’infrastructures, que ce que le colon y avait laissé. Seulement, en dépit de tout ce qui peut leur être reproché, les deux premiers chefs de l’État du Sénégal ont toujours veillé à placer de véritables hommes d’Etat à la tête des Institutions et des ministères.  C’est avec Me Abdoulaye Wade que les Sénégalais ont commencé à se poser la question : « Mais qu’est-ce qu’il fait là ? ».

Quand, le 21 avril 2004, en plein remaniement ministériel, Farba Senghor a été aperçu entrant à la Primature où l’attendait Macky Sall qui venait d’être nommé Premier ministre, cette question a commencé à être fréquente au Sénégal. Focalisant ses choix sur les hommes politiques prêts à tout pour lui servir, Abdoulaye Wade a cassé les lignes et presque enterré les technocrates et autres énarques qui sont relégués aux tâches administratives, à l’obéissance professionnelle. Avec Me Wade, des vendeurs de paille et des chasseurs de serpents se sont retrouvés autour de la table du conseil des ministres. Depuis, le manque à gagner intellectuel du Sénégal ne cesse de croître.

En effet, avec Macky Sall, les cancres et les vieux insolents ont pris le pouvoir. Souleymane jules Diop, Moustapha Cissé Lo, Moustapha Niasse, Moustapha Diakhate et Abdoulaye Wade ont inspiré les Assane Diouf et autres «  insulteurs du web ». Et les insanités balancées par ces derniers sont bien moins graves que celles émanant de la bouche d’hommes incarnant des Institutions. Face à la presse, Me Wade demandait à ses concitoyens de se méfier de Macky Sall qu’il présentait comme un descendant d’esclaves anthropophages. Moustapha Cissé Lo, qui a écrit ses plus belles lettres de noblesse en dégainant une arme en pleine réunion des conseillers régionaux de Diourbel, a compris que l’indiscipline peut être payante au Sénégal. Plus il en fait, plus il gravit les échelons. Ses dernières insultes, visant Ousmane Sonko, n’ont  guère dérangé la bien-pensante sénégalaise qui n’accepte pas qu’un apprenti chauffeur fasse ses besoins sur la chaussée mais bien moins scandalisée  quand le 1er vice-président de l’Assemblée nationale, le président du Parlement de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) se met à insulter comme certains pêcheurs lébou rentrant bredouilles.

Pour continuer à trôner à la tête de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse a décrété la poursuite du compagnonnage de l’AFP avec Macky Sall. Et aux mécontents de son parti, il a des insultes à foison. «… J’ai signé un accord avec Macky Sall. Et je le dis ici, aucun ambitieux, aucun imbécile, aucun salopard, ne peut détruire ce qui me lie à Macky Sall…», avait-il notamment balancé. Que dire de Souleymane jules Diop ? Après avoir dézingué l’essentiel des acteurs politiques, sans même ménager les guides religieux, il est revenu au Sénégal avec les honneurs. N’est-ce pas lui  qui disait que Macky ne peut même pas être planton ?

Si Macky Sall dont l’un des collaborateurs disait qu’il n’est pas en mesure de gérer une boutique parvient au pouvoir pourquoi pas Kouthia. Au moins, avec ce dernier, les Sénégalais retrouveraient le rire à défaut d’avoir quoi manger. Et s’il ne parvient à se faire élire, ce ne serait pas parce qu’il a été jugé inapte à faire comme le leader de l’APR. Avec ses « wathiathia » de mauvais gout, Kouthia lui dame facilement le pion.

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