Sokhna Aïda Diallo : La vie mouvementée d’une fille issue de famille modeste !

L’affaire Aïda Diallo, du nom de la veuve du défunt guide des thiantacounes, Cheikh Béthio Thioune, continue de défrayer la chronique au Sénégal où la polémique est restée entière. Accusée d’avoir offensé le khalife général des mourides, Serigne Mountakha Mbacké, Sokhna Aïda Diallo a présenté ses excuses au guide religieux qui les a acceptées. Mais qui est cette épouse de feu Bethio Thioune, guide des Thiantacounes ?

Sokhna Yarame Diallo, de son vrai nom, est née le 21 décembre 1979 à Dagana. Elle est issue d’une fratrie de quatre enfants. Son père, polygame, s’appelle Idy Yaram Diallo et est décédé en 1989. Sa mère, Ndèye Fatou, vit toujours à Médinatoul Salam.

Confiée à l’âge de 3 ans à sa tante maternelle qui vit à Dakar, elle a étudié à l’école Mame Thierno Birahim Mbacké de Fass. Après les classes, la petite Aïda se rendait à la gare routière où elle vendait des beignets et de la crème glace pour sa tante.

Elle a fait allégeance à Cheikh Béthio Thioune en 1993, alors qu’elle n’avait que 14 ans. Talibée simple, elle nettoyait la demeure du Cheikh tous les dimanches. Mais, elle n’a jamais été la «bonne» de son défunt époux.

Troisième ou Cinquième épouse de Bethio Thioune

Sans nul doute la moins instruite des femmes du Cheikh, elle est cependant celle qui a le mieux assimilé les enseignements; de Cheikh Béthio Thioune. Cela fait près de 10 hivernages qu’elle est aux côtés du Cheikh contemporain, « ce qui n’était pas évident », reconnaît-elle. Par ailleurs, elle maîtrise parfaitement les recommandations de Borom Touba. Concernant les chants religieux pour magnifier les « bienfaits de Serigne Saliou Mbacké », elle s’y connaît !

Accusés de vouloir perpétrer l’oeuvre de Cheikh Béthio Thioune 

Le 7 mai, Serigne Bethio Thioune, guide spirituel de Thiantacounes est décédé en France, à 81 ans des suites d’une maladie. Avant sa mort, sa troisième épouse, Sokhna Aïda Diallo avait déjà une grande influence chez les Thiantacounes. Elle avait été nommée « Dieuwrigne Universelle » – c’est-à-dire – guide spirituelle. « Je suis toi, tu es moi, nous ne formons qu’un », lui avait dit, lors d’une cérémonie publique, Serigne Bethio Thioune qui ne cessait d’exprimer en public son attachement pour cette très belle femme de 38 ans dont le goût pour les habits et accessoires de luxe est largement commenté par la presse sénégalaise.

À la mort de Serigne Bethio, deux camps rivaux se sont formés l’un adoubant la troisième femme du guide spirituel, et l’autre, son fils aîné, Serigne Saliou Thioune.

Le conflit a été tranché par le chef suprême des mourides, Serigne Mountakha Mbacké en faveur de Serigne Saliou Thioune.

Malgré cette décision, Sokhna Aïda Diallo qui réside désormais à Ngabou, une localité du centre-ouest du Sénégal continue de se considérer calife des Thiantacounes, encouragée en cela par de nombreux disciples de son mari qui lui font allégeance et lui offrent de multiples dons. « De son vivant, mon époux m’avait confié son califat, assure-t-elle, soutenue en cela par certaines des épouses et des enfants du défunt. D’ici l’année prochaine, tout le monde sera convaincu que le Cheikh (Serigne Bethio) m’a choisie. »

La polémique

Jeudi 18 octobre pendant le Magal de Touba, la plus grande rencontre de la confrérie mouride – qui marque le départ en exil de Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur de la confrérie au Gabon, en 1 895 – Sokhna Aïda s’est fait remarquer. D’abord en convoyant à Touba, la ville sainte des mourides, des centaines de bœufs pour recevoir les pèlerins. Ensuite en organisant de somptueuses fêtes mondaines en marge du Magal – Chez elle à Ngabou – où elle recevait les allégeances de ses disciples défiant, de fait le guide spirituel officiel choisi par Serigne Mountakha Mbacké, chefs des mourides. Mais le Rubicon a été franchi quand « la calife » a célébré des baptêmes et mariages de ses disciples comme le faisait son époux. Les vidéos devenues virales ont provoqué un véritable tollé sur les réseaux sociaux au Sénégal.

Le rappel à l’ordre du chef de mourides

Le chef suprême des mourides, mécontent de la conduite de la frondeuse l’a convoquée, dimanche 20 octobre, en présence de dignitaires mourides pour une mise au point.

Après lui avoir formellement interdit d’usurper le titre de guide spirituelle, il l’a menacée d’exclusion de la confrérie. « Si tu ne respectes pas mes directives, tu seras exclue de la tarikha (confrérie) mouride. Il y a des règles et tu vas les respecter comme tous les talibés (disciples). » « Et en tant que musulmane, a-t-il poursuivi, il te faut absolument respecter la charia, te conformer à ses recommandations et ne jamais verser dans ses interdits. Par conséquent, tu devras désormais te conformer aux prescriptions de l’islam parce qu’il s’agit d’abord de l’islam. Désormais, tu tâcheras de suivre la loi islamique et savoir que tout ce qu’elle interdit à la femme t’est aussi interdit. C’est cela que veut la religion musulmane et c’est aussi la quintessence des enseignements de Serigne Touba (le fondateur du mouridisme Cheikh Ahmadou Bamba).

A suivre …


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